login
login
Image header Agence Europe
Bulletin Quotidien Europe N° 9395
Sommaire Publication complète Par article 23 / 33
INFORMATIONS GENERALES / (eu) ue/canada

Ottawa dénonce l'approche émotionnelle de la chasse au phoque - Une interdiction du commerce des produits dérivés serait dévastatrice

Bruxelles, 27/03/2007 (Agence Europe) - Extrêmement préoccupée par la volonté du Parlement européen d'obtenir de la Commission une interdiction totale du commerce des produits dérivés du phoque dans l'UE (EUROPE n° 9389), une délégation du Canada s'est rendue à Bruxelles le 26 mars pour faire entendre la voix des ministres compétents, des chasseurs, des Inuits, des représentants de l'industrie des produits du phoque. Objectif: alerter les institutions européennes sur les conséquences dramatiques qu'aurait une telle initiative sur les revenus et le mode de vie des Inuits et autres communautés dépendantes de la chasse au phoque. Au-delà de la défense des intérêts vitaux d'une population de chasseurs du Nord et de l'Est du Canada, la délégation a dénoncé avec vigueur « la désinformation » de ceux qui mettent en avant des méthodes de mise à mort « supposées inhumaines » pour revendiquer une interdiction générale. La délégation a fait passer le message lors de ses entretiens avec Struan Stevenson (PPE-DE, Britannique) au Parlement européen, Stavros Dimas, Commissaire européen à l'Environnement, et Joe Borg, son collègue à la pêche.

Devant la presse, à la représentation du Canada auprès de l'UE, Loyola Sullivan, ambassadeur canadien pour les questions de conservation de la pêche, a rappelé que la chasse au phoque est « une tradition ancestrale remontant à plus de 3000 ans, qui fait partie du patrimoine culturel des communautés et constitue la colonne vertébrale de l'économie, les moyens de subsistance des gens ».L'ambassadeur a démenti l'affirmation selon laquelle les phoques seraient dépecés vivants (les mouvements des phoques, assimilés à un état de conscience des animaux, ne sont en fait qu'un réflexe de nage des phoques, analogue à celui des poulets qui bougent encore une fois décapités, a-t-il expliqué). Selon lui, les méthodes de mise à mort sont « aussi humaines, sinon plus que les méthodes utilisées dans les laboratoires ». 90% des phoques sont tués par arme à feu et 10% par harpon. Et de déplorer que des associations de défense des animaux diffusent « des informations erronées remontant à 25 ans alors que beaucoup de choses ont changé dans les pratiques depuis 1982 ». L'ambassadeur a rappelé que la chasse des bébés phoques harpés à manteau blanc était interdite au Canada depuis 1987, les braconniers étant passibles de lourdes amendes. « Les méthodes de mise à mort ont été évaluées par de nombreux experts qui ont conclu qu'elles étaient durables, humaines, fondées sur des pratiques de gestion très strictes. Tout le reste est du lyrisme émotionnel ». Pour rétablir la vérité, le Canada est « tout à fait disposé à coopérer à une investigation scientifique objective du caractère humain des méthodes de chasse », à laquelle participera l'EFSA (Autorité européenne de sécurité des aliments) comme l'a proposé le Commissaire Dimas. Des observateurs européens seront invités à assister à la Chasse en Terre Neuve qui va s'ouvrir dans quinze jours, a annoncé l'ambassadeur Sullivan.

Si, dans les années 1970, les produits dérivés du phoque existaient en quantités très limitées, ils sont aujourd'hui très nombreux (vêtements, huiles, suppléments nutritionnels, etc.) ; or la population des phoques harpés de l'Atlantique Nord, est passée de 2,7 millions en 1971 à 5,5 millions - 6 millions aujourd'hui, ce qui prouve à suffisance l'absence de problème de durabilité des pratiques de chasse, a souligné Trevor Taylor, ministre du Commerce et du Développement rural de Terre-Neuve et du Labrador. Mary Simon, présidente du Conseil international des Inuits, a estimé qu'une interdiction européenne qui exempterait les Inuits aurait néanmoins un impact direct sur eux car le marché des produits du phoque serait détruit. Jean-Claude Lapierre, chasseur des îles de la Madeleine, a dit la souffrance, pour « des gens dépendants de la mer pour gagner leur vie», d'être « traités d'assassins depuis quarante ans ». Et de s'en prendre à l'approche émotionnelle qui choisit de parler de « mammifères marins » et de « bébés phoques » pour mieux toucher les sensibilités. Parle-t-on des bébés poulets ou des bébés cochons ? s'est-il interrogé. (an)

Sommaire

AU-DELÀ DE L'INFORMATION
JOURNEE POLITIQUE
INFORMATIONS GENERALES