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Bulletin Quotidien Europe N° 9426
JOURNEE POLITIQUE / (eu) ue/russie

Les tensions qui se multiplient n'empêcheront pas le Sommet

Bruxelles, 14/05/2007 (Agence Europe) - Les relations avec Moscou restent tendues avant le Sommet de Samara, plusieurs éléments faisant toujours obstacle au lancement des négociations en vue d'un nouvel accord de partenariat et de coopération. La question de l'embargo russe sur la viande polonaise, qui a peu de chance d'être réglée à temps, l'attitude de Moscou vis-à-vis de l'Estonie, mais aussi la question énergétique sont autant de sujets de discorde avant le Sommet du 18 mai prochain. Le ministre allemand des Affaires étrangères, Frank-Walter Steinmeier, se rendra ce mardi auprès de son homologue russe, Serguei Lavrov, à Moscou pour tenter de débloquer la situation, même si aucun progrès spectaculaire n'est à attendre d'ici vendredi, indiquent plusieurs diplomates. La Présidence allemande, qui veut éviter une escalade des tensions, ne souhaite pas renoncer à un Sommet, même moins ambitieux. Lundi au Conseil « Relations extérieures », aucun Etat membre n'a ainsi demandé le report de cette rencontre et tous ont affiché leur intention de rester fermes et unis face à Moscou. Une position pragmatique, puisque les sujets de coopération entre l'UE et la Russie restent à l'ordre du jour dans le cadre de la mise en œuvre des quatre espaces communs, mais aussi sur les questions internationales ou régionales, comme le futur statut du Kosovo, dont Moscou a rejeté ce week-end à l'ONU un projet de résolution élaboré par les Américains et les Européens.

Si l'Estonie a reconnu lundi que la situation à Moscou s'était améliorée, son ministre des Affaires étrangères, Urmas Paet, a appelé Moscou à respecter à la fois la Convention de Vienne sur les relations diplomatiques et la Convention du Conseil de l'Europe sur la cybercriminalité (les attaques contre les sites Internet gouvernementaux estoniens proviendraient d'ordinateurs de l'administration russe, a-t-il par ailleurs indiqué). Il n'a néanmoins pas évoqué d'éventuel veto à l'ouverture des négociations. Varsovie a pour sa part rappelé que son aval au lancement des pourparlers était lié aussi bien à la levée inconditionnelle de l'embargo sur ses produits agricoles qu'à la question de la sécurité énergétique, deux points d'une importance égale, selon la ministre polonaise Ana Fotyga. Outre la position de la Pologne, qui pousse pour une reprise des principes de la Charte sur l'énergie dans le futur accord de partenariat, la question énergétique fait aussi l'objet d'exigences de la Lituanie. Lassé par le manque d'empressement des autorités russes à régler le problème de l'oléoduc de Druzhba, le ministre lituanien des Affaires étrangères a lui aussi montré des réticences à l'ouverture des négociations. Manifestant d'abord sa solidarité avec l'Estonie et la Pologne, Petras Vaitiekunas a ainsi expliqué à ses homologues que lorsque son pays suggère d'évaluer conjointement avec la Russie l'état actuel du pipeline, une telle proposition est « traitée par 10 mois d'ignorance » côté russe. Malgré nos efforts, le pipeline reste à sec depuis que la Russie, suite à une fuite de l'oléoduc, a suspendu l'approvisionnement de la raffinerie de Mažeikiai en Lituanie, a-t-il déploré. Et d'ajouter que sans progrès concrets, il serait dès lors prématuré de rechercher un nouvel accord à ce stade. Le Sommet devra confirmer l'interdépendance entre la Russie et l'UE, leurs intérêts mutuels et la parité de leur partenariat, a souligné M. Vaitiekunas, pour qui « les tentatives de Moscou de nous mettre en position de demandeurs concernant cet accord ne fonctionneront pas ».

Les questions vétérinaires, phytosanitaires et énergétiques seront donc évoquées à Samara, où les échanges ne donneront lieu à aucune conclusion ou déclaration conjointe. La réunion de vendredi portera aussi sur la mise en œuvre des quatre espaces communs, notamment du point de vue de l'énergie et du changement climatique, mais aussi sur l'adhésion de la Russie à l'OMC, la facilitation des visas, les accords de réadmission ou les libertés fondamentales, en particulier dans le contexte préélectoral en Russie. Au plan international le Kosovo, l'Iran et le Moyen-Orient figurent aussi à l'ordre du jour. (ab)

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