Bruxelles, 09/05/2007 (Agence Europe) - Le futur partenariat que l'Union européenne entend développer avec l'Asie centrale reposera sur la complémentarité entre une dimension régionale et cinq approches bilatérales. En présentant, devant la commission des Affaires étrangères du Parlement européen, les grandes lignes de la future stratégie de l'UE, qui doit être adoptée par le Conseil européen, lors de sa réunion des 21 et 22 juin, Pierre Morel est aussi revenu, mardi 8 mai, sur les récents développements dans la région. Le représentant spécial, qui a été nommé dans la région il y a cinq mois, a souligné que cette stratégie devrait permettre de donner plus de cohérence à des activités trop dispersées à l'heure actuelle. « Il faut sortir de cette dispersion » et entamer « une approche constructive » et à long terme, a-t-il dit en expliquant que la coopération devrait comprendre des initiatives en matière d'éducation, d'Etat de droit, de dialogue sur les droits de l'Homme, de soutien au développement de l'économie de marché, de dialogue sur l'énergie et de lutte contre le crime organisé.
L'intérêt européen pour l'Asie centrale s'accroît depuis 2005. Selon Pierre Morel, « c'est la diversité réelle de l'offre européenne qui pourrait être le levier » véritable de la coopération avec les cinq Etats de cette région: Kazakhstan, Kirghizstan, Turkménistan, Ouzbékistan et Tadjikistan. Il a insisté sur la nécessité d'adopter une approche « régionale et différenciée » dans le cadre de laquelle il sera possible d'ajuster l'intensité de la coopération aux performances individuelles des pays. Dans ce contexte, environ 70 à 75% des ressources disponibles seront consacrées à des actions spécifiques nationales, les 25 à 30% restants étant utilisés pour des actions régionales, a expliqué le représentant spécial en rappelant que l'enveloppe prévue pour l'Asie centrale pour la période 2007-2013 a doublé par rapport à la période antérieure.
En répondant aux députés, M. Morel a démenti que « l'UE pourrait délaisser les droits de l'Homme parce que l'énergie était plus importante ». Il a dit que la stabilité de la région était une priorité pour l'Union. « L'énergie ne sera pas accessible dans une zone instable », a-t-il observé en soulignant la nécessité d'investir davantage dans la région. « Il faut investir à la fois dans l'infrastructure » et « dans la réforme institutionnelle » ainsi que dans « les nouvelles générations » notamment à travers les échanges universitaires qui sont déjà en cours.
Interrogé par le socialiste autrichien Hannes Swoboda sur les relations avec la région de la mer Noire et l'avenir du projet de couloir de transit énergétique transcaspien (gazoduc transcaspien), M. Morel a indiqué que l'UE a engagé « une étude de faisabilité » en ce qui concerne ce dernier mais qu'en réalité Transneft, l'opérateur russe, reste le seul fournisseur d'infrastructure de transport de gaz et de pétrole. Sur le Kazakhstan, M. Morel a rappelé que le Kazakhstan se trouve « dans une phase de transition » et qu'il a « un potentiel important », notamment parce qu'il est au cœur de deux projets: Arangarsk (projet russe d'extraction, d'enrichissement et de conditionnement de l'uranium) et celui des « autoroutes électriques » (projet appuyé par les Etats-Unis, la Russie et les pays de la région) qui consiste en un réseau de connexions électriques allant du Kazakhstan vers Kaboul (Afghanistan) et vers Peshawar (Pakistan). (aby)