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Bulletin Quotidien Europe N° 9428
INFORMATIONS GENERALES / (eu) ue/uem

Oui à l'adoption de l'euro par Chypre et Malte au 1er janvier 2008

Bruxelles, 16/05/2007 (Agence Europe) - En 2008, la zone euro comptera quinze pays membres. C'est en tout cas la proposition de la Commission et de la Banque centrale européenne (BCE), qui ont comme prévu recommandé d'élargir la zone euro à Chypre et Malte dès le 1er janvier prochain. Les deux prétendants ont atteint un degré élevé de convergence économique, a souligné mercredi Joaquín Almunia, en présentant à la presse son évaluation du respect des critères de Maastricht. Les ministres des Finances se pencheront sur ces rapports de convergence le 5 juin prochain, a précisé le Commissaire chargé des affaires économiques et monétaires, qui confirme le calendrier prévu. Après aval des chefs d'Etat ou de gouvernement au Conseil européen des 21 et 22 juin, les ministres prendront une décision finale lors de l'Ecofin de juillet, autorisant, d'une part, l'entrée de Chypre et Malte dans la zone euro et établissant, d'autre part, le taux de conversion fixe et irrévocable entre la monnaie nationale et l'euro. Au plan des préparatifs pratiques pour le basculement vers l'euro, Malte s'en tire « très, très bien » alors que Chypre devra encore renforcer son dispositif, a insisté M. Almunia. Voici la situation au regard des différents critères de convergence:

Inflation. Les deux pays affichent des taux bien en dessous de la valeur de référence (3%) durant la période de douze mois qui s'est achevée en mars dernier, où le taux moyen était de 2% à Chypre et de 2,2% à Malte. Il devrait rester sous le seuil requis dans les mois qui viennent, observe la Commission, qui estime que ces niveaux modérés devraient se maintenir après l'adoption de l'euro. Tous deux devront rester vigilants pour limiter l'impact inflationniste, en gardant notamment un œil sur l'évolution des salaires, ajoute la Commission.

Situation budgétaire. En se prononçant pour la sortie du pays de la procédure pour déficit excessif (voir autre nouvelle), la Commission a ouvert la voie à l'adoption de l'euro par Malte. Elle a considéré que La Valette a corrigé son déficit de manière crédible et durable (2,6% en 2006 et 2,1% en 2007) et que sa dette se rapproche à un rythme satisfaisant de la valeur de référence (66,5% en 2006, 65,9% en 2007 et 64,3% en 2008). Egalement sous le seuil des 3%, le déficit chypriote s'élevait quant à lui à 2,3% en 2005, 1,5% en 2006 et devrait être de 1,4% en 2007. La trajectoire de la dette à Chypre est également descendante, atteignant 65,3% en 2006 et probablement 61,5% en 2007, ajoute la Commission.

Taux de change. Ayant rejoint le mécanisme de change du système monétaire européen (MCE II) le 2 mai 2005 (EUROPE n° 8940), Chypre et Malte ont participé pendant la durée requise de deux ans à ce système qui est censé garantir la stabilité des taux de change. La livre chypriote et la lire maltaise sont restées stables et n'ont subi aucune tension grave.

Taux d'intérêt à long terme. Là encore le niveau atteint dans les deux pays est clairement sous la valeur de référence de 6,4% et cela depuis l'adhésion à l'UE dans le cas de Malte et depuis novembre 2005 dans le cas de Chypre. Durant l'année qui s'est achevée en mars 2007, le taux d'intérêt moyen à long terme était ainsi de 4,2% à Chypre et de 4,3% à Malte.

Compatibilité légale. Les deux pays ont aussi éliminé toutes les incompatibilités subsistant dans leur législation, pour assurer notamment l'indépendance de la Banque centrale nationale et le respect des statuts du Système européen de banques centrales (SEBC). Il s'agit de lois adoptées par les parlements maltais et chypriotes, respectivement les 28 février 2007 et 15 mars 2007.

La Slovaquie, qui a rejoint le MCE II en novembre 2005, souhaite adopter l'euro en 2009 (EUROPE n° 9392), alors que les pays baltes (Estonie, Lettonie et Lituanie), qui appartiennent eux aussi au mécanisme, ont révisé leurs ambitions initiales compte tenu des pressions inflationnistes qu'ils connaissent. La République tchèque, la Hongrie et la Pologne souhaitent se donner du temps et ne prévoient pas encore d'échéance pour répondre à leur obligation d'adhésion à la zone euro. Les capacités de la Roumanie et de la Bulgarie seront évaluées pour la première fois en 2008, à l'occasion du prochain rapport de convergence. (ab)

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