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Bulletin Quotidien Europe N° 9472
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Grincements de dents à Brasilia, Washington et Paris

Bruxelles, 19/07/2007 (Agence Europe) - Le projet de compromis sur les modalités de libéralisation des échanges en agriculture et sur les produits industriels (NAMA) mis sur la table mardi à Genève par les présidents des Comités de négociations agricoles et sur les NAMA, Crawford Falconer et Don Stephenson (EUROPE n° 9470 et 9471), n'enchante pas dans les capitales des trois puissances agricoles mondiales.

Si la Commission a salué mardi un « pas en avant utile » malgré des « points de préoccupation importants », la France n'a pas manqué, par la voix de son ministre de l'Agriculture, de faire part de son mécontentement. Les propositions contenues dans le projet de compromis Falconer/Stephenson confirment le « profond déséquilibre » de la négociation du round de Doha, a estimé mardi Michel Barnier qui s'est dit « préoccupé par l'absence de réciprocité s'agissant des efforts demandés aux différents membres de l'OMC, en particulier sur le soutien interne et les subventions à l'exportation pour l'agriculture ». M. Barnier s'est également dit « inquiet des propositions sur l'accès au marché qui sont de nature à remettre en cause les équilibres économiques de notre secteur agricole ». Le ministre français a par ailleurs souhaité qu'un « dialogue approfondi » ait lieu entre la Commission et les Etats membres pour décider d'une « réaction forte » de l'UE aux documents de MM. Falconer et Stephenson. Un dialogue qui prendra d'abord la forme d'une discussion au Comité 133 ce vendredi avant un dîner réunissant les ministres du Commerce de l'UE dimanche soir à Bruxelles autour du commissaire au Commerce Peter Mandelson. L'objectif est clair: les Vingt-sept doivent accorder leurs violons avant de remettre une première réaction lundi à Genève.

Washington n'a pas été moins critique envers les médiateurs à l'OMC en n'hésitant pas à qualifier dès mardi les documents Falconer/Stephenson de « brouillons ». La proposition visant à réduire à une fourchette allant de 66 à 73% le plafond pour l'ensemble des soutiens internes américains de nature à fausser les échanges, ce qui le ramènerait dans une fourchette de 13 à 16,4 milliards de dollars par an, est « inacceptable », a déclaré mercredi un responsable de l'administration Bush sous couvert d'anonymat. Le responsable américain a ajouté que le projet de compromis Falconer/Stephenson n'apportait pas aux agriculteurs américains la protection dont ils ont besoin pour encaisser les variations des prix des récoltes. Un projet qui, selon lui, ne se concentre par ailleurs pas assez sur la réduction des droits de douane sur les produits importés.

MM. Falconer et Stephenson n'ont pas été épargnés non plus par le Brésil. Depuis Genève, le chef de la diplomatie brésilienne Celso Amorim a estimé mercredi que le projet de compromis avancé par les médiateurs de l'OMC exige trop de concessions de la part des pays émergents sur les échanges en biens industriels. « Je pense que les textes ont des défauts », a estimé M. Amorim devant la presse, avant d'ajouter: « ils sont plus ambitieux sur les produits industriels qu'ils ne le sont sur l'agriculture. Un équilibre est nécessaire ». Rappelons que le texte de M. Stephenson propose des coefficients de réduction tarifaire dans des fourchettes comprises entre 19 et 23 pour les pays en développement. Lors de la réunion du G-4 à Potsdam, le Brésil et l'Inde ont refusé de descendre en deçà d'un coefficient de 30. (eh)

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