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Bulletin Quotidien Europe N° 9431
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INFORMATIONS GENERALES / (eu) ue/social

Jean-Claude Trichet et les syndicats européens s'affrontent à Séville sur la question des augmentations de salaires

Bruxelles, 23/05/2007 (Agence Europe) - Affrontement mardi à Séville entre les syndicalistes européens et le Président de la Banque centrale européenne (BCE), Jean-Claude Trichet, sur la question des augmentations salariales en Europe, revendiquée haut et fort à la veille du Congrès de la CES par son Secrétaire général John Monks (voir EUROPE n° 9429).

Défendant la stratégie de la BCE, Jean-Claude Trichet a préconisé « d'éviter des évolutions salariales qui peuvent entraîner des pressions inflationnistes ». Il s'est ainsi opposé une nouvelle fois à une montée des salaires qui risque de compromettre la stabilité des prix et d'avoir un effet négatif sur l'emploi en augmentant le coût du travail pour les entreprises. « La stabilité des prix est indispensable à la croissance et à la création d'emplois, l'idée est étayée par toutes les recherches faites », a-t-il précisé dans son discours devant les participants au débat sur « les politiques salariales dans l'Union monétaire européenne ». «La stabilité des prix est importante mais pas aux dépens des salariés qui doivent aussi bénéficier de l'augmentation de la productivité », a répondu vertement Wanja Lundby-Wedin, Présidente du syndicat suédois LO et Présidente nouvellement élue de la CES (voir autre nouvelle). Quant au Président du syndicat allemand IG-Metall, Jürgen Peters, il a affirmé que « les bas salaires ne créent pas d'emplois ». Enfin, Guglielmo Epifani , Secrétaire général du syndicat italien CGIL, a mis en garde contre le fait que « les problèmes de méfiance à l'égard de l'Europe et de la BCE pourraient donner lieu à des problèmes très graves » en fustigeant « cette culture de diminution des salaires ».

Pour ce qui est de l'idée d'un salaire minimum européen, M. Trichet a déclaré que ces salaires « devraient être suffisamment différenciés entre les pays » pour refléter les écarts économiques au sein de l'Europe. « Un salaire minimum serait une bonne solution si les conditions étaient réunies, mais je ne pense pas que ce soit le cas pour l'instant », a commenté John Monks à l'AFP, en rappelant que « la différence de salaire entre la Pologne et l'Allemagne va de un à cinq ! ». L'idée d'une règle européenne qui pourrait obliger chaque Etat membre à fixer un salaire minimum équivalent, par exemple être fixé à 60% du salaire moyen au niveau national, ne fait toutefois pas l'objet d'un consensus entre syndicats européens. Ainsi, les syndicats des pays où les partenaires sociaux - et non l'Etat - fixent ce salaire minimum par la négociation, comme en Suède, n'en veulent pas. Dans d'autres pays, le salaire minimum est fixé branche par branche, ou tout simplement il n'existe pas. C'est à cause de ce manque de consensus entre syndicats que la CES a décidé de s'en tenir à revendiquer seulement une hausse des salaires et de laisser de côté l'exigence d'un salaire minimum européen. (gb)

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