login
login
Image header Agence Europe
Bulletin Quotidien Europe N° 9582
Sommaire Publication complète Par article 26 / 36
INFORMATIONS GENERALES / (eu) ue/social

La Roumanie n'a bénéficié d'aucun Fonds structurel européen dans l'affaire Nokia

Bruxelles, 17/01/2008 (Agence Europe) - Le numéro un mondial de la téléphonie mobile, le géant finlandais Nokia a annoncé, mardi 15 janvier, la fermeture d'ici à l'été de son usine de Bochum (Allemagne), où travaillent 2300 personnes. 1800 d'entre elles travaillent directement à la production, 500 dans le support technique, la recherche et le développement ou l'encadrement. Raison invoquée par Nokia: le manque de compétitivité du site. « La main-d'œuvre et les coûts de production en Allemagne étaient trop élevés pour permettre à Nokia d'enregistrer une rentabilité satisfaisante », a précisé à la presse le porte-parole de la société, Arja Sunimen, en ajoutant que « l'Allemagne est un pays où le coût du travail et les coûts de production en général sont très élevés ». La production sera donc transférée à Clug, en Roumanie, un pays qui offre des coûts salariaux beaucoup moins élevés. Quant à l'unité R&D, Nokia en négocie le rachat avec la société indienne Sasken. Nokia concentrera désormais sa production européenne en Finlande, en Grande-Bretagne, en Hongrie et en Roumanie, où la nouvelle usine sera prochainement ouverte.

Pas de subventions européennes pour la localisation et le transfert de cette entreprise
en Roumanie, assure la Commission

La question qui en intrigue plus d'un à présent est celle de savoir si la Roumanie a bénéficié des Fonds structurels européens pour attirer de tels investissements chez elle. « Non, des fonds structurels n'ont pas été versés. Aucune subvention n'a été utilisée pour la localisation et le transfert de cette entreprise en Roumanie », a réfuté catégoriquement mercredi devant la presse à Bruxelles Eva Kaluzynska, la porte-parole de la commissaire à la Politique régionale Danuta Hübner. « Nous sommes en train de rassembler les différents aspects de cette question, parmi lesquels l'aspect social est très important », a ajouté la porte-parole. Et de rappeler qu'une clause a été introduite dans les programmes sur la compétitivité 2007-2013 interdisant l'octroi de tels fonds. « La Commission confirme donc qu'il n'y a pas eu de subventions versées », a poursuivi Eva Kaluzynska. Elle a ajouté que la Commission vérifie aussi avec minutie si la Roumanie a bénéficié de financements PHARE (programme d'action d'aide économique en faveur des pays d'Europe centrale et de l'Est qui étaient candidats à l'adhésion à l'UE).

La porte-parole a encore insisté sur le fait que la Commission « examine pour l'instant et en détail si d'autres fonds de l'UE sont impliqués ou non (mais il n'y en a pas à notre connaissance, a-t-elle judicieusement fait remarquer), si cette affaire tombe sous le coup du Fonds européen d'ajustement à la mondialisation ». Quant à l'infrastructure qui sera mise en place à Clug sous le nom de Nokia Village, elle bénéficiera d'un financement PHARE. « Il y a quelques années, un tel financement était programmé pour cette infrastructure mais on ne savait pas encore quelle serait l'entreprise bénéficiaire de cette infrastructure », a-t-elle noté en ajoutant que « le montant attribué à cette infrastructure et dont Nokia bénéficierait est à l'examen de la Commission ». Répondant à la question de savoir si des incitants nationaux avaient été versés côté roumain, Eva Kaluzynska a répondu: « En termes d'aides d'Etat, la Commission n'a reçu aucune notification de la Roumanie allant en ce sens, mais on ne peut l'exclure ».

En ce qui concerne l'aspect social de cette fermeture, « la Commission est consciente du nombre de pertes d'emplois. Le commissaire aux Affaires sociales Vladimir Spidla s'emploie à aider le retour à l'emploi des personnes l'ayant perdu par le biais du Fonds social européen », a noté la porte-parole en indiquant que « 9,38 milliards d'euros sont disponibles à ce titre pour l'Allemagne. La Commission souligne l'importance des règles communautaires en cas de pertes d'emplois et le dialogue social est ici de première importance ».

La Fédération européenne des métallurgistes demande la consultation des syndicats
et des comités d'entreprise national et européen

Cette fermeture a été qualifiée de « gifle pour les travailleurs et la population locale » par Peter Scherrer, secrétaire général de la Fédération européenne des Métallurgistes (FEM), qui a déclaré mercredi 16 janvier à Bruxelles: « Si l'on en croit les informations dont nous disposons jusqu'à présent, il s'agirait là d'une évidente violation de la directive sur les comités d'entreprise européens ». Il a averti que la FEM allait analyser le cas d'un point de vue légal et, si nécessaire, Nokia devra se préparer aux répercussions et poursuites légales que cette décision engendrera, a-t-il affirmé dans un communiqué. Plus particulièrement, la FEM étudiera la question de savoir si les transferts de production qu'une telle décision engendrerait bénéficieraient d'une aide financière européenne, a ajouté Peter Scherrer. « Nous prions la direction d'entamer immédiatement des discussions avec les organisations syndicales concernées, avec le comité d'entreprise national ainsi qu'avec le comité d'entreprise européen ».

Nokia emploie plus de 65000 personnes dans plusieurs régions du monde. Des usines sont installées au Brésil, en Chine, en Corée du Sud, en Inde et au Mexique. Avec 38% des parts de marché, l'entreprise a annoncé, rapporte le quotidien français Le Figaro, des prévisions de résultat très optimistes pour l'année en cours. Son bénéfice opérationnel devrait être compris entre 16% et 17% de son chiffre d'affaires en 2008 (contre 15% prévus initialement) et le nombre d'utilisateurs devrait être de 4 milliards en 2009, selon le PDG de Nokia, Olli-Pekka Kalasvuo. (G. B.)

Sommaire

JOURNEE POLITIQUE
INFORMATIONS GENERALES