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Bulletin Quotidien Europe N° 9395
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Peter Mandelson fait part de progrès dans l'offre de Moscou pour négocier son adhésion à l'OMC

Bruxelles, 27/03/2007 (Agence Europe) - A l'issue de deux jours de discussion avec son homologue russe German Gref et des fonctionnaires du ministère russe du Développement économique et du Commerce, Peter Mandelson a estimé mardi lors d'un point de presse à Moscou qu'un accord final pour l'adhésion de la Russie à l'OMC était « possible cette année ». Adoptant un ton plutôt conciliant à l'égard de Moscou, le commissaire au Commerce a en effet assuré que « quelques points d'achoppement seulement restent à résoudre mais rien d'assez sérieux pour maintenir la Russie éloignée » de l'organisation multilatérale qui régit le commerce mondial. Après 14 années de négociation, la Russie a conclu en novembre dernier un accord bilatéral avec les Etats-Unis pour faire entrer les discussions de son adhésion à l'OMC dans leur étape finale, l'étape multilatérale. « Nous devons fermement intégrer la Russie à l'intérieur du système du commerce mondial. L'adhésion [à l'OMC] va à la fois asseoir la réémergence de la Russie [sur la scène internationale, NDLR] et conduire à davantage de réforme et d'évolution de son économie », a insisté M. Mandelson.

S'il a minimisé l'importance de l'épineuse question de l'embargo russe sur les exportations polonaises de viande dans les discussions entre Bruxelles et Moscou pour l'adhésion de la Russie à l'OMC, le commissaire au Commerce a toutefois souligné que cette question était « le genre de querelle commerciale dont on pourrait se passer ». Ce problème perturbe en effet le lancement des négociations pour un nouvel accord de partenariat et de coopération entre l'Union et la Russie. M. Mandelson a en outre fait savoir que la plupart des problèmes « de nature technique » qui subsistent et empêchent, à ce stade, l'Union de donner son feu vert à l'adhésion russe à l'OMC, comme les droits à l'importation russes et les tarifs différenciés à l'exportation de bois russe, étaient pratiquement résolus. « Aucun de ces problèmes pris individuellement devrait être suffisant pour bloquer l'accession de la Russie à l'OMC », a-t-il assuré, avant d'ajouter: « d'où nous en sommes aujourd'hui, ils peuvent tous être résolus ». Tout en appelant à y parvenir « dans un esprit de compromis et de flexibilité », M. Mandelson s'est dit convaincu qu'un accord est « possible cette année ». « Je serais déçu si ce n'est pas le cas », a-t-il insisté, estimant que les négociations d'adhésion ont été trop longues et qu'elles nécessitent désormais « un effort final ».

M. Mandelson appelle à ne pas considérer le commerce comme « monnaie d'échange politique »

Lors d'un discours prononcé mardi dans la capitale russe, le commissaire au Commerce a par ailleurs appelé la Russie à s'engager en faveur d'une relation commerciale « forte » avec l'Union et à s'assurer qu'elle ne traite pas le commerce comme une « monnaie d'échange politique ». L'adhésion de la Russie à l'OMC « ne vise pas à contenter l'opinion publique internationale mais est dans l'intérêt économique de la Russie », a insisté M. Mandelson, estimant que « les voix appelant à l'isolationnisme russe ne peuvent qu'amener la Russie dans la mauvaise direction ». « Le président [russe Vladimir] Poutine a permis des accomplissements significatifs et amené la Russie sur le seuil de la pleine intégration de la Russie dans l'économie globale. Maintenant, il est temps de prendre les mesures finales », a-t-il poursuivi. Le commissaire au Commerce a en particulier insisté sur la nécessité pour la Russie, dont 82% des exportations sont liées aux hydrocarbures et aux métaux, de diversifier son économie pour mieux s'intégrer dans le commerce international. « C'est vrai que la nouvelle économie russe s'est forgée sans les avantages d'être membre de l'OMC. Mais c'est une image économique du statu quo. Si la seule ambition de la Russie est d'être une puissance pétrogazière, alors elle n'a probablement pas besoin de l'OMC. Mais les Russes veulent davantage pour leur pays », a ajouté M. Mandelson. « L'OMC n'est pas comme l'ONU ou le G8. C'est un contrat basé sur des termes commerciaux créant des obligations juridiques à l'ouverture du marché et un engagement à la régulation transparente et proportionnée des échanges internationaux », a expliqué le commissaire européen, estimant qu'il serait « court-termiste de voir les règles commerciales comme des obligations pour la Russie sans qu'elle n'en bénéficie ». Enfin, rappelant que la Russie est la seule économie majeure encore non membre de l'OMC, M. Mandelson a souligné que l'adhésion de Moscou à l'OMC donnerait à l'Union et à la Russie « un cadre important pour contrôler la politisation des disputes commerciales ». « Les récentes et actuelles frictions bilatérales entre nous montrent l'importance de la désescalade dans les querelles commerciales. Le commerce ne devrait jamais être traité comme une monnaie d'échange », a-t-il conclu. (eh)

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