login
login
Image header Agence Europe
Bulletin Quotidien Europe N° 9472
Sommaire Publication complète Par article 11 / 39
INFORMATIONS GENERALES / (eu) ue/peche

La Commission ne rouvre pas la pêche à l'anchois dans le golfe de Gascogne - la France indemnisera ses pêcheurs concernés

Bruxelles, 19/07/2007 (Agence Europe) - La Commission européenne a décidé, mercredi 18 juillet dans la soirée, de ne pas accepter la demande française d'une réouverture de la pêche à l'anchois dans le golfe de Gascogne. La France, qui lance un plan d'aide de 15 millions d'euros (en partie financé par les crédits du Fonds européen pour la pêche) pour ses pêcheurs affectés par cette décision, demandait la reprise « limitée » de cette pêche, avec un quota de 3000 à 4000 tonnes pendant trois mois. La Commission n'a pas jugé recevables les arguments français pour justifier une reprise de l'activité, et s'en est tenue scrupuleusement aux conclusions, rendues fin juin, par le Comité scientifique, technique et économique de la Pêche (CSTEP).

La Commission rappelle que le CSTEP a évalué à 30.000 tonnes la quantité actuelle de poissons adultes dans le stock, ce qui est plus élevé que les 18.640 tonnes relevées au printemps dernier, « mais bien en dessous du niveau auquel la pêche commerciale pourrait reprendre sans danger pour le stock concerné ». Etant donné l'état d'épuisement de ce stock et le fait que l'anchois a une durée de vie courte, « il est essentiel que chaque anchois adulte ait la possibilité de contribuer à la reconstitution du stock », explique la Commission, pour motiver son refus de rouvrir la pêche. Fermée depuis juillet 2006, cette pêche restera interdite au moins jusqu'à la fin de l'année.

Après avoir négocié en vain avec l'Espagne la réouverture de la pêche, les autorités françaises ont transmis vendredi dernier à la Commission leurs propositions: l'ouverture, d'août à fin octobre, d'un quota d'anchois de 3000 à 4000 tonnes pour pouvoir faire vivre toutes les structures portuaires qui dépendent de cette espèce. Selon la France, la biomasse en-dessous de laquelle l'espèce est vraiment menacée se situerait aux alentours de 21 000 tonnes. Comme le CSTEP table sur un stock de poissons adultes de 30 000 tonnes, rien n'empêche scientifiquement à ce que les pêcheurs d'anchois obtiennent le rétablissement d'un quota minimal, disaient les Français. Mais la Commission a tenu compte de l'inquiétude de ses scientifiques sur la faiblesse du recrutement des anchois d'un an (appelés à assurer la reproduction de l'espèce dans les années à venir).

Dans un communiqué de presse publié dans la soirée de mercredi, le ministère français de l'agriculture et de la pêche juge « difficilement compréhensible » cette décision de la Commission. Particulièrement remontée contre la pression incessante exercée par l'Espagne contre la reprise de cette pêche, « la France déplore une gestion qu'elle juge inéquitable de cette pêcherie et entend faire vérifier publiquement les conditions de fixation de totaux autorisés de captures pour des espèces de poisson pour lesquelles les experts recommandent, comme pour l'anchois, la fermeture de la pêche ». C'est le cas, notamment, de certaines espèces prisées par la flotte de pêche espagnole, comme la lotte, la langoustine et le merlu.

Le ministre français, Michel Barnier, a annoncé le déblocage d'une enveloppe de 15 millions d'euros de crédits nationaux et européens destinée à: - indemniser les professionnels (marins-pêcheurs et armateurs) obligés d'interrompre leurs activités pendant la fermeture de la pêche à l'anchois ; - lancer « un plan de sortie » de flotte pour les professionnels qui le souhaitent ; - lancer un plan de sauvetage et de modernisation de la flotte des navires qui capturent l'anchois. Pour rappel, un peu moins de 100 navires français vivent de l'anchois sur le littoral atlantique. L'Espagne compte une flotte de 200 navires pêchant l'anchois dans le golfe de Gascogne. L'Espagne a aussi décidé d'indemniser ses pêcheurs (40 euros par matelot et par jour d'arrêt des activités).

Enfin, la France demande à la Commission de préparer « dans les plus brefs délais un véritable plan communautaire de gestion de l'anchois ». « Ce plan permettra d'assurer la nécessaire protection de la ressource et le maintien de l'activité durable de cette pêcherie dans le golfe de Gascogne. La France formulera prochainement des propositions détaillées en ce sens », conclut M. Barnier. (lc)

Sommaire

AU-DELÀ DE L'INFORMATION
JOURNEE POLITIQUE
INFORMATIONS GENERALES