Bruxelles, 17/01/2008 (Agence Europe) - Le Parlement européen a adopté, jeudi 17 janvier, une résolution à propos de la stratégie européenne à adopter en matière de gouvernance de l'Internet. Auparavant, la Commission européenne a exposé aux députés, par la voix de la commissaire Meglena Kuneva, les priorités qu'elle entend mettre en avant à l'avenir, suite aux résultats du forum sur la gouvernance de l'Internet (FGI) qui s'est tenu à Rio de Janeiro (Brésil) du 12 au 15 novembre 2007. La Commission se réjouit de la tenue de ce forum, sans pouvoir de décision, dont une première édition avait déjà eu lieu à Athènes en 2006, car il permet à toutes les parties concernées dans le monde d'avoir un véritable échange de vues en toute liberté, sans obligation de devoir finaliser un texte contraignant, a souligné la commissaire. Les priorités de l'Union européenne, parmi lesquelles la poursuite du processus numérique et la protection des enfants sur Internet doivent être des sujets fixés à l'ordre du jour international de manière constante, a-t-elle précisé.
Bien que les FGI n'adoptent pas de conclusions formelles, l'Union européenne a pour responsabilité de soutenir ce processus dans la mesure où il apporte un contexte positif et concret à la définition de l'avenir de l'Internet sur la base d'une approche multilatérale, indique la résolution. Des leçons peuvent d'ores et déjà être tirées des échanges fructueux lors des FGI précédents, notamment pour ce qui concerne les aspects réglementaires des communications électroniques ainsi que sur les questions ayant trait à la sécurité des données et au respect de la vie privée, poursuit la résolution. Celle-ci souligne la nécessité de garantir pour l'avenir un Internet ouvert, indépendant, reposant sur les initiatives et les besoins des acteurs, de même que sur la liberté d'expression. Les députés demandent aux institutions européennes de prendre en compte l'agenda de Tunis dans leurs travaux législatifs, en particulier la révision du cadre des télécommunications électroniques, la révision de la stratégie i2010, et l'accessibilité d'Internet au plus grand nombre. Au nom du PPE-DE, le Suédois Anders Wijkman a indiqué que si Internet était à la source d'une fracture numérique, il permettait également un dialogue sans égal d'une partie du monde à l'autre. Internet doit être un outil de développement et l'UE a un rôle important à jouer sur le plan mondial pour mettre un terme à cette fracture numérique, a-t-il estimé. Catherine Trautmann, représentant le groupe des socialistes, s'est félicitée des discussions qui se sont tenues au forum de Rio, qui reprennent des sujets importants défendus par l'UE, notamment la liberté d'expression, la diversité culturelle et la protection des enfants. L'Europe est à la pointe pour ce qui est de l'appareil législatif, a souligné Mme Trautmann, mais il reste des questions juridiques et réglementaires à traiter avec la révision du paquet télécoms, a-t-elle déclaré. La députée défend l'idée d'un FGI européen, avec la participation des parlements nationaux et des pouvoirs locaux: un forum européen mis en œuvre d'ici 2009 et peut-être un forum mondial en Europe grâce à la Lituanie, candidate pour 2010, a-t-elle espéré. Représentant le groupe ALDE, l'Estonien Toomas Savi a mis en avant les services publics sur Internet qui permettent une participation directe des citoyens à la vie publique. L'éducation à cet outil Internet doit être dispensée dans les écoles aux enfants dès le plus jeune âge, estime le député qui a également souligné le caractère universel d'Internet parce qu'il a réussi à créer un langage universel, là où l'espéranto a échoué. Le Polonais Ryszard Czarnecki a comparé Internet à un couteau, une arme à double tranchant qui peut être un outil formidable mais aussi redoutable. Il s'est, par ailleurs, réjoui de ce que la gouvernance de l'Internet et la protection des enfants fassent partie des priorités de l'Union européenne. Parmi les tâches à poursuivre dans un proche avenir, le député a souligné des efforts à fournir en vue d'une plus grande accessibilité d'Internet aux populations et la sécurité des réseaux. Les développements technologiques pourront améliorer les conditions de vie des populations les plus pauvres, a-t-il fait remarquer, se félicitant du choix de la ville de Delhi pour la tenue du prochain forum. Cette ville est particulièrement représentative car c'est un pays à la pointe du développement technologique mais également confronté à des problèmes de pauvreté de sa population.
Parmi les intervenants, le conservateur britannique Malcolm Harbour est favorable à une coopération entre des organismes compétents, sur une base non gouvernementale, qui donne d'excellents résultats, estime-t-il. Considérant que la Commission fait des propositions « assez faibles », il est important que l'Union européenne s'inspire des bonnes pratiques dans d'autres pays, a-t-il fait remarquer. La socialiste espagnole Francisca Pleguezuelos Aguilar a souligné de son côté les efforts qu'il reste encore à fournir du côté de l'UE, notamment en matière d'accessibilité aux services numériques. L'Europe doit faire en sorte que la société de l'information soit considérée comme un « bien social » pour les pays qui en ont besoin et qui ont besoin du leadership de l'Europe, a-t-elle déclaré. Enfin, Lambert van Nistelrooij (PPE-DE, néerlandais) s'est montré également très engagé pour l'organisation d'un forum européen, à l'instar de Mme Trautmann, auquel doivent être associés les parlements nationaux. Il est également partisan d'une approche différente pour donner plus d'efficacité aux actions entreprises et pour relever les défis de l'Internet, précisant que l'Union européenne avait le budget nécessaire pour le faire mais devait par contre se montrer plus efficace. (I.L.)