Bruxelles, 06/02/2007 (Agence Europe) - La Présidence allemande de l'UE se dit de plus en plus confiante que le Sommet UE/Etats-Unis, le 30 avril à Washington, donnera le coup d'envoi politique aux travaux sur la création d'un « marché unique transatlantique » (Transatlantic Single Market). « Il y a de bonnes chances que le Sommet donnera l'impulsion politique » nécessaire pour démarrer un processus graduel de rapprochement et d'harmonisation réglementaire, a affirmé mardi le président de la commission des Affaires européennes du Bundestag, Matthias Wissmann, devant la presse à Bruxelles. Il ne s'agit plus de créer une zone de libre-échange (même si c'était bien l'idée de départ) ou de saper le cycle de Doha, mais bien d'éliminer les obstacles non tarifaires au commerce pour aboutir à un level playing field, un marché unique transatlantique, d'ici 2015, a expliqué le proche d'Angela Merkel à l'origine de la proposition de la chancelière (voir aussi EUROPE n°9353). Il y trois mois, l'administration Bush était encore « neutre », mais elle a adopté aujourd'hui une « attitude positive » à l'égard de cette idée, a expliqué M.Wissmann qui dit aussi avoir le soutien des Etats membres de l'UE et de la Commission (y compris de Peter Mandelson).
Entre-temps, l'ambassadeur de l'UE à Washington, John Bruton, insiste sur la nécessité d'associer étroitement les deux chambres du Congrès américain à la préparation du projet, sachant que toute modification réglementaire nécessitera l'approbation de Capitol Hill. « Une approche d'administration à administration ne sera pas suffisante. Si les deux chambres du Congrès ne sont pas impliquées, ça ne fonctionnera pas », a dit M. Bruton mardi à Bruxelles devant le CEPS. « L'administration Bush est prête à travailler avec Mme Merkel et l'UE (sur l'idée d'un marché unique transatlantique), mais elle attend des propositions plus concrètes de la part des Européens », a dit l'ancien Premier ministre irlandais qui juge nécessaire que « certains mécanismes institutionnels » soient mis en place pour renforcer et approfondir le dialogue réglementaire transatlantique déjà en place. (hb)