Strasbourg, 17/01/2008 (Agence Europe) - En adoptant, jeudi 17 janvier, une résolution sur la situation au Kenya, le Parlement européen invite les autorités de ce pays d'Afrique de l'Est à restaurer la paix et le respect des droits de l'Homme et l'Etat de droit. Il regrette que les résultats des élections présidentielles ne puissent être jugés crédibles en raison des informations faisant état d'irrégularités électorales.
La nomination unilatérale, par le président sortant Mwai Kibaki, des membres de son gouvernement a nui gravement aux efforts de médiation, ajoute le PE. Celui-ci sollicite un examen indépendant du scrutin présidentiel. Les députés appuient les efforts de médiation supplémentaire menés par l'ancien secrétaire général de l'ONU, Kofi Annan et invitent l'UE à suivre de près cette mission de médiation et, éventuellement, à envoyer une délégation de haut niveau dans ce cadre. Si un nouveau décompte crédible et équitable des votes s'avérait impossible à organiser par un organisme indépendant, le Parlement préconise de nouvelles élections présidentielles. Il se félicite néanmoins du fait que le parlement kényan élu mercredi 16 janvier ait désigné un président issu des rangs de l'opposition.
Lors du débat de la veille, plusieurs députés s'étaient interrogés sur l'opportunité de suspendre l'aide budgétaire de l'UE (EUROPE n° 9581). Selon le texte adopté, le Parlement regrette le versement de l'aide budgétaire du Fonds européen de développement (FED) au gouvernement de M. Kibaki immédiatement après les élections, ce qui pourrait être interprété, à tort, comme un signe de parti pris politique. Le PE demande le « gel » de tous les versements ultérieurs au gouvernement kényan jusqu'à ce qu'une solution politique à la crise actuelle ait été trouvée. Une requête rejetée la veille par le commissaire européen au Développement, Louis Michel. (A.B.)