Bruxelles, 11/01/2007 (Agence Europe) - La Commissaire à l'Agriculture, Mariann Fischer Boel, juge « ambitieux mais réaliste » l'objectif retenu par la Commission européenne, lors de l'adoption, le 10 janvier, du paquet « Energie », de remplacer, à l'horizon 2020, au moins 10% des volumes de carburant (essence ou diesel) utilisés dans les transports par des biocarburants. Ambitieux car l'objectif 2005 est loin d'avoir été atteint, mais réaliste compte tenu de la très forte augmentation attendue de la demande en bioéthanol et biodiesel.
La Commissaire a précisé que l'objectif de 10% au moins de biocarburants s'appliquera à tous les Etats membres, lesquels seront obligés de prendre des mesures pour y parvenir. L'augmentation de la production de bioénergies pourrait créer jusqu'à 300.000 nouveaux emplois dans l'UE, dont un très grand nombre dans les régions rurales, a rappelé Mme Fischer Boel. C'est la raison pour laquelle la Commission a encouragé les Etats membres à promouvoir le développement des bioénergies grâce aux mesures prévues dans les programmes de développement rural. Elle a rappelé que la réforme, en 2003, de la Politique agricole commune (PAC) a introduit une prime de 45 euros par hectare pour les agriculteurs qui utilisent des terres pour produire des cultures énergétiques. Le système de gel des terres autorise l'exploitation pour cultiver des produits non-alimentaires. Même si la bioénergie n'est « pas la panacée », elle devrait permettre aux agriculteurs des secteurs de la betterave à sucre et du maïs de trouver de nouveaux débouchés. Mme Fischer Boel a rappelé, en effet, que les exploitants de betterave sont affectés par la réforme du secteur du sucre et ceux qui produisent le maïs devraient pâtir du projet de suppression de l'intervention pour cette céréale.
La Commissaire est très intéressée par le développement de biocarburants de « deuxième génération » (matières ligneuses, graminées et autres types de déchets). Elle souligne cependant que l'UE ne peut pas se permettre d'attendre les résultats des travaux de recherche sur cette seconde génération de biocarburants. Elle invite les pays à investir davantage dans les biocarburants de première génération. Le biodiesel (ou diester) est un carburant obtenu à partir d'huile d'oléagineux (colza ou tournesol) qui peut remplacer le gazole dans les moteurs diesel jusqu'à une proportion de 15 %. Le bioéthanol est un substitut de l'essence obtenu à partir des plantes contenant de la saccharose (canne à sucre, betterave) ou de l'amidon (maïs, blé). Il peut être incorporé jusqu'à 15 % dans le carburant des voitures ordinaires (ce pourcentage peut aller jusqu'à 85% sur des moteurs adaptés).
« Je pense que les bioénergies pourraient constituer une bonne carte pour l'avenir de l'agriculture européenne. Même s'il ne s'agit pas d'une mine d'or inépuisable, elles donnent une chance aux agriculteurs de produire en gardant un œil sur le marché et d'une manière écologiquement durable », conclut Mme Fischer Boel.
La directive sur les biocarburants, adoptée en 2003, fixe comme objectif aux pays membres de remplacer 2% des volumes de carburant essence et diesel utilisés dans les transports par des biocarburants d'ici 2005, et 5,75% d'ici 2010. L'objectif fixé pour 2005 n'a pas été atteint (seules l'Allemagne et la Suède l'ont respecté). Des progrès notables sont attendus à l'horizon 2010, mais ils seront insuffisants pour atteindre l'objectif de 5,75%. La Commission propose donc de renforcer le cadre législatif en fixant à 10% minimum la part des biocarburants en 2020. (lc)