Bruxelles, 23/04/2007 (Agence Europe) - En accueillant jeudi 19 avril une conférence intitulée « Une approche globale vers le désarmement nucléaire », le Parlement européen a donné l'occasion à ses députés et à des représentants d'organisations internationales, telles que les Maires pour la paix, Abolition 2000 Europe Network ou Isis Europe, de confronter leurs points de vue sur les récentes évolutions internationales. Il est vrai qu'avec la tenue prochaine de la troisième session du comité préparatoire du Traité de non-prolifération (TNP), qui se réunira à Vienne du 30 avril au 11 mai 2007, les attentes sont grandes pour relancer le dialogue international en matière de désarmement nucléaire. La prolifération d'armements toujours plus perfectionnés, la multiplication des foyers potentiels de menace (la Corée du Nord, l'Iran, le Pakistan), l'usage possible de plutonium à des fins terroristes sont autant de défis auxquels l'Union européenne peut et doit apporter une réponse.
Alors qu'en 2003, le Conseil avait adopté une « stratégie contre la prolifération des armes de destruction massive », ses propositions sont restées lettre morte lors de la conférence de révision du TNP en 2005. "Le danger, qui résulterait de la fin du régime de non-prolifération, est incalculable. Les Etats membres doivent faire tout ce qui est en leur pouvoir pour le renforcer », a averti Ana Gomes (PSE, portugaise). Les députés ont donc appelé unanimement l'Union européenne à prendre la tête des négociations internationales, pour relancer le dialogue multilatéral et renforcer le TNP à l'échéance 2010. « L'Union peut devenir un véritable acteur, et ce même si les Etats-Unis jugent avec scepticisme notre action », a jugé Girts Valdis Kristovskis (GUE, letton). « L'Union européenne est une force pour la paix », a renchéri le député allemand Jo Leinen (PSE) dans un communiqué adressé à la presse, appelant à « une politique extérieure et de sécurité commune (…) basée sur la prévention des conflits ».
La mauvaise volonté de la France et du Royaume-Uni a été pointée du doigt. Ainsi, Mme Gomes a dénoncé leur décision de moderniser leurs armements nucléaires. En effet, dans ces conditions, « quelle crédibilité peut avoir l'Union européenne » en demandant des concessions aux autres pays ? « Tant que le Royaume-Uni et la France continueront ce double jeu, nous aurons les mains liées », a-t-elle ajouté. Angelika Beer (Verts/ALE, allemande) a pour sa part qualifié ces décisions « d'illégales ». « La réunification de l'Europe et la fin de la Guerre froide ont considérablement réduit la menace nucléaire. L'Europe n'a pas besoin d'armes nucléaires ou de système balistique de défense pour garantir la paix et la sécurité », a déclaré M. Leinen.
Enfin, Mme Beer a regretté l'accord de coopération nucléaire entre l'Inde et les Etats-Unis actuellement en pourparlers, alors même que l'Inde n'a pas signé le TNP. Craignant « un dangereux précédent » et décriant « l'approche bilatérale » américaine, elle a plaidé pour que la Présidence allemande manifeste son désaccord. (gc)