Bruxelles, 09/05/2007 (Agence Europe) - « Le Kurdistan n'a jamais été une partie du problème, mais nous essayons d'être une partie de la solution », a déclaré mardi Massoud Barzani devant la commission des affaires étrangères du Parlement. « La séparation de l'Etat et de la religion est indispensable », a répété le Président du gouvernement autonome Kurde en Irak, réitérant son soutien à l'unité du pays à partir du moment où la Constitution irakienne est respectée, y compris sur le futur de la ville de Kirkouk. Des députés, comme Jan Wiersma (PSE, néerlandais) ou Joost Lagendijk (Verts/ALE, néerlandais) ont fait écho aux inquiétudes de certaines organisations internationales, qui craignent pour la liberté et l'équité du référendum prévu en fin d'année sur le rattachement au Kurdistan de cette ville pluriethnique. Si un rapport de l'International Crisis Group (ICG) évoque notamment le risque de violences liées au scrutin et préconise son report, M. Barzani s'est inscrit en faux contre cette éventualité. « Il nous faut aller de l'avant sur ce référendum car le reporter encore ne peut que déstabiliser la situation », a-t-il averti, jugeant que 80% des Irakiens avaient approuvé la Constitution, qui constitue la base juridique d'un règlement de la question de Kirkouk. Toutes les communautés vivant au Kurdistan seront assurées de pouvoir voter librement dans le respect de leurs convictions lors du référendum, a insisté M. Barzani, qui prévient: « Toute ingérence étrangère sur cette question est inacceptable ». A la question de José Ignacio Salafranca (PPE-DE, espagnol) sur un retrait éventuel des troupes américaines d'Irak, M. Barzani a répondu en prédisant « une guerre civile totale » dans le pays si tel était le cas. « Le PKK (Parti des Travailleurs du Kurdistan) est une question politique qui ne peut se résoudre par des moyens militaires », a-t-il déclaré à Cem Özdemir (Verts/ALE, allemand), se disant prêt à coopérer avec la Turquie sur la question. (ab)