Bruxelles, 09/07/2007 (Agence Europe) - Le ministre algérien de l'Energie Chakib Khelil, le directeur général du ministère nigérian des ressources pétrolières Tony Chukwueke et le ministre nigérien de l'Energie Mohammed Abdoullahi étaient les invités de marque d'une conférence organisée lundi à Bruxelles par les énergéticiens algérien Sonatrach et nigérian NNPC, en charge de la réalisation de l'ouvrage, pour promouvoir le projet de gazoduc transsaharien destiné en grande partie à alimenter l'Europe en gaz nigérian. Toujours enthousiaste à promouvoir de nouveaux projets de pipelines ou gazoducs dans les pays tiers pouvant contribuer à la diversification et la sécurité de l'approvisionnement énergétique de l'Union, le commissaire à l'Energie Andris Piebalgs était également présent pour témoigner de son soutien de principe au projet et stimuler la mobilisation de ressources financières et la participation d'investisseurs européens au projet.
S'inscrivant dans le cadre du Nouveau partenariat pour le développement de l'Afrique (NEPAD, projet de développement initié par plusieurs chefs d'État africains), le Trans-Saharan Gas Pipeline (TSGP) est un projet de transport de gaz d'envergure intercontinentale qui doit relier, via le Niger, le Nigeria à l'Algérie puis à l'Europe par l'intermédiaire des gazoducs sous-marins Medgaz (connexion avec l'Espagne) et Galsi (connexion avec l'Italie par la Sardaigne). D'une capacité de transport prévue de 20 à 30 milliards de m³ par an, le TSGP aura une longueur de 4 188 kilomètres, dont 1 037 sur le sol nigérian, 841 sur le sol nigérien et 2 310 en territoire algérien. L'ouvrage, dont le coût est estimé à 10 milliards de dollars, doit entrer en service en 2015. Il sera, en outre, doublé d'un réseau de télécommunication en fibre optique.
« Nous ne sommes pas encore au stade de la société de projet (du consortium qui gérera le projet, NDLR) », a expliqué devant la presse M. Khelil qui, comme ses homologues nigérian (M. Chukwueke s'exprimait au nom de son ministre Edmund Daukoru) et nigérien, a lancé un appel à la communauté internationale et européenne - Etats, institutions multilatérales, industriels et banques - à se joindre aux efforts de Sonatrach et NNPC pour la réalisation du projet. Les représentants gouvernementaux algériens, nigérians et nigériens se sont notamment appuyés sur les résultats d'une étude de faisabilité du projet conduite entre mai 2005 et septembre 2006 par le consultant Penspen/IPA. Une étude « qui a démontré la viabilité du projet tant du point de vue financier, technique qu'international », a assuré M. Abdoullahi, dont le pays assurera le transit du gaz nigérian. Interrogés par EUROPE, MM. Khelil, Chukwueke et Abdoullahi ont également assuré devant la presse de la sécurité de l'infrastructure au regard de possibles risques terroristes.
L'objectif du projet TSGP est double. Il est d'abord un « projet structurant pour le continent africain », a assuré M. Khelil. Un projet de développement d'envergure pour des régions qui, comme le centre et le nord du Nigeria et le grand sud algérien, sont dépourvues d'infrastructures gazières et pourront ainsi bénéficier de l'alimentation en gaz. Le Niger, pays de transit, et les pays limitrophes, le Mali et le Burkina Faso, pourront également tirer profit du projet, l'arrivée du gaz naturel dans ces régions devant favoriser la création de zones économiques viables et propres et, en aidant à fixer la population, diminuer les flux migratoires vers l'Europe. L'arrivée en gaz naturel permettra, en outre, de préserver dans ces régions l'utilisation du bois pour leurs besoins d'énergie, un bois prélevé sur les maigres surfaces boisées, seuls remparts contre la désertification.
Le TSGP est également un projet visant la sécurité de l'approvisionnement gazier de l'Union dont le delta du Niger est deux fois plus proche que ne l'est la Sibérie occidentale qui constitue actuellement le plus grand réservoir de gaz russe. Un objectif stratégique pour une Union européenne en quête de diversification de ses approvisionnements. Disposant de deux tiers des réserves de gaz du continent africain, l'Algérie et le Nigeria pourraient en effet être amenés à jouer un rôle non négligeable dans la sécurisation énergétique de l'Europe. S'exprimant lors de la conférence, Andris Piebalgs a assuré aux représentants gouvernementaux des trois pays parties prenantes au projet d'une « sécurité de la demande [européenne, NDLR] garantie ». (eh).