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Bulletin Quotidien Europe N° 9607
JOURNEE POLITIQUE / (eu) ue/royaume-uni

Gordon Brown estime que son pays est toujours « au centre » de l'Europe, malgré ses « opt-out » - Les priorités européennes de Londres

Bruxelles, 21/02/2008 (Agence Europe) - « L'Union européenne est essentielle pour le succès du Royaume-Uni et le Royaume-Uni est essentiel pour le succès de l'Union européenne », a affirmé le Premier ministre britannique Gordon Brown, jeudi 21 février à l'issue de sa première visite, en tant que chef de gouvernement, à la Commission européenne à Bruxelles. Le Royaume-Uni se trouve au « centre » de la coopération européenne et y restera « pleinement engagé », a déclaré M. Brown lors d'une conférence de presse conjointe avec le président de la Commission européenne, José Manuel Barroso.

Dans ces temps d'incertitude économique générale, « personne ne devrait mettre en cause la stabilité de nos relations avec l'Europe ou même notre adhésion à l'Union européenne », a estimé M. Brown qui citait là un passage clé de son premier discours européen prononcé le 14 janvier à Londres (EUROPE n° 9579). Le Premier ministre ne pense pas que son pays ait perdu de l'influence en Europe en raison de ses multiples « opt-out » qui le mettent à l'écart de politiques communautaires aussi importantes que la monnaie unique (euro), la gestion des frontières extérieures (Schengen) ou la coopération policière et judiciaire. « Non, nous sommes en plein cœur de l'Europe: en matière de réformes économiques, en matière de lutte contre le changement climatique, en matière de lutte contre le terrorisme et la criminalité organisée (…) Sur tous ces sujets importants concernant l'Europe et son rôle dans le monde, nous sommes au centre de l'action en faveur d'une Europe ouverte, flexible et dynamique » dans un monde globalisé, a répondu M. Brown.

M. Brown a défendu une fois de plus sa décision de ne pas organiser un référendum sur le Traité de Lisbonne et a rappelé que son soutien pour Tony Blair en tant que futur président permanent du Conseil européen était « bien connu ». Interrogé sur une éventuelle candidature de M. Barroso pour un second mandat à la tête de la Commission, M. Brown s'est limité à constater que le Portugais, son « ami personnel », fait « un boulot formidable ».

Le chef du gouvernement britannique, qui s'est aussi entretenu jeudi avec plusieurs commissaires européens, a salué le fait que le Traité de Lisbonne ait mis un terme, « pour au moins une décennie », aux réformes institutionnelles de l'UE. Cela doit permettre à l'UE de concentrer ses efforts sur les réformes économiques et les politiques « clés » qui répondent aux attentes des citoyens et qui permettront à l'Union de jouer son rôle dans la mondialisation, a-t-il expliqué.

Pour Gordon Brown, l'UE doit se fixer quatre « objectifs majeurs »:

1) Accélérer les réformes économiques « afin de permettre aux entreprises et citoyens européens d'être plus compétitifs ». Londres soutient « entièrement » les propositions de la Commission visant à créer des marchés énergétiques « efficaces et compétitifs » et d'ouvrir davantage les marchés des télécommunications. Le Royaume-Uni est aussi favorable à l'accomplissement du marché intérieur et attend avec impatience les propositions que la Commission doit présenter en juin prochain sur le « Small Business Act » pour l'Europe.

2) La lutte contre le changement climatique et le développement durable. L'Europe doit être la « force motrice » dans ce domaine, demande M. Brown qui estime que l'UE pourrait être « encore plus ambitieuse » à l'avenir en ce qui concerne le développement des technologies propres et l'amélioration et l'extension du système d'échange des quotas émissions. Le Royaume-Uni est aussi favorable à la mise en place d'une « banque indépendante » pour l'échange des quotas d'émission, la création de « dix à douze » centres d'essai pour la capture et le stockage du gaz carbonique et la mise en place d'un fonds multilatéral de la Banque mondiale destiné à financer des investissements dans ce domaine.

3) La lutte contre la pauvreté dans le monde. M. Brown estime que lors du Conseil européen de juin, l'UE devrait définir ses projets dans ce domaine et adopter un plan d'action qui doit permettre à l'UE et à ses Etats membres d'atteindre les objectifs du Millénaire pour le développement.

4) La réforme du budget. Sans être plus précis, M. Brown demande que l'UE revoie en profondeur son budget afin de cibler les dépenses davantage sur les « défis de l'avenir ».

José Manuel Barroso a tenu à remercier M. Brown devant la presse pour son soutien personnel dans plusieurs dossiers qui sont chers à la Commission désireuse de promouvoir une « Europe des résultats », tels que la politique énergétique et environnementale ou la révision du marché intérieur. (H.B.)

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