Bruxelles, 19/07/2007 (Agence Europe) - Dans son discours de présentation du 4ème rapport sur la cohésion économique et sociale, lors de la session plénière du Comité économique et social européen (CESE), le 12 juillet à Bruxelles (voir EUROPE n°9469/9470), Danuta Hübner a souligné, sur base des statistiques les plus récentes, « la nécessité d'établir et d'avoir une compréhension commune des principaux défis auxquels les régions européennes seront confrontées après 2013 ». Pour la Commissaire, le 4ème rapport sur la cohésion économique et sociale fournit déjà quelques premières indications:
(1) le défi démograhique. Le taux de croissance de la population européenne est quasi nul aujourd'hui, et la population commencera son déclin d'ici 2020. Entre 2000 et 2005, 86% de la croissance de la population provenaient essentiellement de la migration, a indiqué Mme Hübner en ajoutant qu'aujourd'hui déjà, 85 régions de l'UE (principalement dans les nouveaux Etats membres) vivent cette expérience du déclin de leur population, tandis que 76 régions enregistrent une croissance de leur population grâce au phénomène migratoire. Ces tendances limiteront la future croissance de l'emploi. Malgré le fait que le taux d'emploi devrait continuer à augmenter jusqu'aux alentours de 2017, grâce une plus grande participation de la main-d'œuvre, le déclin commencera juste après.
(2) le défi des changements de notre structure économique. Une grande partie des régions de l'UE ont une activité économique très concentrée dans des secteurs où la compétitivité des économies émergentes est très forte. Ainsi, a expliqué la Commissaire, 39 régions ont plus de 3% de leur emploi total qui est concentré dans l'industrie du vêtement, du textile et du cuir, un pourcentage qui atteint 13% dans la région nord du Portugal.
Les activités économiques de pointe sont concentrées géographiquement dans quelques centres urbains. Cette situation crée des opportunités mais engendre aussi congestion, pauvreté, haut taux de chômage comme c'est le cas par exemple dans certaines villes en France, en Belgique, dans le sud de l'Italie ou en Hongrie. Autre constat: les gens fuient le coeur des villes et vont s'installer dans les faubourgs où l'on relève pour cette raison une croissance supérieure et une tendance de l'activité économique de suivre cette décentralisation.
(3) le défi du changement climatique. Beaucoup de régions seront de plus en plus confrontées à un impact asymétrique de ce changement tant en termes de nouveaux défis que de fourniture et efficacité énergétiques. D'une part, 7% des citoyens de l'UE vivent dans des zones à haut risque d'inondations, et d'autre part, 9% vivent dans des régions où il y a en moyenne 120 jours par an sans pluie. Ceci a des conséquences sur le tourisme et sur l'agriculture dans certaines régions.
(4) le défi des capacités de formation pour rester compétitif dans une économie de la connaissance. Pour atteindre les objectifs de la stratégie de Lisbonne (taux d'emploi de 70%), il faut créer 20 millions de nouveaux emplois d'ici 2010, dont ¼ doivent être attribués aux femmes et un autre ¼ aux personnes de 55-64 ans. Ces emplois devraient être créés idéalement dans la plupart des nouveaux Etats membres ainsi que dans les régions du sud de l'UE des 15, a noté Danuta Hübner.
(5) le défi des disparités régionales. Elles restent toujours très fortes et sont dues à l'élargissement de l'UE. Malgré des taux de croissance impressionnants dans les nouveaux Etats membres de l'UE, et une convergence de la plupart des régions de l'UE 15, il y a encore 70 régions où un total de 123 millions de citoyens vivent avec un PIB/habitant inférieur à 75% de la moyenne communautaire.
Ensuite, la Commissaire a examiné comment les politiques aux niveaux national et communautaire ont opéré dans le passé. Mme Hübner a notamment indiqué que les investissements publics des années précédentes sont en net déclin du fait que les budgets sont confrontés aux conséquences financières du vieillissement de la population (réforme des systèmes de pensions, systèmes de formation et de soins de santé qui coûtent plus chers). En même temps, Mme Hübner a indiqué que nous sommes témoins d'un processus par lequel la décision et la gestion des investissements publics se décentralise petit à petit mais sûrement vers les niveaux régional et local. Ainsi, entre 2000 et 2005, les dépenses publiques à ces niveaux se sont accrues de 3,6% par an, soit plus vite que le PIB (1,7%) et les dépenses publiques globales (2,4%). Avec comme résultat que la part des autorités locales et régionales dans les investissements publics s'est accrue de 25,4% à 26,8%. Dans certains pays, comme l'Espagne, la Finlande, le Portugal et le Danemark, cette proportion s'est même accrue de près de 10 %. Le rapport souligne également que dans les quatre pays de cohesion, les investissements publics dans les infrastructures, les ressources humaines, la modernisation et la diversification des économies régionales ont amené, entre 2000 et 2005, des investissements globaux d'un montant supérieur d'environ 25% de ce qu'il y aurait eu sans politique de cohésion. La Commissaire a également rappelé que le Fonds social européen (FSE) a aidé, chaque année, 11% de chômeurs européens à trouver un emploi.
Enfin, le rapport formule un ensemble de questions sur la manière dont la politique de cohésion pourra s'adapter aux nouveaux défis globaux et comment sa réponse pourra être améliorée pour maximiser son impact sur l'avenir. (gb)