Bruxelles/Rome, 27/03/2007 (Agence Europe) - Réuni en session plénière extraordinaire les 22 et 23 mars à Rome, le Comité des Régions (CdR) a adopté à l'unanimité l'avis quelque peu modifié du conseiller provincial de Biella (Italie), Roberto Pella (PPE), sur les « politiques européennes concernant la participation et l'information des jeunes », en présence de la ministre italienne de la Jeunesse et du Sport Giovanna Melandri et sous la présidence de Michel Delebarre, Président du CdR. Partant du principe que ce sont les jeunes qui doivent construire l'Europe de demain, le CdR insiste sur la nécessité de les encourager à être actifs en politique et à faire en sorte qu'ils puissent bénéficier de tous les instruments que l'UE met à leur disposition.
« Aujourd'hui, l'Europe réfléchit à son avenir institutionnel en se tournant vers les jeunes », a noté Roberto Pella en présentant son avis à la plénière. Les jeunes sont inquiets et se posent des questions: quelles études doivent-ils faire pour assurer leur avenir ? Qu'en est-il de leur travail, de leur accès au logement ? Comment se protéger de différents dangers comme l'alcool ou la drogue ?, a expliqué le rapporteur en martelant: « Ce que nous voulons, c'est que les jeunes puissent bénéficier de tous les instruments que l'UE met à leur disposition ». Il faut lutter contre « leur désamour de la politique » et encourager leur participation à la politique, a-t-il ajouté. En adoptant l'avis de M. Pella, le Comité des Régions insiste sur cette notion de participation et d'information des jeunes. Il demande aux Etats membres et aux organismes locaux et régionaux de multiplier les initiatives en faveur des jeunes, comme par exemple la mise en place de conseils de la jeunesse aux niveaux local et régional, la création d'organes de jeunes administrateurs au niveau des communes. M. Pella a conclu son exposé en citant le Président de la République italienne, Giorgio Napolitano: « Ce sont les jeunes qui doivent construire l'Europe de demain ».
« Il ne faut pas que l'Europe tombe du ciel», a déclaré Giovanna Melandri en reprenant les paroles d'Altiero Spinelli. Beaucoup a été fait depuis 50 ans en matière de solidarité mais beaucoup reste à faire, a poursuivi la ministre italienne, c'est-à-dire qu'il faut (1) adopter une Constitution et relever de nouveaux défis dans un monde de plus en plus globalisé, (2) lancer des initiatives pour que « notre Maison Europe » soit plus stable, (3) promouvoir la croissance pour que chaque citoyen puisse développer ses compétences tout en conciliant vie familiale et professionnelle. « C'est un élément du Pacte européen pour la Jeunesse », a rappelé Mme Melandri en ajoutant: « Ce sont les jeunes qui devront apporter une contribution pour que l'UE ait une personnalité forte ». Tout comme le rapporteur, la ministre a constaté l'existence d'un décalage du point de vue de la vie politique: « les jeunes participent de moins en moins aux élections politiques », et dit-elle, « c'est un phénomène qui n'est qu'un aspect du puzzle ». Toutefois, a poursuivi la ministre, « il y a des jeunes qui s'engagent, qui sont animés d'une véritable envie de faire. C'est la majorité silencieuse qui ne fait pas la une des journaux mais qui est un ferment actif de nos sociétés. Il faut travailler avec ces jeunes et leur assurer davantage d'espace dans notre vie politique ». Pour Mme Melandri, « ce n'est qu'en jetant les bases d'une participation de plein droit des jeunes que l'Europe pourra avancer. L'élément jeunesse doit être vu comme un facteur du développement européen. Le dialogue avec les jeunes doit être un dialogue structuré avec leurs associations. Il faut se mettre à l'écoute des jeunes qui sont un réservoir de ressources malheureusement souvent mal exploitées ».
A l'occasion d'un point presse, Michel Delebarre a fait part de l'importance que le Comité témoigne aux jeunes. « Nous n'avons pas voulu déconnecter la jeunesse du CdR », a expliqué le Président en indiquant qu'une table ronde avait été organisée lors de la séance solennelle de célébration des 50 ans des Traités de Rome. Cette table ronde intitulée « L'Europe de demain et la contribution des autorités locales et régionales » avait réuni des jeunes élus, des représentants du Sommet de la Jeunesse et des personnalités européennes (voir pour le Sommet européen de la Jeunesse, EUROPE n° 9394). A la question de savoir s'il ne fallait pas réorienter les Fonds européens destinés à la jeunesse pour sa scolarisation, le Président Delebarre a déclaré: « Plus de moyens ? Sachons d'abord nous inspirer de ce qui marche, ce serait très utile ! » (gb)