Bruxelles, 05/09/2007 (Agence Europe) - La Commission européenne a adopté ce mercredi une communication sur la promotion de la pleine participation des jeunes en matière d'éducation, d'emploi et de société. Présentée conjointement à la presse par les commissaires Vladimir Spidla (Affaires sociales, Emploi, Egalité des chances) et Jan Figel (Education, Formation, Culture), cette communication met en lumière la nécessité de réduire le chômage des jeunes et de leur permettre d'obtenir des emplois de qualité grâce à une meilleure formation et un suivi éducationnel adéquat. L'accès à un bon emploi est en effet un élément clé pour assurer leur pleine participation à la société. Pour promouvoir cette citoyenneté active des jeunes, la Commission propose quelques initiatives comme celle relative à une Charte européenne de la qualité des stages en entreprise, celle visant à assurer une plus grande mobilité géographique des jeunes, « Your First Job Abroad » (qui sera lancée officiellement le 29 septembre à Bruxelles dans le cadre des Journées européennes de l'emploi), une nouvelle stratégie en matière de santé, ou encore une évaluation d'impact concernant les activités volontaires des jeunes et une étude en matière d'accès des jeunes à la culture. La Commission propose également de promouvoir la coordination transversale au moyen d'un rapport communautaire sur la jeunesse rédigé tous les trois ans en étroite collaboration avec les jeunes.
En présentant la communication à la presse, les deux commissaires ont insisté sur l'impérieuse nécessité, pour permettre aux jeunes de participer de manière maximale à la vie sociétale, de leur assurer une formation et un apprentissage adéquats tout au long de leur vie, ceci pour qu'ils ne soient pas victimes d'un chômage persistant ou de stages reconduits sans cesse, sans être payés ou mal payés.
Prenant la parole, le commissaire Jan Figel a mis en exergue les défis auxquels la jeune génération se trouve actuellement confrontée: la mondialisation, le vieillissement de la population accompagné d'une diminution de la natalité, et la durabilité de la croissance. « Il faut une approche transversale entre les différentes politiques. Il faut améliorer l'environnement des jeunes afin qu'ils puissent participer à la société ». Pour M. Figel, il est également essentiel, pour garantir le développement économique, de poursuivre les investissements dans les jeunes. « Investir mieux et plus tôt. C'est-à-dire investir aux niveaux politique et social: des familles, des ONGs, des enseignants et des employeurs, en partenariat avec les jeunes ». Un partenariat que le commissaire Figel juge essentiel entre les jeunes et les institutions. « Il n'est pas possible de mettre en place des politiques de la jeunesse sans l'aide des jeunes », a martelé Jan Figel en spécifiant qu'il ne s'agit pas de présenter dans cette communication de nouvelles initiatives mais de « mieux utiliser les propositions concrètes des Etats membres et de la Commission ».
De son côté, Vladimir Spidla a noté que le chômage des jeunes (de 15 à 24 ans) était encore beaucoup trop élevé, surtout parmi les jeunes non qualifiés, comme ceux qui délaissent l'école avant terme. La conséquence logique de cette situation est qu'il leur est extrêmement difficile d'entrer sur le marché du travail, et de s'y maintenir. Pour trouver sa place sur un marché du travail de plus en plus dominé par les nouvelles techniques de communication et les technologies (TIC), fondé sur l'économie de la connaissance axée elle-même sur les services, « il faut des personnes extrêmement qualifiées, bénéficiant de grandes capacités dans les domaines de la technologie et de la communication mais qui présentent également de grands talents d'organisateur », a poursuivi le commissaire en mettant en garde contre le risque qu'ils soient marginalisés et qu'ils transmettent leurs problèmes à leurs propres enfants. Et de citer quelques chiffres: le taux de chômage dans l'UE 27 était en 2006 de 17,4%, contre 18,7% en 2005. Une baisse trop faible qui laisse présager de la difficulté pour les Etats membres d'atteindre l'objectif d'un taux de chômage des jeunes de 10% en 2010 dans toute l'UE, demandé par la Commission, a jugé Vladimir Spidla. Il a fait remarquer que les taux variaient considérablement d'un Etat membre à l'autre, « allant de 10% au Danemark, en Irlande, à Chypre, en Lituanie, aux Pays-Bas à 25% en Finlande, en Slovaquie, en Suède et en Pologne ».
Le commissaire a par ailleurs mis en garde contre les stages que l'on offre aux jeunes, qui ne sont pas et/ou sont mal payés. Ils passent d'un stage à l'autre et n'arrivent pas à trouver un emploi. « Le stage doit être un « stepping stone », un tremplin pour obtenir un emploi. Ce n'est pas du bénévolat ! Le stage est une situation ciblée sur la qualification et sur la facilitation de l'accès au marché du travail », a réaffirmé M. Spidla pour qui il est impératif de lutter contre « le travail déguisé en stage » dans les entreprises.
En ce qui concerne l'inclusion sociale, M. Spidla a souligné que la pauvreté frappait aussi les enfants. Ainsi, « un enfant sur cinq vit sous le seuil de la pauvreté. Les Etats membres se sont engagés à réduire ces chiffres mais les choses ne bougent pas beaucoup », a constaté, amer, Vladimir Spidla. Dans la foulée, le commissaire a plaidé pour que soit améliorée l'intégration sur le marché du travail des jeunes issus de l'immigration.
A la question de savoir comment la Commission peut répondre aux craintes des jeunes face aux flux d'immigrés, qui coûtent moins cher à l'entreprise parce qu'ils n'ont pas les compétences requises pour effectuer le travail qui leur est attribué, Jan Figel a commenté: « L'ouverture vers l'extérieur est une qualité mais il faut investir en matière de qualifications et de formation, il ne faut pas rester passifs. Si l'Europe veut rester compétitive, elle doit rester ouverte et améliorer en même temps ses paramètres ». « L'essentiel, c'est d'éviter le dumping social, le travail non déclaré, le travail effectué dans des conditions indignes (…), les méthodes abusives, qui se trouvent en dehors des lois », a enchaîné avec fermeté Vladimir Spidla en annonçant que la Commission préparait une communication sur le travail non déclaré dans l'UE.
N'y a-t-il pas un risque, en voulant faire de l'Europe un pôle d'attraction en matière d'études scientifiques et d'ingénierie, de refouler les sciences humaines dans le bas de l'échelle ? « Nous avons besoin d'ingénieurs et de personnes qui ont des qualifications en sciences humaines. L'économie c'est aussi l'humain », a répondu Vladimir Spidla. «Je suis ingénieur et je n'ai aucun problème avec les sciences humaines », a enchaîné Jan Figel en précisant: « Je ne pense pas qu'il y ait contradiction entre les sciences humaines et les nouvelles technologies. Elles sont complémentaires ». Et de rappeler que l'Institut universitaire de Florence a été créé il y a plus de 30 ans, et aujourd'hui on parle de créer un Institut européen des technologies ! « Aspects économique et sociétal vont de pair », a conclu le commissaire Figel.
Comment l'Europe peut-elle aider les jeunes talents, qui sortent du schéma traditionnel d'enseignement, à utiliser leurs compétences particulières pour trouver un emploi ? « On doit cultiver la créativité. Tout le monde a des atouts et des talents différents », a répondu Jan Figel qui préconise la méthode des « trois T - Talent, Technologie, Tolérance - afin de créer les meilleures conditions en Europe pour la créativité ». Infos: http: //ec.europa.eu/youth (gb/il).