Bruxelles, 05/09/2007 (Agence Europe) - Le problème des jouets chinois contaminés au plomb a connu un nouveau rebondissement avec l'annonce du troisième rappel de jouets potentiellement dangereux par le fabricant américain Mattel. Dès le 5 septembre, la Commission européenne a pris contact avec Mattel, qui « s'est engagé à identifier les leçons à tirer des événements de l'été », a déclaré Helen Kearns, porte-parole de Meglena Kuneva, Commissaire à la protection des consommateurs. Interrogée sur les intentions de la Commission, elle a annoncé que Mme Kuneva ira le 12 septembre prochain devant le Parlement européen pour faire le compte-rendu de sa visite en Chine en juillet dernier, spécialement dédiée à la résolution de ce problème (EUROPE n° 9475), et des événements de l'été qui ont défrayé la chronique.
Pour l'heure, un embargo n'est pas à l'ordre du jour, « mais il n'y aura place pour aucune complaisance car la santé des enfants est en jeu ». La Commission européenne se donne deux mois, soit jusqu'à la fin octobre, pour faire le bilan de la situation et, « le cas échéant, revoir sa position à l'égard des jouets importés de Chine », avertit la porte-parole.
Fin octobre, c'est la date butoir à laquelle les autorités chinoises se sont engagées à fournir un rapport détaillé sur les actions mises en œuvre pour un suivi renforcé des alertes européennes leur signalant tous les cas de produits chinois non-alimentaires défectueux ou dangereux ayant fait l'objet de mesures spécifiques sur le marché européen, et notifiés par les Etats membres de l'UE via le système d'alerte rapide pour les produits dangereux (RAPEX). Ces deux mois seront mis à profit pour passer en revue les moyens de renforcer la sécurité des contrôles, en collaboration avec les fabricants de jouets et les autorités nationales compétentes, et pour demander la révision de la directive européenne sur la sécurité des jouets.
Il est clair que les problèmes posés par les jouets dangereux en provenance de Chine ne pourront être réglés par la seule Commissaire à la protection des consommateurs, concède Helen Kearns. Compte tenu des multiples facettes du problème, « Meglena Kuneva est convaincue de la nécessité de réunir un groupe de Commissaires pour vérifier que tous les contrôles soient en place ». Outre Mme Kuneva, ce groupe comprendrait Laszlo Kovacs pour les douanes, Peter Mandelson pour les aspects commerciaux et Günter Verheugen pour les aspects industriels, précise la porte-parole.
Dans un communiqué, le Bureau européen des unions de consommateurs (BEUC) voit dans le nouveau retrait de jouets par Mattel un signe positif suggérant que cette société effectue de plus amples tests de sécurité sur ces produits. « Mais des questions demeurent quant à ses actions précédentes, et de manière générale, quant à la mise en œuvre de la législation sur la sécurité des produits en Europe », ajoute le BEUC qui juge « urgent d'apporter plus de cohérence entre les différentes législations de l'UE sur la sécurité des produits de consommation ». (an)