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Bulletin Quotidien Europe N° 9558
JOURNEE POLITIQUE / (eu) pe/syrie/liban

Visite d'une délégation de la commission des affaires étrangères du PE - Sort alarmant des réfugiés irakiens en Syrie - Le Liban sur le fil du rasoir

Bruxelles, 05/12/2007 (Agence Europe) - Une délégation de la commission des affaires étrangères du Parlement européen (AFET) s'est rendue du 30 novembre au 1er décembre à Damas, et ensuite, jusqu'au 3 décembre à Beyrouth. Elle était composée de Véronique de Keyser (PSE, Belgique), Ignacio Salafranca (PPE-DE, Espagne), Ana Maria Gomez (PSE, Portugal) et Bastiaan Belder (IND/DEM, Pays-Bas). Mme de Keyser, qui a conduit la visite en Syrie, a fait observer à son retour à Bruxelles que cette mission, la première entreprise par l'AFET dans le contexte actuel, a eu lieu à un moment où la région se trouve face à des enjeux stratégiques, faisant référence au processus de paix au Moyen-Orient (conférence d'Annapolis) ainsi qu'à l'évolution, troublée, au Liban. Les rapports entre les deux pays voisins sous-tendent la crise libanaise actuelle marquée par un vide du pouvoir et par d'intenses efforts internationaux (menés en particulier par trois ministres des Affaires étrangères de l'UE, MM. Kouchner, D'Alema et Moratinos) pour une issue rapide. Pour l'heure, constate l'eurodéputée, la Syrie est "réintroduite dans le jeu et sort de son isolement" grâce au jeu des pressions-persuasions auquel se sont livrés les trois ministres. Véronique de Keyser prône le dialogue direct de l'UE avec Damas pour encourager le régime syrien à jouer un "rôle constructif" ou non négatif durant la phase actuelle de la crise libanaise.

La délégation s'est entretenue avec les principaux membres du gouvernement syrien (vice-premier ministre, Affaires étrangères, Economie, le président du parlement et diverses personnalités académiques dont le Grand Mufti qui aurait fait preuve, selon Mme de Keyser, d'un engagement remarqué en faveur de la laïcité). Il en ressort que la Syrie demeure disposée à signer l'accord d'association avec l'UE mais ne veut pas être soumise à des conditions politiques particulières. Ce qui paraît le plus préoccuper les Syriens est, a ajouté Mme de Keyser, le sort des réfugiés irakiens, dont le nombre équivaudrait actuellement à 10% de la population syrienne. Les conditions de leur accueil seraient déplorables malgré les efforts déployés par le gouvernement syrien. Celui-ci met en avant la faiblesse des moyens dont il dispose aussi bien au plan humain que dans la gestion des flux de réfugiés, parmi lesquels se développe une forte criminalité exploitée par des éléments incontrôlés. L'aide internationale est réduite et son application lente. Mme de Keyser souligne le besoin d'apporter un soutien accru à la Syrie pour faire face à une situation qu'elle juge très alarmante.

Au Liban, les différents entretiens ont confirmé que la situation évolue de jour en jour et pourrait déboucher, dans un délai très bref, soit sur un déblocage institutionnel (un candidat de compromis est proposé pour occuper le fauteuil de président de la République, le général Sleimane, chef des armées), soit sur la rupture du dialogue entre nombreuses factions et le risque d'un affrontement. (F.B.)

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