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Bulletin Quotidien Europe N° 9395
INFORMATIONS GENERALES / (eu) ue/eurogroupe

L'optimisme prévaut pour la croissance de la zone euro

Bruxelles, 27/03/2007 (Agence Europe) - L'optimisme reste de mise pour l'économie de la zone euro, ont estimé lundi soir les ministres des Finances des Treize, qui n'ont pas observé d'impact négatif pour la croissance suite aux corrections vers le bas opérées sur les marchés boursiers fin février. « Nous pensons qu'en dépit de ces mouvements sur les marchés financiers, nous n'avons aucune raison de devenir inquiets », a ainsi déclaré Jean-Claude Juncker, à l'issue de l'Eurogroupe qu'il préside, constatant que la « croissance économique de la zone euro reste forte sur le court et à moyen terme, et elle commence à s'élargir vers tous les secteurs ». Pour le Commissaire aux affaires économiques et monétaires aussi, « les corrections sur les marchés financiers au cours des dernières semaines n'ont pas eu jusqu'à présent d'impacts négatifs sur les économies européennes ». Le scénario de la Commission, présenté dans ses prévisions économiques intermédiaires de février (EUROPE n° 9368), reste le même et « nous continuons à voir les choses de manière très optimiste ». Bien qu'il soit « entaché de certains risques baissiers, qui n'avaient pas été pris en compte » à l'époque, ce scénario de base est conforté par les indicateurs montrant que « l'activité interne se renforce », a expliqué Joaquin Almunia. La Commission table sur des hausses du PIB de 2,4% pour la zone euro et de 2,7% pour l'UE à 27 (contre respectivement 2,1% et 2,4% précédemment).

« La volatilité sur les marchés ne constitue pas une raison suffisante pour revoir nos scénarios sur l'évolution de l'économie de la zone euro », a conclu M. Juncker, qui, dans l'optique des réunions de printemps du Fonds monétaire international (FMI) et de la Banque mondiale (les 14 et 15 avril prochains à Washington), a aussi confirmé l'évaluation des ministres sur les taux de change. Nous répéterons à Washington ce que, en tant que zone euro, nous avions dit lors de la réunion du G7 à Essen (EUROPE n° 9364), s'est contenté d'indiquer le Premier ministre et ministre des Finances luxembourgeois, estimant que ce message avait été « bien compris » par les marchés financiers. « Nous n'avons aucune remarque supplémentaire à ajouter », a-t-il déclaré, jugeant qu'il n'y avait « rien de nouveau sur les déséquilibres globaux et rien de nouveau sur la relation entre l'euro et le yen ». En février, le G7 avait souligné les risques posés par le yuan chinois, préférant réserver ses appels à la vigilance sur la devise japonaise à la conférence de presse.

L'Eurogroupe a par ailleurs discuté de la situation budgétaire dans les différents Etats membres, approuvant la décision sur les programmes de stabilité de la Belgique et de l'Espagne (EUROPE n° 9381), qui était soumise mardi au Conseil. Ces deux pays ont connu une évolution « satisfaisante » sur les dernières années, a souligné M. Juncker. La Belgique a su redresser ses finances publiques « d'une façon remarquable », même si nous avons pu détecter des mesures pas suffisamment structurelles. En Espagne, où les finances publiques « au début des années 90 n'étaient pas tout à fait présentables », les politiques mises en place permettent aujourd'hui de décerner un satisfecit. Alors que les Etats membres s'apprêtent à notifier à la Commission leurs résultats pour 2006, ces chiffres s'annoncent « meilleurs que ce que nous avions escompté », de sorte que la question de l'utilisation des plus-values budgétaires se pose maintenant, a lancé M. Juncker. En effet, sur base des programmes de stabilité examinés (seul celui de l'Autriche n'a pas été analysé par la Commission), nous sommes en présence de « très bons résultats de l'assainissement budgétaire en termes structurels », s'est réjoui le Commissaire Almunia. L'année dernière, l'effort de correction a atteint 0,7% du PIB, mais, sans nouvelles mesures, il sera en 2007 de 0,4% seulement, soit en dessous des 0,5% prescrit par le Pacte de stabilité et de croissance. « Les ministres sont convenus de la nécessité de renforcer leurs efforts pour suivre des stratégies plus approfondies et de profiter des périodes fastes de croissance », a donc insisté
M. Almunia, qui martèle: « Il ne s'agit pas de répéter les erreurs du passé » mais d'« accélérer l'assainissement budgétaire ». Un avertissement qui a, semble-t-il, été bien accueilli par les ministres, qui sont même, selon M. Juncker, « tombés d'accord pour réaliser en 2007 et 2008 un assainissement budgétaire qui dépasse les 0,5% du PIB ».

Interrogé sur les suites données au débat du mois dernier sur la redistribution des fruits de la croissance (EUROPE n° 9375), « le thème a été réabordé aujourd'hui puisque nous sommes plusieurs à penser qu'il s'agit d'un débat qu'il faut avoir », a reconnu le Président de l'Eurogroupe, qui a répété sa position. D'une part, les augmentations salariales ne posent pas de problèmes si elles suivent l'évolution de la productivité et, d'autre part, il existe d'autres formes de participation pour les salariés de bénéficier de la croissance. Une éventualité qui tient plus d'une nécessité, selon M. Juncker, qui prédit: « Il va y avoir bientôt en Europe un grand débat » sur cette question. Et pour cause, « les bénéfices des entreprises augmentant à un rythme parfois forcené et une modération salariale appliquée parfois sans nuance étant exigée des salariés ». (ab)

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