Bruxelles, 14/05/2007 (Agence Europe) - La quinzième session ministérielle de la commission du développement durable (CSD) des Nations unies, qui devait promouvoir de nouveaux engagements pour le climat, l'énergie, le développement industriel et la lutte contre la pollution de l'air (EUROPE n° 9421), a fait chou blanc, le 11 mai à New York. Faute d'ambition suffisante, le projet de déclaration finale n'a pu recueillir l'assentiment des Européens. Au nom de l'UE, Sigmar Gabriel, ministre fédéral allemand qui préside le Conseil Environnement, a préféré ne rien signer plutôt que d'avaliser un statu quo qui, selon lui, aurait adressé « un mauvais signal » au monde.
C'est en vain que l'UE, forte des engagements souscrits par le dernier Conseil européen des 8 et 9 mars en matière d'énergie et de climat, s'était notamment battue pour des objectifs contraignants pour les énergies renouvelables, pour l'intégration des politiques énergétiques dans l'exercice de planification nationale d'ici à 2010, pour un réexamen des questions énergétiques au sein de la CSD et pour un accord international sur l'efficacité énergétique.
L'espoir de l'UE qu'à la faveur des dernières publications du GIEC (Groupe intergouvernemental d'experts sur l'évolution du climat), la commission du développement durable de l'ONU prenne conscience de l'urgence d'agir et puisse insuffler un élan politique à la conférence des experts de l'ONU sur le changement climatique (Bonn, 7-18 mai) est donc déçu. Dans une déclaration conjointe publiée le 12 mai, la Présidence de l'UE et la Commission européenne expriment clairement cette « profonde déception ».
Sigmar Gabriel précise: « Le monde attendait de l'ONU qu'elle prenne des mesures concrètes pour s'attaquer à des questions essentielles comme l'éradication de la pauvreté via l'accès à des services énergétiques durables, à un coût abordable, l'efficacité énergétique, les énergies renouvelables, le changement climatique et la qualité de l'air. L'Union européenne a travaillé sans relâche au cours des deux dernières semaines pour négocier un accord de portée significative ». Stavros Dimas, Commissaire européen à l'environnement, ajoute: « Les défis que posent le changement climatique, la sécurité énergétique et la pollution de l'air sont mieux perçus qu'ils ne l'étaient il y a cinq ans. Ils exigent des engagements plus résolus et plus ambitieux en matière de politique internationale. Il est regrettable que la quinzième réunion de la CSD n'ait pas débouché sur des résultats ». C'est en effet un piètre signal pour les négociations internationales sur la lutte contre le changement climatique au-delà de 2012, qui doivent être lancées à Bali en décembre. (an)