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Bulletin Quotidien Europe N° 9412
Sommaire Publication complète Par article 39 / 40
SUPPLEMENT HEBDOMADAIRE / Bibliothèque européenne

N° 730

*** CARLO ALTOMONTE, PIERRE DEFRAIGNE, LUCAS DELATTRE, KARL-THEODOR FREIHERR ZU GUTTENBERG, SYLVIE GOULARD, RUDOLPH SCHARPING: Le partenariat privilégié, alternative à l'adhésion. Fondation Robert Schuman (29 bld Raspail, F-75007 Paris. Tél.: (33-1) 53638300 - fax: 53638301 - Courriel: info@robert-schuman.eu - Internet: http://www.robert-schuman.eu ). Collection "Notes de la Fondation Robert Schuman", n° 38. 2006, 106 p., 10 €.

Cette Note de la Fondation Robert Schuman est à la fois utile et dérangeante. Elle est utile en ce qu'elle présente d'abord ce que pourrait - devrait ? - être le "partenariat privilégié", c'est-à-dire une alternative à des adhésions supplémentaires dont la raison d'être serait "de préserver les trois missions fondamentales de l'Union qu'un élargissement dans de mauvaises conditions mettrait en péril": garantir la croissance économique, la stabilité et la cohérence sociale à ses citoyens ; agir sur la scène internationale et, d'autre part, promouvoir la stabilité dans son voisinage. Les auteurs s'emploient à mettre en lumière les avantages de ce partenariat, à savoir: "éviter ce qui pourrait passer pour une fuite en avant ; préserver une Union vigoureuse et redonner confiance aux citoyens". Pour ce qui est du contenu que recouvre ce concept, la Note actualise une proposition émise par Karl-Theodor zu Guttenberg en 2003 et qui impliquerait l'extension de certaines politiques communes aux partenaires privilégiés et une coopération stratégique en matière de politique étrangère avec eux.

Cette Note est aussi dérangeante en ce qu'elle procède de présupposés biaisés et, à tout le moins contestables, en tout cas dans le chef de la personne qui, in fine, a tenu la plume. "Nous ne prétendons pas offrir la réponse, si tant est qu'elle existe", est-il indiqué dans l'introduction, une note de bas de page précisant que le groupe de travail animé par Sylvie Goulard "n'était pas d'accord sur tous les points". Il n'empêche, une sensibilité particulière, bien précise, s'exprime au fil des pages. Elle peut être contestée sur plusieurs points et, puisque les auteurs appellent de leurs vœux les commentaires de leurs lecteurs, le signataire de ces lignes ne résistera pas à leur appel.

Tout en reconnaissant le "formidable levier" qu'a constitué l'élargissement pour favoriser la paix, la stabilité et le développement économique, l'auteur (est-il bien collectif ?) de l'introduction invite à le manier désormais avec "discernement" - lisez plutôt "circonspection" - en ce que, "en transformant le projet européen, il pourrait affaiblir l'Union", le plus grand danger qui guette celle-ci étant aujourd'hui "de ne plus incarner l'espérance à l'intérieur comme elle l'incarne à l'extérieur". Sans doute, mais encore ? Le problème résulte-t-il des seuls "derniers" élargissements ? Est-il tout à fait honnête d'observer que les divergences sont plus marquées au sein de l'Union depuis l'entrée des dix (douze) derniers membres et de relever dans la foulée, comme s'il existait un lien de cause à effet, que les Européens n'ont pas assez débattu ensemble du modèle de société qu'ils entendent construire, c'est-à-dire du degré de solidarité qui doit les lier, du degré d'indépendance politique de l'Europe dans le monde, notamment face aux Etats-Unis et aux puissances émergentes, et des partages de souveraineté qui devraient logiquement en découler ? N'est-il pas spécieux - et carrément absurde ! - de laisser ainsi entendre que les Quinze d'hier partageaient, eux, une même vision de l'avenir à bâtir en commun et de glisser sournoisement que, "si elle satisfait les attentes de ses voisins, en répondant à un impératif stratégique", l'Union "risque de perdre son âme" ? A la lumière de l'actuel imbroglio constitutionnel, ne serait-il pas nettement plus sage, plus honnête, de se demander si elle en a encore une depuis le premier élargissement ? Dans le même esprit, est-il acceptable d'avaliser cette exhortation: "Ayons le courage de dire que certaines promesses ont été faites au niveau diplomatique mais sans grande considération pour les attentes et les peurs des citoyens européens" ? Les principales autorités politiques d'Europe, réunies au sein du Conseil européen, apprécieront d'être ravalées à ce niveau subalterne… Et s'il est écrit que "les sondages ne sauraient en aucun cas dicter les choix politiques", est-il nécessaire de préciser qu'on ne saurait davantage ignorer les réticences des citoyens ? Si les citoyens avaient été consultés, au début des années 50, sur l'idée de créer une Communauté avec les Allemands, il n'est pas sûr qu'une approbation majoritaire l'eut emporté et, de toute manière, la noblesse du "politique" demeure, aujourd'hui comme hier, de montrer la voie, quitte à ne pas être suivi et, alors, à s'en aller !

Terminons sur une note plus positive. Dans les conclusions mêmes de ce travail, quelques lignes prennent l'exact contre-pied du message partial adressé dans les pages qui précèdent: "l'émergence d'une mini-Union plus soudée, aux objectifs clarifiés, aux solidarités réaffirmées, dotée d'un budget conséquent et d'institutions fortes, modifierait radicalement la problématique des élargissements futurs", écrivent les auteurs qui vont jusqu'à préciser que "ce scénario est même probablement le seul à permettre de concilier l'espoir des tiers à y entrer et ceux des populations de l'Europe de ne pas se sentir plus ou moins forcées d'en sortir ou, du moins, de ne pas en être dépossédées". Tel est bien, en effet, le problème. Ce problème n'est pas celui de l'élargissement, mais de la capacité des Européens ambitieux à donner corps à une Europe qui, à nouveau, fasse rêver les citoyens ou, du moins, ceux des citoyens désireux de partager et de façonner ce rêve qui était celui des "pères fondateurs".

Michel Theys

*** Politique étrangère. D'hier à demain: penser l'international (1936-2006). Institut français des relations internationales (Ifri) et Armand Colin (5 rue Laromiguière, F-75240 Paris. Tél.: (33-1) 40464989 - fax: 40464993 - Courriel: revue@armand-colin.fr - Internet: http://www.editions-sedes.com ). 2006, n° 4, 379 p.. ISBN 2-200-92121-7.

Plus ancienne revue française de débats et d'analyse sur les grandes questions internationales, Politique étrangère publie, pour son 70ème anniversaire, un numéro exceptionnel qui puise dans la richesse de ses auteurs passés et présents pour, comme l'explique joliment Dominique David dans l'éditorial, "ordonner une sorte de polyphonie, mêlant plusieurs âges de la réflexion". Le lecteur découvre ainsi - faut-il s'en étonner ? - que bien des problématiques traversent ces âges, à défaut des solutions proposées. A travers des contributions anciennes - Stanley Hoffmann relisant la théorie des relations internationales de Raymond Aron, Richard N. Coudenhove-Kalergi décrivant, en 1939, "la paix de demain", Marcel Merle décryptant le système mondial en 1978… - et des réflexions contemporaines, les grands axes de lecture du monde sont abordés, des interrogations conceptuelles aux plus concrets des enjeux: les grands paradigmes et théories des relations internationales, les organisations et interventions internationales, la gouvernance internationale entre justice et droit, les nouveaux enjeux de sécurité, les dimensions actuelles du militaire, la mondialisation et les rapports Nord/Sud, la prospective énergétique et les climats, les dynamiques démographiques et, enfin, le poids des enjeux culturels et religieux. Le tout compose un numéro d'anthologie !

(PBo)

*** GERARD DUSSOUY: Les théories géopolitiques. Traité de Relations internationales (I). L'Harmattan (5-7 rue de l'Ecole-Polytechnique, F-75005 Paris. Tél.: (33-1) 40467920 - fax: 43258203 - Courriel: diffusion.harmattan@wanadoo.fr - Internet: http://www.librairieharmattan.com ). Collection "Pouvoirs comparés". 2006, 363 p., 30 €. ISBN 2-296-01183-7.

Ouvrage tout simplement remarquable que celui-ci ! Incontournable pour ceux qui s'intéressent aux relations entre les Etats et aux évolutions du monde en acceptant de plonger dans la complexité des théories - d'hier et d'aujourd'hui - de la "géopolitique" mondiale. Professeur de géopolitique à l'Université Montesquieu de Bordeaux et chercheur au Centre d'analyse politique comparée, de géostratégie et de relations internationales, Gérard Dussouy donne le ton dès son chapitre introductif qui, sur pas moins de 102 pages, éclaire de manière savante et fouillée "les enjeux épistémologiques du système mondial". Se déclarant "néosystémiste, néoréaliste, néoculturaliste et néopramatiste", l'auteur y constate notamment "le retour du culturel et de l'ethnocentrisme dans l'histoire du monde", ce qui lui fait notamment observer que, "si la mondialisation capitaliste est un fait acquis, les résistances, qui proviennent d'abord des nationalismes d'essence économique et sociale, se nourrissent aussi de l'exacerbation des différences culturelles par la mondialisation et de la menace que celle-ci fait planer sur les identités". Toujours dans l'introduction, il analyse aussi, en multipliant les références, les six paradigmes occidentaux des relations internationales (grotien, hobbésien, lockéen-smithien, kantien, marxiste, pragmatiste-constructiviste). Dans une démarche délibérément interethnocentrique, Gérard Dussouy s'attaque ensuite, dans le corps de l'ouvrage, aux visions culturaliste qui, issues du monde naturel, correspondent aux représentations "géopolitiques" classiques, à savoir qu'elles sont "déformées par la position géographique de l'observateur et par le contenu culturel, historique et social de l'espace qu'il appréhende". Ce Traité comportera deux autres volumes, le premier étant consacré aux visions du "monde des Etats" et le deuxième à celles qui dépassent le système interétatique et anticipent, avec la globalisation, une société mondiale.

(MT)

*** ALICE LANDAU: Théorie et pratique de la politique internationale. L'Harmattan (5-7 rue de l'Ecole-Polytechnique, F-75005 Paris. Tél.: (33-1) 40467920 - fax: 43258203 - Courriel: diffusion.harmattan@wanadoo.fr - Internet: http://www.librairieharmattan.com ). Collection "Questions contemporaines". 2006, 203 p., 18 €. ISBN 2-296-01225-6.

Professeur de relations internationales à l'Université de Genève, Alice Landau offre, avec cet ouvrage, une lecture des relations internationales et des grands problèmes contemporains - gouvernance, mondialisation, clivages Nord-Sud… - en revisitant les grands paradigmes théoriques que sont le réalisme, le néo-réalisme et le libéralisme institutionnaliste. Une bonne introduction à la matière.

(PBo)

*** JUSTIN VAÏSSE: Etats-Unis: le temps de la diplomatie transformationnelle. Institut d'études de sécurité de l'Union européenne (43 av. du Président Wilson, F-75775 Paris cedex 16. Tél.: (33-1) 56891930 - fax: 56891931 - Courriel: info@iss.europa.eu - Internet: http://www.iss.europa.eu ). Collection "Cahiers de Chaillot", n° 95. 2006, 118 p., 10 €. ISBN 92-9198-103-6.

Les élections ne garantissent pas une démocratie stable et bien gouvernée. L'Irak, l'Afghanistan et les Territoires palestiniens le rappellent chaque semaine. Devant cette réalité, la secrétaire d'Etat Condoleezza Rice a initié, au début de l'année dernière, la "diplomatie transformationnelle" visant à agir sur les sociétés étrangères et non plus seulement sur les politiques étrangères. Dans ce Cahier de Chaillot, l'historien Justin Vaïsse, chargé de mission au Centre d'Analyse et de Prévision du ministère français des Affaires étrangères, s'interroge sur la portée et les limites de cette action "transformatrice". Le paradigme réaliste, celui des rivalités de puissances, est-il vraiment dépassé ? Les diplomates peuvent-ils se changer en agents de promotion de la bonne gouvernance ? Les autres pays sont-ils prêts à les accueillir, à les accepter, sans crier à l'ingérence ? Cette diplomatie nouvelle peut-elle véritablement changer le monde ? Autant de questions auxquelles l'auteur apporte des réponses bien étayées et tout en nuances, Nicole Gnesotto estimant, dans sa préface, que le moindre mérite de ce Cahier n'est pas "de distinguer, dans le concept américain, ce qui relevait d'un excès de ferveur idéologique et ce qui constitue un ingrédient indispensable à la gestion moderne de l'insécurité internationale".

(PBo)

*** ERHARD BUSEK (sous la dir. de): 10 Years Southeast European Cooperative Initiative. From Dayton to Brussels. Springer (P.O Box 89, 4-6 Sachsenplatz, A-1201 Vienna. Fax: (43-1) 3302426 - Courriel -books@springer.at - Internet: http://www.springer.at ). 2006, 207 p., 45 €. ISBN 3-211-37244-X.

Si les conséquences de la guerre qui a fait rage dans l'ex-Yougoslavie voici un peu plus de dix ans sont aujourd'hui atténuées et que l'ensemble de la région profite d'une relative stabilité, c'est entre autres grâce au travail de la Southeastern European Cooperative Initiative (SECI). Fêtant cette année ses dix ans d'existence, cette Initiative a vu le jour grâce à la collaboration de l'Union, des Etats du sud-est européen, des Etats-Unis et de l'Onu. Elle regroupe l'Albanie, la Bosnie-Herzégovine, la Bulgarie, la Croatie, l'ancienne République yougoslave de Macédoine, la Grèce, la Hongrie, la Moldavie, la Roumanie, la Turquie et la Slovénie. Son objectif est d'encourager la coopération entre ses membres pour qu'ils améliorent leurs conditions économiques, sociales et environnementales - réduisant ainsi les risques de frictions - et faciliter leur intégration dans les structures euro-atlantiques. Erhard Busek, ancien vice-chancelier autrichien et coordinateur de la SECI, nous la fait découvrir, tant dans ses aspects institutionnels que dans sa réalité quotidienne. La structure du livre est peut-être un peu surprenante dans le sens où le corps de l'ouvrage consacré à la SECI ne représente que vingt-trois pages sur les deux cent sept, le reste étant répertorié comme annexes. Mais l'intérêt de ces dernières n'est pas à sous-estimer. En plus de textes liés à la SECI (acte constitutif, accords, liste des membres du conseil commercial…), elles regroupent notamment - outre des indicateurs de développement de ces pays et autres documents - un ensemble de réflexions des pionniers de la SECI, ce qui permet d'avoir différentes perceptions et de se faire une meilleure idée de la naissance et de la vie de ce genre d'organismes.

(FRo)

*** Südosteuropa Mitteilungen. Südosteuropa-Gesellschaft (49 Widenmayerstr., D-80538 München. Tél.: (49-89) 2121540 - fax: 2289469 - Courriel: info@suedosteuropa-gesellschaft.com - Internet: www. suedosteuropa-gesellschaft.com). 2007, n° 1, 128 p., 12 €. Abonnement: 60 €.

Ce numéro de Südosteuropa Mitteilungen est construit autour d'une conférence internationale baptisée "German Presidency of the EU: Civil Society and the Human Security Agenda in the Balkans", que l'association a tenue en novembre dernier. Son fil conducteur est que l'action de l'Union en matière de sécurité dans les Balkans en néglige la facette individuelle et locale car sa politique est principalement centrée sur les Etats, malgré le fait qu'elle soit consciente de l'importance de cette dimension individuelle. Ce dossier, qui appelle notamment à une plus grande implication de la société civile, est rédigé en anglais, d'autres contributions composant ce numéro l'étant en allemand.

(FRo)

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