Bruxelles, 06/02/2007 (Agence Europe) - Bruxelles est cette semaine le théâtre de nouveaux développements dans la négociation laborieuse d'accords de partenariat économique entre l'UE et six régions ACP (Afrique/Caraïbe/Pacifique), liées à l'UE par l'accord de Cotonou. La région Afrique de l'Ouest et la région Afrique centrale ont repris les 5 et 6 février les négociations, au niveau ministériel, avec la Commission européenne, représentée par les Commissaires au Commerce Peter Mandelson et Louis Michel, responsable du développement. Dans les deux cas, il s'agit de sessions ministérielles décisives, car il convient d'aplanir les divergences de vues entre les ACP et l'UE sur la dimension développement de futurs accords préparatoires à la libéralisation progressive des échanges. « Nous allons savoir s'il sera possible de finaliser les projets de textes de l'accord avec ces deux régions et de passer à la phase finale concernant l'accès au marché», déclarait à EUROPE Claude Maerten, chef d'unité à la Commission (DG commerce), avant la reprise des pourparlers à huis clos.
Pour ces deux régions d'Afrique, la condition préalable à la finalisation des projets de textes est subordonnée à l'obtention de garanties sur le financement des APE par des ressources additionnelles à celle du Fonds européen de développement (FED), comme sur le contenu à donner au renforcement des capacités et à la mise à niveau des économies et des entreprises locales avant l'ouverture des marchés. L'Afrique de l'Ouest insiste tout particulièrement pour que soit identifiée la liste des produits sensibles à protéger en l'absence d'accord à l'OMC sur le commerce des produits agricoles.
Parallèlement à ces sessions ministérielles, le Secrétariat général du groupe ACP accueille ces 6 et 7 février, la cinquième réunion du groupe technique ACP de suivi des APE. Cette instance, rassemblant les six régions qui négocient, doit faire le point sur l'état d'avancement des négociations dans les différentes régions, notamment pour ce qui concerne l'accès au marché (période de transition, couverture des produits, calendrier de démantèlement des droits, règles d'origine, produits sensibles, subventions à l'exportation, restitutions à l'exportation, instruments de défense du commerce, protocoles relatifs aux produis de base, pêche, etc), les services, les questions liées au commerce, les questions juridiques et institutionnelles.
A l'ouverture de cette réunion, Sir John Kaputin, secrétaire général du groupe ACP, a planté le décor en appelant les six régions ACP à travailler solidairement. «Pour bien suivre ces négociations, nous devrions toujours nous rappeler que les intérêts de nos régions peuvent être différents dans plusieurs domaines, et c'est bien normal (…) puisque la structure économique de nos pays et de nos régions, l'état d'avancement de l'intégration régionale , ont des reflets différents dans les différentes régions du groupe ACP qui aujourd'hui négocient les APE. Mais ce que nous voulons éviter, c'est que ces différences soient exploitées en divergences, entre nous et par nos partenaires (…) ce qui nous préoccupe avant tout, et qui contribue à ralentir l'avancement des négociations, c'est la formulation envisagée de ces APE ». Ce que veulent les ACP, « ce sont de véritables instruments de développement prenant en compte l'inégalité du niveau de développement entre les signataires, mais aussi des mesures d'accompagnement devant aider les pays et régions à accélérer la transformation des économies et mettre en œuvre , avec toutes les chances de succès, le volet commercial de l'Accord », a rappelé Sir John Kaputin, estimant que les discussions au niveau ministériel avec la Commission sont « sûrement l'occasion de redire nos craintes et d'évaluer les chances réelles de conclusion de ces APE dans le délai imparti ». Il faut comprendre ici la fin de 2007, date d'expiration de la dérogation à l'OMC pour le régime commercial préférentiel dont jouissent les ACP.
Les discussions du comité de suivi seront alimentées par les conclusions d'une évaluation critique des négociations au niveau régional, réalisée par un réseau régional d'organisations d'agriculteurs constitué de EAFF (Fédération des agriculteurs d'Afrique de l'Est), PROPAC (Programme d'appui à la pêche artisanale en Casamance), ROPPA (Réseau d'organisations paysannes de l'Afrique de l'ouest), SACAU (Confédération des syndicats d'agriculteurs d'Afrique australe) et WINFA (Associations des agriculteurs des Iles du Vent).
Les recommandations formulées par le groupe technique ACP de suivi prépareront la réunion des ministres ACP en charge des négociations prévue le 27 février prochain. Cette session ministérielle ACP sera suivie d'un comité ministériel ACP (le 28 février) et d'un comité ministériel commercial mixte ACP/UE le 1er mars. (an)