Bruxelles, 08/07/2007 (Agence Europe) - La Commission européenne a de nouveau demandé aux Etats membres accusés d'avoir hébergé des prisons secrètes de mener d'urgence des enquêtes indépendantes pour réparer les dommages causés aux victimes. Dans l'exposé des motifs de son second projet de rapport, qui a été rendu public vendredi 8juin, Dick Marty, rapporteur du Conseil de l'Europe sur les détentions secrètes et les transferts illégaux de détenus, assure que « les plus hautes autorités » de la Pologne et de la Roumanie étaient « au courant des activités illégales de la CIA sur leur territoire ». M. Marty a assuré que ces deux pays ont abrité des centres secrets de détention entre 2002 et 2005. En Pologne, il accuse notamment Aleksander Kwasniewski, l'ancien président, et Marek Siwiec, le député socialiste européen, alors chef du bureau de la sécurité nationale. En Roumanie, il met en cause l'ancien président, Ion Iliescu, et l'actuel président, Traian Basescu, ainsi que plusieurs autres responsables. Friso Roscam-Abbing, le porte-parole du Commissaire Franco Frattini, a déclaré vendredi que la Commission était « effectivement très inquiète » à propos des conclusions du rapport de M. Marty, se refusant toutefois à commenter en détail ces allégations, tant que la Commission n'a pas analysé les 70 pages du document. « De réelles enquêtes devraient être menées rapidement dans les Etats membres concernés - et ce n'est pas encore le cas - pour établir les responsabilités et permettre aux victimes d'obtenir des compensations pour les dommages » causés, a-t-il toutefois déclaré. (bc)