Bruxelles, 28/01/2008 (Agence Europe) - Vivement attendu par les lobbies énergétiques et les ONG, le paquet « énergie et climat » de la Commission européenne a suscité des réactions contrastées, après la présentation des objectifs de porter à 20% la part d'énergies renouvelables dans le bouquet énergétique de l'UE et à 10% dans chaque Etat membre la part des biocarburants dans la consommation d'essence et de diesel dans le secteur des transports d'ici à 2020.
Par la voix d'EWEA, l'industrie des renouvelables salue des « éléments cruciaux pour maintenir la confiance des investisseurs et encourager des investissements substantiels dans le domaine de l'électricité verte ». « Les objectifs sont ambitieux mais atteignables », a souligné Christian Kjaer, le directeur général d'EWEA. De son côté, Euroheat & Power a salué des mesures qui vont « dans la bonne direction afin d'honorer les objectifs fixés par le Conseil européen de 2007 ». L'association européenne de l'industrie solaire photovoltaïque EPIA se réjouit également de l'objectif de 20% d'énergies renouvelables pour 2020. Elle estime cependant que des clarifications sont nécessaires. « Aucune pénalité pour les Etats n'est prévue s'ils n'atteignent pas ces objectifs », précise l'association. L'association européenne des bio-industries Europabio souligne quant à elle que la part de biocarburants visée par la Commission exigera « une feuille de route réaliste afin de mettre en œuvre les différentes politiques durablement ». L'association des producteurs de carburant de bioéthanol eBio salue pour sa part l'objectif fixé en matière de biocarburant par la Commission qui, selon elle, « aura un effet très positif sur les industries européennes produisant du biocarburant, et toutes celles qui leur sont liées ». Elle souligne également l'impact positif que pourrait avoir un tel objectif en matière d'emploi.
La Confédération des industries européennes du papier (CEPI) souligne que la mise en œuvre du paquet aurait un impact sur la compétitivité de son industrie. Cependant, « l'industrie du papier a son rôle à jouer pour contribuer à augmenter la part d'énergie renouvelable d'ici à 2020 », explique Teresa Presas, directrice générale de la CEPI. Quant à l'Union de l'industrie électrique (Eurelectric), elle prévient que le système européen d'échange de quotas d'émission pourrait avoir des répercussions sur les prix de l'électricité. Représentant de l'artisanat et des PME en Europe, l'UEAPME regrette que le paquet ne mentionne pas les petites unités de production d'électricité comme un moyen d'augmenter l'utilisation des énergies renouvelables. Enfin, du côté des ONG environnementales, le Bureau européen de l'environnement (EEB) salue les recommandations de la Commission en faveur des énergies renouvelables, mais estime que le taux « arbitraire » de 10% de biocarburants, soutenu « obstinément par la Commission », ne produira « aucun résultat positif pour l'environnement ». Le WWF critique quant à lui les mesures environnementales, mais salue une utilisation accrue des biocarburants « qui ont la capacité de réduire l'effet de serre tout en bénéficiant à la fois à l'Union européenne et aux pays en voie de développement ». (L.B.S.)