Berlin, 11/01/2007 (Agence Europe) - L'Union européenne a besoin de plus d'indépendance pour son approvisionnement et de diversifier les sources composant son portefeuille énergétique, a souligné mercredi le ministre allemand de l'Economie et des technologies. Michael Glos s'est félicité du « paquet énergie » présenté le même jour par la Commission, s'interrogeant ouvertement sur la possibilité d'atteindre les objectifs sans recourir au nucléaire. S'il faut moins d'énergie émettrice de dioxyde de carbone, les conditions économiques de l'ajustement doivent rester raisonnables, a expliqué M. Glos devant quelques journalistes. Une politique de protection climatique sera « crédible » et susceptible de convaincre d'autres pays d'y souscrire « s'ils voient que les objectifs peuvent être atteints sans délocalisation hors d'Europe ». Ces objectifs ont donc un prix. «Nous sommes en faveur d'un large portefeuille énergétique pour nous aider à faire un plus grand usage des énergies renouvelables », mais il nous faut « être capables de payer pour cela et assurer que la compétitivité de notre industrie ne souffrira pas », a insisté M. Glos. Or, « il est absolument impossible de respecter le protocole de Kyoto sans utiliser l'énergie nucléaire », a-t-il ensuite constaté, marquant un penchant qui n'est pas partagé par tous les membres de la grande coalition au pouvoir en Allemagne. Dirigé par la chrétienne démocrate Angela Merkel, le gouvernement n'a pas développé de position uniforme, laissant cette question sans réponse dans l'accord de coalition entre CDU-CSU et SPD, qui ne remet pas en cause la sortie du nucléaire. Mais « il y a un changement de mentalité parmi les électeurs », a estimé M. Glos, alors que la Commission reste « agnostique » sur la question nucléaire, selon une expression utilisée par son président José Manuel Barroso (EUROPE n°9341). (ab)