Bruxelles, 28/01/2008 (Agence Europe) - Les ministres des Affaires étrangères des Vingt-sept ont donné, le 28 janvier à Bruxelles, l'ultime aval du Conseil au lancement de l'opération militaire de transition EUFOR Tchad/RCA. Dans le même temps, le commandant de l'opération a été autorisé à donner l'ordre d'activation pour le déploiement dans l'est du Tchad et le nord-est de la République centrafricaine des 3 700 hommes qui assureront la protection des civils en danger, en particulier les personnes déplacées originaires du Darfour (ouest du Soudan), et le personnel humanitaire. Cette opération débutera en février et se déroulera sur un an, parallèlement à la MINUAD (la mission hybride de l'Onu et de l'Union africaine au Darfour), et en étroite coordination avec elle.
Dans ses conclusions, le Conseil précise que « l'opération militaire de transition EUFOR Tchad/RCA sera conduite de manière neutre, impartiale et indépendante (…), en étroite coordination avec les Nations unies et en coopération avec les gouvernements du Tchad et de la République centrafricaine ».
Rappelant que l'accord de paix global constitue la base d'une paix et d'un développement durables dans tout le Soudan et que sa mise en œuvre est une priorité absolue, le Conseil invite instamment les parties à honorer leurs engagements. L'UE demande aux autorités soudanaises, et notamment au gouvernement d'unité nationale, de soutenir sans réserve la mise en place effective de la MINUAD et d'accepter le déploiement de toutes les troupes jugées nécessaires par les Nations unies et l'Union africaine pour permettre à la MINUAD de s'acquitter avec succès de son mandat. Le Conseil déplore à cet égard que les autorités soudanaises refusent que la Suède et la Norvège contribuent à la MINUAD.
L'UE souligne qu'elle attache la plus haute importance à l'accès libre, sans limites et en toute sécurité de l'aide humanitaire à la population. Elle demande instamment au gouvernement soudanais de respecter son engagement concernant l'observation d'un moratoire sur les restrictions et les obstacles entravant l'ensemble de l'action humanitaire au Darfour, conformément au communiqué conjoint à ce sujet et d'examiner les sujets de préoccupation en utilisant les canaux de communication établis (le comité de haut niveau, par exemple). Le Conseil se félicite de la prorogation du moratoire annoncée récemment, mais se dit prêt à envisager de nouvelles sanctions, notamment dans le cadre des Nations unies, contre toute partie qui compromet la paix et la sécurité au Darfour ou dans la région, en en particulier contre toute partie faisant obstacle à l'accès des organisations humanitaires. (A.N)