Bruxelles, 05/09/2007 (Agence Europe) - La Région de Bruxelles-capitale et la Commission européenne ont annoncé, mercredi 5 septembre, avoir trouvé un terrain d'entente sur les grandes lignes du « nouveau schéma directeur » de développement du quartier européen qui, à Bruxelles, abrite les bureaux des institutions européennes. L'objectif de la Commission est surtout de disposer de nouveaux bureaux pour accueillir les nouveaux fonctionnaires, tandis que la Région de Bruxelles-capitale entend préserver et développer la mixité du site du quartier européen (pôle économique et international, pôle résidentiel et un pôle culturel et récréatif). Le programme commun entre la Commission et la ville de Bruxelles peut se résumer en deux chiffres clés: 400.000 m² de bureaux pour la Commission européenne, construits de part et d'autre de la rue de la Loi et environ 180.000 m² de logements dans l'ensemble du quartier européen.
À la fin du mois de juin 2007, la Commission occupait à Bruxelles un espace d'environ 865.000 m², répartis entre 61 bâtiments et abritant au total près de 22.000 employés (fonctionnaires et contractuels). Les locaux de la Commission sont essentiellement regroupés sur trois sites différents: - « le quartier européen » (710.000 m² abritant près de 19.000 membres du personnel) ; - le site de Beaulieu (80.000 m² abritant 2 000 fonctionnaires) ; - et le site de la rue de Genève/Da Vinci (56.500 m² et 1 250 membres du personnel). Dans une communication adoptée le même jour sur la politique d'installation de ses services à Bruxelles et à Luxembourg, la Commission confirme sa volonté de poursuivre une approche « multipolaire »: réaménagement du quartier européen comme site principal des activités de la Commission, parallèlement au développement d'un maximum de trois grands pôles hors de celui-ci.
Lors d'une conférence de presse, le commissaire européen responsable des affaires administratives, Siim Kallas, a souligné l'importance de « renforcer et de rationaliser » l'approche existante: planification à long terme des besoins en espace (pour éviter de procéder à des acquisitions au coup par coup ou de louer des bâtiments) et amélioration des procédures pour l'achat et la location d'immeubles (faire jouer davantage la concurrence pour les passations de marchés dans l'immobilier). Il a précisé que la Commission et la Région de Bruxelles se sont accordées sur le développement du quartier européen, lequel ne doit pas devenir un « ghetto administratif », mais rester un site à « visage humain », avec des logements et des activités commerciales.
Le ministre-Président de la Région de Bruxelles-capitale, Charles Picqué, a tenu à saluer « le climat de confiance » qui a régné dans l'élaboration du projet de schéma directeur pour le quartier européen. Il a expliqué que la région a souhaité tenir compte des souhaits suivants de la Commission: - rationnaliser le nombre de sites ; - disposer d'immeubles d'une certaine taille (entités de 50.000 m2 pas trop éloignées les unes des autres) ; - et intégrer les bâtiments dans le tissu de la ville. Les parties ont retenu un périmètre délimité par la « petite ceinture » (périphérique intérieur), le « jardin du Maalbeek » et la rue Joseph II. Selon M. Picqué, ce périmètre de travail a l'avantage d'être une zone à forte concentration d'immeubles de la Commission (autour de la rue de la Loi).
Le ministre a donné des précisions sur le scénario retenu: la rationalisation sera appliquée au bloc d'immeubles qui jouxtent la rue de la Loi (entre le petit « ring » et la chaussée d'Etterbeek) et le total des m2 construits dans le périmètre s'élève à 490.000m2, dont 170.000 sont occupés par la Commission. Et cette dernière souhaite s'adjoindre 230.000 m2 de plus (qu'elle détient en location et en propriété) en d'autres endroits du quartier européen. « L'idée n'est pas d'accroître la concentration du bureau à l'échelle de tout le quartier, mais de rationnaliser les implantations ». En outre, un certain nombre de principes d'organisation du quartier ont été actés entre la Commission et la région de Bruxelles-capitale, dont: - la création d'un cordon de logements sur la partie sud des îlots de la rue de la Loi ; - la création d'un cordon de commerces ; - la possibilité d'un enfouissement du trafic de transit sous la rue de la Loi, ce qui permettrait la reconversion de cette rue en voierie locale à double sens (une étude de faisabilité doit encore être menée).
Enfin, un programme des affectations a été proposé: 710.000 m2 de bureaux, dont 400.000 pour la Commission européenne.
Pas de Bruxelles DC
En répondant à des questions de la presse, M. Picqué a précisé que la région bruxelloise négociait avec les autres institutions (Parlement européen et Conseil des ministres), « de manière à emboîter l'ensemble des besoins des institutions européennes dans un planning urbanistique cohérent ». Enfin, il s'est opposé à l'idée de faire de Bruxelles un district européen comparable à Washington DC (cette suggestion est souvent évoquée dans le pays où la crise politique qui sévit depuis près de trois mois alimente les craintes d'une séparation entre Flamands et Wallons). « J'ai toujours considéré que les Bruxellois devaient rester maîtres du destin de leur ville. Dans les secousses que connaît le pays, Bruxelles doit confirmer sa vocation internationale et son maillon fédérateur de la Belgique », a renchéri le ministre. (lc)