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Bulletin Quotidien Europe N° 9589
JOURNEE POLITIQUE / (eu) ue/kenya

L'UE menace de réduire son aide financière au Kenya si une solution politique viable et consensuelle à la crise post-électorale n'est pas trouvée

Bruxelles, 28/01/2008 (Agence Europe) - A l'heure où les tensions post-électorales s'apaisent à Nairobi pour reprendre de plus belle à l'ouest du Kenya, les ministres des Affaires étrangères de l'UE, réunis le 28 janvier à Bruxelles, ont réitéré leur « extrême préoccupation face à la poursuite de l'incertitude, de l'instabilité et de la crise grave » engendrée par l'élection présidentielle du 27 décembre et ses résultats douteux. Leur appel renouvelé à la recherche d'une « solution politique viable et consensuelle à la crise » élaborée par toutes les parties s'accompagne, cette fois, d'une menace de réexamen de la coopération entre l'UE et le Kenya si la crise et ses tueries politico-ethniques devaient perdurer.

Les conclusions adoptées par le Conseil déplorent les pertes en vies humaines et les graves conséquences humanitaires de la crise, et condamnent les violences en cours. L'ensemble des dirigeants politiques du pays ainsi que les policiers et les militaires sont invités à faire preuve de la plus grande retenue, à rejeter publiquement et sans ambiguïté toute forme de violence et à recourir immédiatement au dialogue pour trouver une solution politique fondée sur les principes démocratiques, et dans l'intérêt du peuple kényan. Les autorités kényanes sont en outre invitées à rétablir le droit des médias à travailler librement, ainsi que le droit de réunion , et à éviter de faire un usage excessif de la force contre les participants à des manifestations pacifiques.

Rappelant que les constatations des observateurs de l'UE et les rapports d'autres observateurs indépendants du processus électoral « font planer de sérieux doutes sur les résultats officiels de l'élection présidentielle », le Conseil demande que toutes les allégations relatives à des irrégularités lors du scrutin fassent de toute urgence l'objet d'une enquête approfondie.

Saluant les efforts de médiation déployés par le président de l'Union africaine, George Kuofor, le Conseil se dit encouragé par la rencontre qui a eu lieu le 24 janvier entre le président Mwai Kibai et le chef de l'opposition Raila Odigan en présence de Kofi Annan. Mais il presse les dirigeants politiques kényans d'aller de l'avant pour tenir l'engagement qu'ils ont pris de dialoguer et de collaborer à une paix juste et durable. « L'UE se tient prête à fournir toute l'aide qu'il lui est possible d'apporter dans le cadre de ce processus », précisent les conclusions.

« Tant qu'une solution légitime n'a pas été définie, l'UE et ses Etats membres ne peuvent poursuivre leurs relations avec le Kenya comme si de rien n'était. Si le Kenya ne parvenait pas à dégager une solution politique viable et consensuelle, cela aurait des conséquences sur l'engagement des bailleurs de fonds destinés au Kenya et sur les relations entre ce pays et l'UE » (…). Une telle solution devrait tenir compte de la volonté démocratique clairement exprimée par la population kényane et permettre aux hommes politiques kényans de surmonter leurs divisions », avertit le Conseil. Et de prévenir que l'UE décidera de l'attitude à adopter en fonction du soutien qu'apporteront les dirigeants politiques kenyans à l'initiative de médiation menée par diverses personnalités éminentes, et des progrès accomplis vers cette solution politique durable.

Le Conseil réaffirme qu'il demeure résolu à répondre aux besoins humanitaires des Kényans victimes des violences et qu'il continuera à suivre de près l'évolution de la situation. (A.N.)

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