Bruxelles, 23/04/2007 (Agence Europe) - Transposer la législation internationale dans le droit communautaire (notamment la convention NHS de l'Organisation maritime internationale (OMI) de 1996 sur la responsabilité et l'indemnisation pour les dommages liés au transport par mer de substances nocives et potentiellement dangereuses) et développer les autoroutes de la mer afin de permettre le développement et la meilleure protection de la flotte marchande européenne, qui transporte 90% du fret européen. C'est porteurs de ce message clef, que les représentants de l'Union des Armateurs grecs (UGS), qui représente environ 20% de la flotte marchande européenne, se sont rendus à Bruxelles les 17 et 18 avril, pour leur rencontre annuelle avec les membres des institutions européennes. Présidés par Nicos Efthymiou, les armateurs grecs ont fait part de leur scepticisme quant aux projets présentés par la Commission dans le Livre vert sur la future politique maritime, notamment en ce qui concerne le caractère de l'espace maritime commun et la création du « pavillon européen ».
Tout d'abord, l'UGS reste sceptique à l'égard de la création d'un espace commun maritime tel que l'envisage la Commission, à savoir un espace, qui, grâce au suivi permanent des navires pourrait contribuer au meilleur fonctionnement de la navigation interne, au développement des autoroutes de la mer et de la navigation à courte distance, comme le soulignait encore le 30 mars dernier, le vice-président de la Commission en charge des Transports Jacques Barrot lors de la journée maritime hellénique à Athènes. Au lieu de concevoir cet espace en tant qu'un espace où la totalité de l'itinéraire des navires et des marchandises pourrait être tracée de manière fiable et sûre grâce au système de suivi à distance des navires utilisant la communication par satellite (LIRT- long range distance identification and tracking), l'UGS propose de limiter celui-ci à la seule simplification des procédures administratives et douanières intracommunautaires.
L'UGS reste tout aussi sceptique à l'égard de l'idée de la représentation de l'UE en tant que telle au sein de l'OMI. Selon l'UGS, ceci réduirait les bénéfices de l'expérience et de l'expertise que procurent les Etats membres. En plus, l'UGS craint que la présence de l'UE en tant que telle à l'OMI la détourne de son caractère purement technique et paralyse le processus de prise de décision en son sein. L'UGS pointe aussi que, bien que l'idée soit séduisante, la création d'un pavillon européen est impossible sans harmonisation des systèmes économiques, fiscaux et sociaux nationaux dans ce domaine. « C'est sans doute le cap à tenir » dans une perspective à long terme, concèdent les membres de l'UGS, dans un communiqué, tout en faisant valoir que la création d'un pavillon européen n'est pas possible dans un avenir proche. (aby)