Albufeira, 22/11/2007 (Agence Europe) - Une réunion ministérielle euroméditerranéenne sur les migrations a eu lieu les 18 et 19 novembre à Albufeira (Algarve, Portugal). Présidée par le ministre de l'Intérieur portugais, Rui Pereira, elle a traité de la question des migrations dans le contexte euroméditerranéen dans une double optique: les migrations et le développement (envois de fonds et microcrédit); l'immigration régulière (opportunités) et l'immigration irrégulière. Pour la Présidence portugaise du Conseil de l'UE, cette conférence a confirmé la volonté de s'investir dans le dialogue et la coopération entre les pays de l'UE et du pourtour méditerranéen. Le fait qu'elle ait eu lieu en Algarve relève, dit la Présidence, du symbole historique, cette région « n'ayant cessé d'être un lieu de cohabitation et de confluence des cultures européenne et méditerranéenne ». Le ministre portugais a exprimé peu avant la fin de la conférence sa « satisfaction » de constater l'existence d'un « grand consensus autour de la stratégie établie par la Présidence pour réaliser le mandat des chefs d'Etat et de gouvernement de novembre 2005 ». Les conclusions adoptées avant la conférence et préparées au niveau des experts et hauts fonctionnaires reflètent, selon la Présidence, « la réelle volonté et l'engagement à travailler de façon conjointe pour édifier un partenariat couvrant de façon globale le phénomène migratoire dans tous ses volets: migration et développement, immigration légale et immigration illégale ».
Dans le cadre de l'immigration légale, les décisions suggérées portent sur la recherche d'opportunités pour une large coopération. Elles prévoient de créer un groupe de travail sur la migration et le marché du travail, de promouvoir des cours de formation professionnelle et linguistique, soit dans le pays d'origine, soit dans le pays de destination, de réaliser des campagnes d'information sur les opportunités de travail et les voies légales pour immigrer et, enfin, le développement de programmes d'activité pour les immigrés légaux récents. L'approche serait conçue de façon à lier migration et développement: « Nous avons convenu, a dit Rui Pereira, du besoin de faire face aux causes profondes des migrations ». L'objectif est de susciter des projets de partenariat pour un développement durable. En outre, de l'information, y compris sur Internet sera dispensée à un large public sur les possibilités d'envoi d'argent aux familles restées dans le pays d'origine. Sans compter l'établissement de mécanismes, de services et de produits financiers effectifs. Rappelons que la BEI a déjà lancé une initiative en ce sens. Un séminaire international sur le micro-crédit en lien avec l'épargne des migrants est suggéré. L'objectif étant de permettre aux immigrés légaux de co-financer des projets d'investissement dans les pays d'origine.
Dans le cadre de l'immigration illégale, il est important, selon la Présidence, de promouvoir la coopération et le renforcement des capacités actuelles, à travers des échanges d'expériences, de bonnes pratiques et la formation régulière en vue de la gestion des flux et du retour et de la réadmission. Il a été décidé de promouvoir des projets ayant pour but de sécuriser davantage les documents d'identité et de voyage et, dans cette voie, de promouvoir des cours de formation dans les pays de transit pour le perfectionnement des méthodes de détection et le repérage et la lutte contre la falsification. Les mesures envisagées prévoient également d'améliorer la surveillance des flux migratoires. La conférence a souligné le besoin de veiller à l'adéquation de la lutte contre l'immigration illégale et au respect des instruments internationaux pertinents, particulièrement en ce qui concerne la recherche et le sauvetage maritimes. Les compétences de l'Agence pour la gestion des frontières seront élargies afin qu'elle puisse être également au service des pays partenaires de l'espace EuroMed. Un atelier sur le retour volontaire et la réadmission sera organisé. (F.B.)