Bruxelles, 27/03/2007 (Agence Europe) - La Commission européenne a adopté, le 23 mars, un rapport dressant un bilan positif des actions d'amélioration de la production et de la vente des produits de l'apiculture. La Commission ne juge donc pas nécessaire de modifier le règlement (797) de 2004. Elle s'engage uniquement à introduire des dispositions pour permettre aux opérateurs de changer les programmes en cours d'exercice, ce qui n'a aucun effet budgétaire. « Les actions prioritaires retenues par ce règlement, bien que limitées d'un point de vue budgétaire, ont montré une réelle valeur qualitative », conclut le rapport. De nombreux pays ont demandé des aides communautaires pour la lutte contre les autres maladies des abeilles que la varroase. Mais la Commission s'y oppose, expliquant que « le régime n'a pas pour objectif de créer une politique sanitaire dans le secteur ».
Bilan d'approvisionnement: le rapport de la Commission rappelle que l'UE est déficitaire en miel et doit importer habituellement environ la moitié du miel qui y est consommé. Le degré d'auto-approvisionnement s'est toutefois amélioré depuis l'élargissement de l'UE à 25. Les trois premiers producteurs de miel dans l'UE sont l'Espagne, l'Allemagne et la Hongrie avec, respectivement, 32.000, 26.000 et 19.500 tonnes en 2004/05. La production des 10 Etats membres ayant adhéré en 2004 est d'environ 43.000 t, soit 25 % de la production totale de l'UE. Parmi ces pays, la Hongrie et la Pologne sont les plus gros producteurs.
L'UE importe environ 150.000 t de miel par an, surtout argentin (71.000 t) et beaucoup moins de mexicain (en baisse depuis 2000) et brésilien. Les exportations communautaires vers les pays tiers (6.000 t en 2005) sont destinées surtout à la Suisse (1.500 t).
Le prix moyen à l'importation dans l'UE a fortement diminué depuis 2003, passant de 2,31€/kg à 1,29€/kg. Ce niveau de prix est faible, mais semblable à celui du début des années 2000 (avant l'interdiction d'importation de miel chinois). Selon les chiffres disponibles pour l'année 2006, le niveau des prix à l'importation remonte légèrement (1,34€/kg).
Le prix moyen à l'exportation du miel communautaire est également en baisse depuis 2004, mais reste à un niveau relativement élevé: 3,63€/kg, ce qui est largement supérieur à celui du miel importé. Le miel européen est souvent d'une haute qualité et avec des qualités organoleptiques très recherchées (miels monofloraux).
Recensement: selon les données communiquées par les Etats membres, le nombre total d'apiculteurs dans la Communauté est de 593.000, dont 17.986 sont considérés comme professionnels (au moins 150 ruches). Le nombre total de ruches est de 11,6 millions, dont 4,3 millions appartiennent à des apiculteurs professionnels. 3% des apiculteurs possèdent près de 40 % des ruches.
Les Etats membres ayant le plus grand nombre de ruches sont l'Espagne, la Grèce, la France et l'Italie. En valeur absolue, les apiculteurs professionnels se concentrent dans cinq Etats membres: Grèce, Espagne, France, Italie et Hongrie. La consommation de miel est de 0,7 kg (par an et par habitant) en 2005, sans augmentation notable depuis ces dernières années. La Grèce est le pays de l'UE où l'on consomme le plus de miel (1,7 kg/an/hab.), suivie de l'Autriche, l'Allemagne et l'Espagne.
Actions financées: en 2005 et 2006, la mesure la plus utilisée est restée la lutte contre la varroase (entre 33 et 35 % du total de l'enveloppe, soit plus de 8 millions d'euros), devant l'assistance technique (26 %, soit près de 6 millions), la rationalisation de la transhumance (19 %, soit près de 4,5 millions), les analyses des miels (8 %, soit environ 1,8 million), le repeuplement du cheptel (6 à 7 %, soit 1,5 million) et la recherche appliquée (5 %, soit environ 1 million).
La Commission note une diminution relativement importante des sommes allouées à la lutte contre la varroase, compte tenu d'une nouvelle mesure introduite en 2005, le repeuplement du cheptel, et de l'intérêt croissant pour les études sur le miel. Afin de permettre au miel d'origine communautaire de mieux faire face à la concurrence mondiale, les produits de l'apiculture ont été rendus éligibles en 2005 aux actions de promotion des produits agricoles sur le marché intérieur. En 2006, l'exécution provisoire des dépenses des programmes des Etats membres a représenté 82,5 % du total des dépenses prévues, à savoir 19 millions d'euros sur un total de 23 millions. (lc)