login
login
Image header Agence Europe
Bulletin Quotidien Europe N° 9412
Sommaire Publication complète Par article 12 / 40
JOURNEE POLITIQUE / (eu) ue/amerique latine

L'UE et le Groupe de Rio examinent la situation en Haïti - Nouvelle aide européenne de 2,7 milliards pour l'Amérique latine

Bruxelles, 23/04/2007 (Agence Europe) - La situation politique en Haïti, le changement climatique, l'énergie et le renforcement du multilatéralisme au sein des institutions internationales étaient à l'ordre du jour de la réunion entre les ministres des Affaires étrangères de l'UE et des pays du « Groupe de Rio », vendredi 20 avril à Saint-Domingue (République dominicaine).

Haïti. Avec un produit intérieur brut évalué à 450 dollars par habitant, Haïti est le pays le plus pauvre du continent américain. La Commission a annoncé pour ce pays un don de 230 millions d'euros pour la période 2007-2013 qui devra être investie dans les infrastructures et la consolidation des institutions. Il a été par ailleurs proposé que ce pays frontalier de la République dominicaine sur l'île d'Hispaniola négocie son intégration au Groupe de Rio. « Haïti se trouve à un tournant encore instable de son développement », a déclaré Frank-Walter Steinmeier, ministre allemand des Affaires étrangères, à l'issue des travaux. Constatant que ce pays a encore besoin de la solidarité de la communauté internationale, il a également estimé que son gouvernement devait mettre en œuvre des « réformes supplémentaires ».

« La Commission est particulièrement satisfaite du dialogue constructif de cette réunion ministérielle entre l'UE et le Groupe de Rio », a déclaré Benita Ferrero-Waldner, Commissaire européenne en charge des relations extérieures, en insistant sur « la maturité » des relations entre les deux régions. L'engagement commun visant à « renforcer les principes multilatéraux » ne constitue « pas que des paroles en l'air », a-t-elle estimé, en évoquant les « droits de l'homme » et la lutte contre le trafic de « drogue ». Concernant l'énergie et le changement climatique, M. Steinmeier n'a pas mâché ses mots: « Il s'agit d'un thème dans le cadre duquel, à long terme, nous serons tous gagnants ou tous perdants. L'interdépendance apparaît ici clairement ». Selon lui, l'important est de multiplier les échanges d'expériences sur les énergies renouvelables et la promotion de l'efficacité énergétique. Le Panama a proposé à l'UE de financer en Amérique latine des projets misant sur les énergies renouvelables alternatives telles que l'éthanol et les biocarburants, rapporte l'agence espagnole EFE.

Créé en 1986, le Groupe de Rio est un forum politique composé des pays suivants: l'Argentine, la Bolivie, le Brésil, la Communauté des Caraïbes (CARICOM), le Chili, la Colombie, le Costa Rica, la République dominicaine, El Salvador, l'Equateur, le Guyana, le Honduras, le Mexique, le Nicaragua, le Panama, le Paraguay, le Pérou, l'Uruguay et le Venezuela. Les ministres des Affaires étrangères de l'UE et de ce forum politique se réunissent tous les deux ans. La prochaine réunion au niveau ministériel du Groupe de Rio aura lieu en 2009 à Prague dans le cadre de la future Présidence tchèque de l'UE. La dernière rencontre située dans l'UE avait eu lieu en mai 2005 au Luxembourg, où il avait aussi été question de la situation politique en Haïti (voir EUROPE n°8957).

La réunion de Saint-Domingue fut également l'occasion de faire le point sur la coopération entre l'UE et certaines zones géographiques spécifiques d'Amérique latine et centrale. Concernant l'Amérique centrale et la Communauté andine, M. Steinmeier a fait savoir que le lancement des négociations pour la conclusion d'accords d'association était imminent (voir EUROPE n° 9323). Lundi 23 avril, le Conseil « Affaires générales » a en effet donné son feu vert (voir autre nouvelle p.9 pour les négociations commerciales). Pour la Communauté andine, ces négociations débuteront à La Paz (Bolivie) à la fin du mois de mai en marge de la réunion du comité conjoint UE/Communauté andine. Les représentants de l'UE et Patricia Espinosa Cantellano, ministre mexicaine des Affaires étrangères, ont par ailleurs évoqué la possibilité de renforcer leur coopération dans les forums internationaux sur des sujets tels que le changement climatique, la sécurité énergétique, les droits de l'homme et le phénomène migratoire. En voyage au Mexique, le Haut représentant de l'UE pour la Pesc, Javier Solana avait critiqué le projet américain de construire un mur le long de la frontière avec le Mexique pour lutter contre l'immigration illégale (voir EUROPE n°9409). Rappelons que l'accord d'association UE/Mexique est en vigueur depuis juillet 2000. En revanche, les discussions avec le Mercosur restent au point mort en raison de leur lien avec les négociations commerciales au sein de l'OMC.

À cette occasion, Mme Ferrero-Waldner a présenté la nouvelle stratégie européenne pour l'Amérique latine pour les années 2007-2013. Cette stratégie se déclinera autour des axes suivants: la promotion de la cohésion sociale, l'intégration régionale, les droits de l'homme, le développement durable (protection des forêts et de la biodiversité). Dotée d'une enveloppe de 2,69 milliards d'euros, elle sera répartie comme suit: 234 millions d'euros pour la Bolivie afin de promouvoir le développement économique local et lutter contre la production de drogues ; 160 millions d'euros pour la Colombie (voir EUROPE n°9408) ; 137 millions d'euros soutiendront les petites et moyennes entreprises et la modernisation du système éducatif en Equateur ; 132 millions d'euros pour le Pérou en faveur de la modernisation des institutions et de l'intégration sociale dans les zones les plus pauvres. En outre, une aide de 50 millions d'euros servira à promouvoir l'intégration régionale ainsi qu'à lutter plus efficacement contre la production de drogues. (mb)

Sommaire

AU-DELÀ DE L'INFORMATION
JOURNEE POLITIQUE
INFORMATIONS GENERALES
SUPPLEMENT HEBDOMADAIRE