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Bulletin Quotidien Europe N° 9589
Sommaire Publication complète Par article 44 / 45
SUPPLEMENT HEBDOMADAIRE / Bibliothèque européenne

N° 763

*** GEORGE CHABERT: L'idée européenne. Entre guerres et culture: de la confrontation à l'Union. Presses Interuniversitaires Européennes - Peter Lang (1 av. Maurice, B-1050 Bruxelles. Courriel: info@peterlang.com - Internet: http://www.peterlang.com ). 2007, 310 p., 39,90 €. ISBN 978-90-5201-076-2.

Dans la lignée du magistral « 28 siècles d'Europe » de Denis de Rougemont mais en moins imposant, ce livre revisite et met en perspective sept siècles de réflexions sur le destin de l'Europe qui démontrent, dans l'esprit de l'auteur, que l'Union telle que nous la connaissons aujourd'hui est le fruit d'une pulsion vers l'unité inscrite dans les gènes mêmes de notre péninsule eurasiatique. Sans doute est-il vrai que les forces centripètes y prévalurent (très) longtemps sur les forces centrifuges et que, « pour chaque philosophe, poète, croyant ou homme politique défendant l'idée européenne, des légions entières d'apologistes sincères du bien-fondé de la primauté de l'Etat national peuvent être comptées », ce qui reste patent de nos jours encore en dépit des avancées majeures ayant été enregistrées depuis la déclaration Schuman. Il n'en est pas moins vrai, observe George Chabert, que « la volonté politique et intellectuelle d'unification du continent est une constante dans l'histoire européenne ». Les pages pétries d'érudition de cet ouvrage sont agencées de manière à ne laisser planer aucun doute à ce propos.

En exergue à son avant-propos, le philosophe George Chabert cite ce propos de Jacques Delors: « Pour que l'Europe se retrouve en elle-même telle qu'elle nous entraîne pour construire son avenir, il faut au préalable retrouver sa mémoire ». En dix chapitres chronologiques et thématiques, ce professeur d'histoire de la civilisation française à l'Université de Trondheim, en Norvège, guide le lecteur dans cette quête mémorielle au long cours en faisant pleinement sien ce cri du cœur du penseur européen Denis de Rougemont, issu d'un autre pays européen - la Suisse - resté à la marge du projet d'union: « Je voudrais vous parler de l'Europe non pas comme d'une cause à défendre ou d'une patrie plus vaste à glorifier, mais comme d'une aventure décisive pour l'humanité tout entière ». A relire dans leurs contextes les projets d'union qui ont jalonné les siècles, ceux de Georges Podiébrad ou de Sully, de William Penn ou de Saint-Simon, de Victor Hugo ou de Konrad Adenauer, George Chabert invite à prendre conscience d'un mouvement vers l'unité qui serait carrément consubstantiel à ce continent, quelles que soient les vicissitudes qui n'ont cessé, au regard de l'histoire, de le diviser et, bien trop souvent, de le déchirer en l'ensanglantant. L'auteur invite à prendre la mesure d'une incessante mais inexorable marche vers l'unité dans la diversité chérie en ce que « l'histoire de l'Europe pourrait être décrite comme l'histoire d'une émancipation de l'homme ». La Constitution européenne aurait pu constituer, sous cet angle, non pas un aboutissement, mais une étape décisive vers l'affirmation collective de valeurs partagées, vers l'édification d'une « communauté morale qui seule peut parfaire la communauté politique ». Symboliquement, le traité réformateur de Lisbonne n'a pas cette valeur, mais il en a les mêmes ingrédients qui ne sont en rien altérés - surtout depuis que seize Etats membres ont, dans un protocole, marqué leur attachement aux symboles de l'aventure commune et d'une identité partagée, fut-elle balbutiante, autour de valeurs ayant pour noms, entre autres, liberté, égalité, laïcité, démocratie, solidarité sociale… Du coup, seul l'avenir dira si l'auteur se trompait en affirmant, in fine, que, "ensemble, les Européens peuvent contribuer à la construction d'un monde meilleur" et confirmera, ou infirmera, la pertinence - et, même, la parfaite actualité… - de cet autre jugement porté par un penseur plus proche de nous, le sociologue français Edgar Morin, lorsqu'il écrivait: « Tous les pays européens se sont d'une certaine manière transformés et ceux de l'Ouest ont pu élaborer ensemble une sorte de système nerveux sympathique pour réguler leurs premiers échanges organiques. Mais le système cérébral n'a pu encore se constituer. La métamorphose est inachevée, nous ne sommes ni chenille ni libellule, nous sommes encore dans la chrysalide. L'effort décisif reste à faire. Nous ne sommes pas à l'ère des achèvements mais à celle des commencements démocratiques ».

Michel Theys

*** MARKUS SÖBBEKE-KRAJEWSKI: Der religionsrechtliche Acquis Communautaire der Europäischen Union. Ansätze eines systematischen Religionsrechts der EU unter EU-Vertrag, EG-Vertrag und EU-Verfassungsvertrag. Duncker & Humblot (Postfach 410329, D-12113 Berlin. Tél./fax: (49-30) 79000631 - Internet: http://www.duncker-humblot.de ). Collection "Münsterische Beiträge zur Rechtswissenschaft", n° 168. 2006, 398 p.. ISBN 3-428-12120-1.

Cette étude très approfondie tente de montrer en quoi la législation européenne telle qu'elle s'est développée au cours des années peut ou non concerner la position des institutions religieuses dans les pays de l'Union européenne. Tout en reconnaissant que l'Union ne dispose pas de pouvoir législatif pour intervenir dans le statut des organisations religieuses et philosophiques - l'article I-51 du Traité constitutionnel mentionnait cependant qu'elle devait respecter les statuts existants des églises et des communautés religieuses en vertu du droit national et, d'autre part, développer un dialogue avec elles -, l'auteur analyse cependant avec beaucoup de précision les domaines dans lesquels l'Acquis communautaire peut avoir, en fait, une influence sur la vie de ces institutions. Il part de l'observation que la nature de l'Union s'est transformée, au cours des années, d'une simple Communauté économique vers une Union de valeurs. Ainsi, l'article 10 de la Charte des droits fondamentaux affirme le droit à la liberté de religion pour toutes les personnes, un droit qui n'est nulle part remis en question. Mais c'est le niveau des institutions religieuses qui retient surtout son attention, à savoir les organisations sociales formelles dotées de la personnalité juridique qui peuvent développer certaines activités économiques sur lesquelles la réglementation du marché peut intervenir. Markus Söbbeke-Krajewski distingue trois domaines d'activités. Dans le premier domaine qui concerne l'organisation interne des églises et communautés religieuses, la liberté de leur fonctionnement doit être respectée, mais c'est dans les domaines d'action extérieure que des problèmes se posent. D'une part, il y a les activités charitables qui peuvent avoir des implications économiques et qui doivent faire l'objet d'un compromis ; d'autre part, il y a les activités purement commerciales (gestion de propriétés, investissements, etc.) qui sont entièrement soumises aux législations en vigueur. De nombreux cas sont analysés dans cette perspective, révélant une grande diversité de situations particulières et permettant de se faire une image un peu plus claire sur la position juridique des institutions religieuses et de leur fonctionnement. La thèse qui est à l'origine de ce volume a été présentée en 2005 et le texte de référence, le Traité constitutionnel, ayant été remplacé depuis lors par le Traité de Lisbonne, il y serait peut-être intéressant de faire quelques mises à jour, mais le fond de l'analyse demeure valable et solide.

(GFr)

*** HADJILA KRIFA-SCHNEIDER (sous la dir. de): L'élargissement de l'Union européenne. Quels enjeux et défis majeurs ? L'Harmattan (5-7 rue de l'Ecole-Polytechnique, F-75005 Paris. Tél.: (33-1) 40467920 - fax: 43258203 - Courriel: diffusion.harmattan@wanadoo.fr - Internet: http://www.editions-harmattan.fr ). Collection "L'esprit économique". 2007, 489 p., 39 €. ISBN 978-2-296-03006-0.

Avec son dernier élargissement, l'Union s'est ouverte à des pays plus pauvres que la moyenne communautaire. Lui donnera-t-il le coup de fouet nécessaire pour qu'elle devienne une réelle puissance économique à l'échelle mondiale ou, tout au contraire, se révélera-t-il être un piège qui, du fait d'une amplification des divergences, débouchera sur une Europe à deux vitesses économiques ? Telle est la question étudiée dans cet ouvrage qui prolonge un colloque d'économistes organisé, à la fin 2004, dans le cadre des Universités de Lille. Consacrée à la question du rattrapage, la première partie s'ouvre sur une contribution de Hadjila Krifa-Schneider qui constate que c'est pour cet élargissement, le plus risqué de tous, que l'Union s'est montrée la moins généreuse et solidaire, le choix retenu étant celui d'une intégration par le marché supposée créer une solidarité de fait, scénario dans lequel les mesures sociales sont considérées comme de simples mesures d'accompagnement. Anna Tykhonenko montre elle, sur la base d'une étude de la convergence réelle, que les conditions ne sont pas réunies pour assurer le "haut degré de convergence des performances économiques" promis depuis le traité de Maastricht. Pour sa part, Delphine Tatot s'intéresse à la problématique budgétaire et propose une méthode permettant de déterminer le niveau de contribution des Etats membres en fonction de leurs gains ou pertes de commerce et de leur niveau de développement relatif. La deuxième partie porte sur la politique monétaire de l'Europe élargie, des chercheurs proposant des contributions sur l'extension des mécanismes monétaires aux nouveaux pays membres et, d'autre part, au rôle des banques centrales. Intitulée "intégration commerciale et structures productives dans l'Europe élargie", la troisième partie comporte, elle, des contributions relatives au commerce et à l'investissement direct (donc aussi à la crainte des délocalisations), sous l'angle de leur impact pour les pays et de leurs conséquences sectorielles et stratégiques pour les firmes. Par la suite, ce sont les conséquences sociales de l'élargissement qui sont étudiées, des chercheurs procédant à un examen approfondi des questions relatives à la démographie, au financement des retraites, aux inégalités et au marché du travail. Le tout compose un ouvrage très complet qui réclame, pour être réellement mis à profit, des connaissances économiques minimales.

(PBo)

*** HENDRIK THOß (sous la dir. de): Mitteleuropäische Grenzräumen Duncker & Humblot (Postfach 410329, D-12113 Berlin. Tél./fax: (49-30) 79000631 - Internet: http://www.duncker-humblot.de ). Collection "Chemnitzer Europastudien", n° 3. 2006, 150 p.. ISBN 3-428-12157-0.

Cet ouvrage propose des études présentées lors d'une conférence du département d'histoire de l'Université de Chemnitz qui s'est tenue en janvier 2004. L'intérêt européen de ce travail réside dans le fait que, après avoir analysé l'impact du programme Interreg sur les régions frontalières, principalement orientales, de la nouvelle Allemagne réunifiée avec les nouveaux pays membres de l'Union, sont proposées diverses études historiques sur ces mêmes régions, rattachant ainsi les développements récents à l'héritage culturel et politique de ces espaces, souvent marqués par des crises, des conflits et même des guerres. Dans une perspective plus idéologique, il est également proposé une analyse des idées de Carl Schmitt, idéologue de la notion du "Großraum ohne Grenzen", ce "grand espace sans frontières" pour l'Europe centrale défendu du temps du national-socialisme. Ce rêve (?) passé peut être utilement comparé avec la réalité qui se développe actuellement par la coopération transfrontalière, transnationale et interrégionale. Repenser le problème des frontières dans leurs dimensions historiques au moment où des pays d'Europe centrale entrent dans l'espace Schengen, ce qui va changer totalement la manière dont les citoyens de ces régions vont ressentir leur nouvel espace, fait tout l'intérêt de ce livre.

(GFr)

*** ISABEL KOSKE: Equilibrium Exchange Rate Models, the Euro and the 2004 Expansion of the EU. Peter Lang (1 Moosstrasse, CH-2542 Pieterlen, Suisse. Tél.: (41-32) 3761717 - fax: 3761727 - Courriel: info@peterlang.com - Internet: http://www.peterlang.de ). Collection "Studien Zu Internationalen Wirtschaftbeziehungen", n° 10. 2007, 204 p., 36,40 €. ISBN 978-3-631-56703-6.

Tendre vers un taux de change de l'euro qui ne soit ni surévalué ni sous-évalué est évidemment crucial pour la politique monétaire européenne. C'est également d'une grande importance pour l'inclusion harmonieuse des nouveaux pays membres issus de l'élargissement de 2004. Isabel Koske s'attache dans un premier temps, dans ce livre, à présenter les différents concepts théoriques d'équilibre de taux de change mis en oeuvre pour l'euro et les monnaies des nouveaux membres avant d'étudier de plus près comment la monnaie européenne a fluctué au cours des dernières années face à plusieurs autres devises majeures. Elle se penche aussi sur le cas des devises des nouveaux pays membres pour lesquels elle applique une version adaptée aux petits pays du modèle de taux d'échange naturel réel de Stein et Allen. Il s'agit donc d'un ouvrage d'économie monétaire présentant et commentant à la fois des approches conceptuelles et des modèles mathématiques, non point d'un livre de vulgarisation.

(FRo)

*** KATJA FUNKE: Balance of Payments Issues in Central and Eastern European Countries' Run-Up to Euro Area Accession. Peter Lang (voir coordonnées supra). Collection "Studien zu Internationalen Wirtschaftbeziehungen", n° 9. 2007, 241 p., 39,70 €. ISBN 978-3-631-55694-8.

Economiste désormais active au Fonds monétaire international après un passage par la Banque centrale européenne, Katja Funke étudie, dans cet ouvrage très dense, différents aspects de la marche que les pays d'Europe centrale entrés dans l'Union le 1er mai 2004 ont entreprise vers la monnaie unique. Dans un premier temps, elle évalue la balance de leurs comptes courants et la durabilité de leur dette extérieure avant de s'intéresser à la manière dont ils peuvent activer les investissements directs en provenance des pays industrialisés. Enfin, alors que ces pays présentent des déficits publics élevés, l'auteur analyse l'impact que les politiques de consolidation des dépenses qui leur seront imposées par les institutions européennes auront sur les balances extérieures. Inutile de préciser que l'ouvrage s'adresse à un public averti.

(PBo)

*** JOSEP BORRELL FONTELLES: Recueil des discours et des interventions. Parlement européen. 2007, 667 p..

Cet imposant volume reprend l'ensemble des discours et interventions du socialiste espagnol Josep Borrell pendant sa présidence du Parlement européen, de juillet 2004 à janvier de l'année dernière.

(MT)

*** PIERRE LEQUILLER (sous la dir. de): Un nouveau traité pour une relance de l'Union européenne. Délégation pour l'Union européenne de l'Assemblée nationale (Boutique de l'Assemblée nationale, 7 rue Aristide Briand, F-75007 Paris. Tél.: (33-1) 40630033 - Internet: http://www.assemblee-nationale.fr ). Collection "Rapport d'information", n° 248. 2007, 65 p., 3,50 €. ISBN 978-2-11-122726-2.

Ce Rapport d'information rend compte des visites effectuées par le président Lequiller et par certains de ses collègues dans huit Etats membres afin d'y défendre le traité réformateur et d'y prendre la température.

(MT)

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