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Bulletin Quotidien Europe N° 9342
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Les ONG environnementales déplorent un manque de vision de la part de la Commission

Bruxelles, 11/01/2007 (Agence Europe) - C'est peu dire que les ONG environnementales sont déçues par le paquet Energie pour l'Europe, présenté le 10 janvier par la Commission (EUROPE n° 9341). Leurs craintes, exprimées à la veille de l'adoption des propositions de la Commission (EUROPE n°9340), sont avérées.

Pour Friends of the Earth Europe (FoE), le paquet est « une bonne nouvelle pour l'industrie énergétique polluante, une mauvaise nouvelle pour les citoyens et la planète ». L'ONG reproche à la Commission d'ignorer ses propres analyses scientifiques et économiques, pour proposer de s'en tenir au statu quo en matière de politique énergétique au lieu d'impulser un changement radical en faveur des énergies renouvelables et de l'efficacité énergétique. FoE estime, en le déplorant, que le programme vise à améliorer le fonctionnement des marchés de l'énergie au sein de l'UE, mais laisse intacts les milliards d'euros de subventions pour les combustibles fossiles et l'énergie nucléaire, et ne s'attaque pas aux coûts externes considérables imputés par l'énergie sale à la société.

« Le paquet Energie de l'UE devrait créer une vision pour l'énergie durable en Europe, fondée sur les énergies renouvelables et l'efficacité énergétique. Au lieu de cela, la Commission projette de préserver une politique énergétique en Europe, dominée par les combustibles fossiles polluants et l'énergie nucléaire dangereuse », déclare Jan Kowalzig, expert en questions climatiques de l'ONG.

S'agissant des énergies renouvelables, FoE regrette que la Commission n'ait fixé « qu'un faible objectif général de 20% d'ici à 2020, inférieur à ce qui est indispensable pour atteindre le niveau de réduction d'émissions de CO2, et à ce qui pourrait facilement être atteint ». Sans compter, ajoute l'ONG, que cet objectif n'est même pas ventilé en objectifs spécifiques par secteurs, « une opportunité manquée de susciter un développement simultané dans tous les secteurs, alors que la Commission reconnaît elle-même qu'un manque d'objectif spécifique pour l'électricité ou pour le chauffage et la réfrigération affaiblira la sécurité dont jouiront les entreprises pour la planification de leurs investissements ».

Quant à l'objectif proposé à l'UE d'une réduction unilatérale de 20% des émissions de gaz à effet de serre à l'horizon 2020 par rapport au niveau atteint en 1990, FoE le juge « insuffisant pour permettre à l'UE d'atteindre son objectif de maintenir à 2 degrés Celsius l'augmentation des températures à la surface de la planète » et d'éviter ainsi « un changement climatique catastrophique ». En outre, ce manque d'ambition « indiquera au reste du monde que l'UE ne souhaite pas vraiment s'attaquer avec sérieux à la crise climatique. Si les gouvernements de l'UE confirment un objectif inférieur à 30% à l'horizon 2020, lors du prochain Conseil européen de printemps, ce sera un camouflet pour tout ceux qui ont déjà à souffrir des inondations ou des sécheresses », affirme Jan Kowalzig.

FoE est également déçu par l'approche « démodée » de la Commission concernant la sécurité de l'approvisionnement énergétique qui consiste à « assurer la pérennité des importations de pétrole et de gaz dans l'UE au lieu de réduire la dépendance aux combustibles fossiles » en commençant par réduire les déchets de l'énergie consommée dans les secteurs les plus gourmands du transport (70% du pétrole importé) et des bâtiments (50% du gaz importé). L'ONG est tout aussi critique à l'égard du nucléaire que la Commission accepte de considérer comme une solution dans la lutte de l'UE contre les changements climatiques « sans proposer de solution pour les problèmes non résolus » de cette source d'énergie

Pour les mêmes raisons, le WWF estime que les propositions de la Commission font de la « révolution énergétique de l'UE un rêve lointain ».

L'ONG dit compter sur la Présidence allemande du Conseil et sur tous les pays, qui, comme l'Allemagne, soutiennent un objectif de réduction des émissions de 30% à l'horizon 2020 (notamment le Royaume-Uni, la Suède, la France) pour « se battre pour un leadership global de l'UE dans la lutte contre le changement climatique et renforcer la proposition lors du Conseil européen en mars prochain ».

Pour réaliser la « nouvelle révolution industrielle » que la Commission européenne appelle de ses vœux, il convient, selon le WWF, de trouver de nouveaux moyens de produire de l'énergie, de repenser la manière dont les transports sont organisés et de garantir que les nouveaux produits, dotés d'une excellente efficacité énergétique soient promus pour chauffer et éclairer nos domiciles et nos lieux de travail.

Or, le paquet énergie est bien loin de cette « nouvelle vision » porteuse de nombreuses opportunités de réduire notre dépendance à l'égard des importations d'énergie volatile, de créer de nouvelles technologies efficaces du point de vue énergétique et d'ouvrir de nouveaux marchés verts aux produits et services produits en Europe, souligne l'ONG. «La Commission met encore trop l'accent sur les gazoducs, les oléoducs et d'autres solutions techniques, et accorde trop peu d'attention aux réelles possibilités de diversifier les sources d'énergie, en donnant la priorité aux énergies renouvelables et à davantage d'efficacité énergétique », regrette Stephan Singer, chef de l'Unité Changement climatique au WWF. Le Bureau européen de l'environnement (BEE) est sur la même ligne mais salue un point: l'objectif d'une réduction des émissions de gaz à effet de serre de 30% proposé pour les pays développés d'ici à 2020, un objectif que l'UE devrait se fixer pour elle-même, estime l'ONG. (an)

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