Bruxelles, 04/12/2006 (Agence Europe) - La perspective de fixer une nouvelle échéance pour qu'Ankara se conforme à ses obligations sera discutée ce mardi lors d'une rencontre informelle entre la chancelière allemande, Angela Merkel, et le Président français, Jacques Chirac, ont confirmé lundi des diplomates des deux pays. Selon Mme Merkel, qui avait évoqué cette possibilité immédiatement après les recommandations de la Commission sur la suite des négociations d'adhésion avec la Turquie, une clause d'examen permettrait au Conseil européen de faire le point sur le dossier sur l'application par Ankara de ses engagements sur l'union douanière (EUROPE n° 9318). Paris est « sur la même ligne » que Berlin, a confirmé un diplomate français, estimant que la rencontre informelle de Mettlach, près de Saarbrücken en Allemagne, devrait officialiser cette position. Alors que la Turquie devait initialement ouvrir ses ports et aéroports aux navires et avions chypriotes en 2006, pourquoi n'y a-t-il pas dans les recommandations de la Commission de nouvelle échéance, s'interroge-t-on notamment du côté français. En proposant de ne pas ouvrir les pourparlers dans huit domaines clés et de ne fermer aucun chapitre aussi longtemps que la Turquie n'applique pas pleinement le protocole additionnel à l'accord d'Ankara, la Commission n'avait en effet pas assorti ses recommandations d'un calendrier (EUROPE n° 9317). Dans un entretien à Reuters, Olli Rehn a appelé lundi à la prudence. « Je voudrais demander à la chancelière Merkel et au Président Chirac de chercher une solution équilibrée qui montre, d'une part, les conséquences d'une non conformité par un Etat candidat, mais qui maintienne en même temps le processus d'adhésion avec la Turquie en vie, en raison de son importance stratégique pour l'Europe et la Turquie », a déclaré le Commissaire chargé de l'élargissement. Alors que les ministres des Affaires étrangères doivent trancher le 11 décembre, la question devrait refaire surface à l'occasion des discussions du Conseil européen des 14 et 15 décembre, a pour sa part indiqué un diplomate finlandais. (ab)