Bruxelles, 11/01/2007 (Agence Europe) - « Je suis très inquiet au sujet de la formation d'un groupe d'extrême droite au Parlement européen », déclare le social-démocrate allemand Jo Leinen dans un communiqué. Le président de la commission parlementaire des affaires constitutionnelles propose de modifier le règlement interne du PE de manière à obliger les groupes politiques à accepter les valeurs et principes européens, comme c'est le cas pour les partis politiques européens. Le Président du PE devrait aussi, selon lui, pouvoir sanctionner certains types de déclarations. « Les slogans antisémites et xénophobes ne doivent pas être acceptés. Ceux qui prêchent le racisme et le nationalisme, et donc minent les valeurs et les objectifs de l'Union européenne, ne devraient pas bénéficier de finances ni de fonctions au Parlement européen », estime-t-il.
S'il regrette la formation imminente du nouveau groupe « Identité, tradition, souveraineté » (voir EUROPE n°9341), le groupe Verts/ALE estime néanmoins que celui-ci restera « marginal » au sein du PE: « La formation probable d'un groupe d'extrême droite au PE est un triste reflet de la réalité de l'Europe d'aujourd'hui. (…) Dans la pratique, peu de choses changeront cependant. Ces députés d'extrême droite siègent déjà dans cette maison et le fait qu'ils soient organisés en groupe politique ne leur donnera pas plus d'influence au PE. Ils resteront marginaux », estiment Monica Frassoni et Daniel Cohn-Bendit, co-présidents de ce groupe. Les Verts s'engagent à continuer « le combat politique contre les idées ignobles de l'extrême droite » afin qu'il n'y ait plus un tel groupe après les élections européennes de 2009.
La libérale britannique Diana Wallis a commenté l'information selon laquelle Ashley Mote, député du parti antieuropéen UKip, rejoindrait le groupe politique d'extrême droite: « Finalement, la vraie nature de UKip est mise à jour. On peut penser que (ces représentants) votent avec des idées antieuropéennes (…), mais cette récente initiative d'Ashley Mote révèle un côté plus sombre et plus sinistre de ce parti. Que les choses soient bien claires, ce nouveau groupe parlementaire est fasciste. Les nouveaux collègues de M. Mote comprennent Jean-Marie Le Pen et Alessandra Mussolini, et son leader (Bruno Gollnisch) est en train d'être jugé pour négation de l'Holocauste. Cette situation devrait réveiller ceux qui envisagent de voter pour UKip aux prochaines élections ». (mb)