login
login
Image header Agence Europe
Bulletin Quotidien Europe N° 9392
Sommaire Publication complète Par article 20 / 36
INFORMATIONS GENERALES / (eu) ue/environnement

La Commission et l'AEE lancent « WISE », le portail d'information sur l'eau pour l'Europe - Appel aux Etats membres à faire plus pour la qualité de l'eau - Les économies d'eau sont l'autre grand défi

Bruxelles, 22/03/2007 (Agence Europe) - A l'occasion de la journée mondiale de l'eau célébrée le 22 mars, la Commission européenne, organisatrice de la première conférence sur l'eau dans l'UE (22-23 mars), a exhorté les Etats membres à une meilleure mise en œuvre de la directive cadre sur l'eau pour atteindre l'objectif assigné d'une bonne qualité de l'eau à l'horizon 2015 dans l'Europe tout entière.

Le même jour, la Commission donnait à Bruxelles le coup d'envoi du système d'information sur l'eau en Europe (WISE: Water Information System in Europe), portail web conçu avec l'Agence européenne de l'Environnement (AEE) pour mettre toutes les données disponibles à la disposition du public.

Fruit d'un partenariat entre la Commission et l'AEE, WISE est accessible sur le site: http: //water.europa.eu. Il fournit des informations sur le statut des eaux européennes, la mise en œuvre des politiques de l'eau et les principales questions traitées à l'échelle européenne dans le domaine de l'eau. Ce portail donne également accès à des cartes interactives et aux données soumises par les Etats membres à la Commission. Les cartes seront régulièrement mises à jour, au fur et à mesure que seront vérifiées les nouvelles données fournies. La plate-forme d'information est reliée à un portail WISE RTD qui fournit les données scientifiques actualisées sur les questions relatives à l'eau.

Cette initiative et le premier rapport sur la mise en œuvre de la directive cadre sur l'eau de 2000 (qui révèle des performances très variables dans les différents Etats membres) ont été présentés lors d'une conférence de presse conjointe de la Commission et l'AEE. Stavros Dimas, Commissaire à l'Environnement, a souligné que la pénurie d'eau comme la qualité déficiente de l'eau ont un impact sur le tissu économique et social. Rappelant qu'à ce jour, 43% des eaux souterraines de l'UE et 28% seulement des eaux de surface atteindront le statut de qualité requis à l'horizon 2015, le Commissaire a déclaré: « je lance un appel à tous les Etats membres pour qu'ils redressent la barre. Nous n'avons pas de temps à perdre ». M. Dimas a précisé, en répondant à la presse, que « L'Autriche et Chypre ont les meilleurs résultats. L'Italie et la Grèce sont très à la traîne ».

Au nom du Parlement, l'eurodéputé Karl Heinz-Florenz (chrétien-démocrate allemand), qui fut, en son temps, rapporteur pour la directive cadre sur l'eau, s'est félicité de cette législation, en insistant sur le caractère transfrontière du problème de l'eau. « Tous ont compris que tout le monde souffre. Si un problème surgit en France ou en Allemagne, on le retrouve le long du Rhin et aux Pays-Bas ».

Francisco Nunes Correira, ministre portugais de l'Environnement, dont le pays assurera la Présidence du Conseil au 1er juillet 2007, a estimé que la pénurie d'eau, mise à l'honneur par les Nations unies, était une préoccupation croissante en Europe. Selon lui, « les situations extrêmes comme la sécheresse doivent être examinées de très près » car elles prennent de l'ampleur, notamment sous l'effet du changement climatique. « Il y a quelques années, la sécheresse était considérée comme un problème des pays du Sud de l'Europe. Elle est depuis lors devenue un problème grave pour les pays du Nord, comme la Finlande et le Royaume-Uni », a déclaré le ministre, en annonçant que le Conseil informel des ministres de l'Environnement sous présidence portugaise sera consacré, début septembre, au problème de la pénurie d'eau.

Pour Jacqueline McGlade, directeur exécutif de l'AEE, qui tient à replacer le problème de l'eau dans un contexte global, l'information est le premier levier de l'action pour économiser une ressource non renouvelable « qui n'a pas de prix ». Si 35 ans de législation européenne et 14 directives ont permis des avancées - notamment en améliorant sensiblement la qualité des eaux de baignade-, beaucoup reste à faire. «Même si des inquiétudes demeurent concernant les produits chimiques et les nitrates, l'impression qui se dégage est positive. Les citoyens ont le sentiment qu'on réutilise l'eau, qu'on la recycle, qu'on en fait donc une utilisation judicieuse ». Or, une étude réalisée aux Pays Bas et au Danemark révèle qu'investir dans le comportement des gens est plus utile que toute autre action. « Pour motiver les gens, il faut les informer. Dire que l'on va améliorer la qualité de l'eau ne sert à rien alors qu'on en utilise énormément dans l'économie », estime Mme McGlade en rappelant qu'il faut « 11 000 litres d'eau pour fabriquer un jean ». Et d'appeler à la compréhension du problème de l'eau « de façon globale ». En Europe, la consommation moyenne est de 165 litres par jour et par habitant ; or, une personne sur trois dans le monde a des problèmes d'accès à l'eau, souligne la directrice de l'AEE. « L'enjeu de demain sera: qu'en est-il de l'eau pour tous les habitants de la planète ? Pour satisfaire les besoins planétaires, ce sont quelque 180 milliards d'euros qui doivent être investis dans d'autres pays: soyons WISE ! », s'est exclamée Mme McGlade.

Dans un communiqué, Louis Michel, Commissaire européen au Développement, s'est indigné, lui, qu'au début du 21ème siècle, « plus d'un milliard d'habitants n'aient pas accès à l'eau potable, plus de deux milliards d'entre eux ne disposent pas d'un assainissement de base, des millions d'enfants meurent chaque année à cause de maladies liées à l'eau ». Il a également rappelé que l'Europe a « assumé sa responsabilité de solidarité » avec le lancement de l'initiative européenne pour l'eau, lancée en 2002 à l'occasion du Sommet de Johannesburg, et les moyens financiers affectés depuis lors à cette cause: 400 millions d'euros pour améliorer l'accès à l'eau et l'assainissement dans le cadre des crises humanitaires, 475 millions d'euros mobilisés au cours des six dernières années pour les pays ACP (Afrique, Caraïbe, Pacifique). (an)

Sommaire

AU-DELÀ DE L'INFORMATION
JOURNEE POLITIQUE
INFORMATIONS GENERALES