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Bulletin Quotidien Europe N° 9442
JOURNEE POLITIQUE / (eu) ue/asie centrale

Une approche européenne plus coordonnée

Bruxelles, 08/06/2007 (Agence Europe) - « Le moment est venu pour un nouveau partenariat entre l'UE et l'Asie centrale dans un monde globalisé », annonce d'emblée le texte qui sera adopté lors du Conseil européen de juin et qui fonde la nouvelle stratégie européenne dans la région. Le regard tourné vers l'est, la Présidence allemande a ainsi fait des pays d'Asie centrale une priorité de son mandat. Souhaitant renforcer la coopération politique et économique avec le Kazakhstan, le Kirghizstan le Tadjikistan, le Turkménistan et l'Ouzbékistan, l'UE tente de mettre un pied dans une région riche en ressources énergétiques, où Américains, Russes ou Chinois sont déjà présents. Mais le champ du partenariat est plus large et porte notamment sur la démocratisation de ces pays, dont les organisations de défense des droits de l'Homme dénoncent le maigre bilan en la matière. Etant donné leur proximité, l'impact de leur évolution politique, stratégique et économique et la présence d'importantes ressources énergétiques, l'UE a un intérêt pour la sécurité et la stabilité dans les pays d'Asie centrale, indique le texte, qui doit encore être avalisé par les ministres des Affaires étrangères avant d'être transmis aux chefs d'Etat ou de gouvernement. « Le développement et la consolidation de sociétés stables, justes et ouvertes, qui respectent les normes internationales est essentiel (…) », insiste le nouveau partenariat, qui combine une dimension régionale et cinq approches bilatérales. Les initiatives portent sur:

Droits de l'Homme, Etat de droit, bonne gouvernance et démocratisation. L'UE et les Etats membres entendent intensifier leur soutien à la protection des droits de l'Homme et à la création d'un pouvoir judiciaire indépendant (une initiative pour l'Etat de droit est notamment prévue pour appuyer les réformes). Un dialogue structuré et régulier sera mis en place avec chaque pays d'Asie centrale, mais sa forme et ses modalités restent à définir. Les objectifs d'un tel mécanisme sont d'évoquer les questions d'intérêt mutuel et d'améliorer la coopération au sein d'enceintes internationales (ONU, OSCE), ainsi qu'à soulever les inquiétudes de l'UE quant à la situation des droits de l'Homme dans ces pays. Et d'insister sur l'indépendance des médias et sur les échanges au sein de la société civile, mais sans prévoir d'initiative précise.

Education. Se concentrant sur l'adaptation des systèmes éducatifs et de formation, l'UE et les Etats membres se proposent d'établir une initiative européenne pour l'éducation en faveur de l'Asie centrale, d'ouvrir des instituts d'études européennes dans la région et d'offrir des bourses aux étudiants désireux de se rendre dans des universités européennes.

Promotion économique, commerce et investissement. L'UE soutient le retrait des barrières commerciales entre les pays d'Asie centrale et continuera de soutenir l'adhésion à l'OMC des quatre pays qui ne sont pas encore membres (seule la République kirghize l'est). Les Européens veulent promouvoir un environnement règlementaire et institutionnel favorable aux entreprises et la diversification des ces économies (par le biais notamment du nouveau système de préférences généralisées 2006-2015). L'amélioration des infrastructures de transport, énergie et commerce, ainsi que des structures de l'économie (grâce à des partenariats public-privé et de programmes d'assistance) est aussi prévue.

Energie et transport. Sur ce plan, « l'UE et l'Asie centrale partagent un intérêt suprême à accroître la sécurité énergétique (…) » et il y a un intérêt commun à diversifier les voies d'exportations, les structures de demande et d'approvisionnement et les sources d'énergie. La gestion de l'eau est un aspect décisif de la coopération et le potentiel de la production hydraulique n'a pas été suffisamment exploité jusqu'à présent, constate le document. Mais une exploitation du gaz et du pétrole contribuera aussi à un meilleur approvisionnement du marché mondial et l'UE soutiendra la prospection de nouvelles ressources gazières, pétrolières et hydrauliques. Les éléments clés d'un partenariat à long terme en la matière pourront être « établis dans les années qui viennent », indiquent les Européens, qui appellent à investir en faveur des équipements énergétiques sur place (développement de pipelines additionnels et de réseaux de transport) et sont prêts à envisager toutes les options pour le développement et le transport de ces ressources, en coopération avec les partenaires intéressés. Plus généralement, l'UE souhaite mener un dialogue énergétique régulier avec les pays d'Asie centrale et favoriser la création d'un marché intégré de l'énergie pour l'Asie centrale. Ses activités seront basées sur la Charte de l'énergie et des protocoles d'accords bilatéraux.

Environnement durable et eaux. L'allocation, la protection et la qualité des eaux est un enjeu majeur pour l'Asie centrale, qui, avec des rivières, des lacs et des mers à cheval sur plusieurs pays, doit mettre en place une approche régionale intégrée. Le dialogue environnemental lancé au printemps 2006 constituera la base de la coopération avec l'Europe.

Lutte contre les menaces et les défis communs. La gestion des frontières est décisive dans la lutte contre la criminalité dans la région, en particulier le trafic international de drogue. L'assistance dans la lutte contre le crime organisé une priorité pour l'UE, qui souhaite contribuer à la modernisation du contrôle des frontières dans la région, y compris celles avec l'Afghanistan. Et d'offrir également son aide pour une gestion plus équilibrée des migrations.

Dialogue interculturel. L'UE entend promouvoir le dialogue au sein de la société civile et le respect pour la liberté de religion.

Pour l'ensemble de ces questions, plusieurs instruments de coopération sont disponibles (accords de partenariat et de coopération, programmes de la Commission ou des Etats membres, initiatives de partenariat public-privé, jumelages entre personnel d'administrations publiques ou d'entreprises, etc.). L'UE souhaite aussi en instaurer de nouveaux (dialogue bilatéral régulier sur les droits de l'Homme) ou renforcer le rôle de la Banque européenne d'investissement (BEI) dans le financement de projets pour lesquels l'UE a un intérêt particulier. L'Union souhaite aussi ouvrir des délégations de la Commission dans chacun des cinq pays et les Etats membres envisageront d'étendre leurs réseaux d'ambassades dans la région. Le Conseil de l'UE rendra un premier rapport de progrès sur la mise en œuvre de cette stratégie d'ici juin 2008 et au moins tous les deux ans par la suite. (ab)

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