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Bulletin Quotidien Europe N° 9301
INFORMATIONS GENERALES / (eu) ue/eurogroupe

Les bonnes perspectives doivent inciter aux réformes

Bruxelles, 07/11/2006 (Agence Europe) - Croissance au plus haut, déficits publics inférieurs aux attentes et inflation contenue, la situation économique dépeinte par la Commission dans ses prévisions d'automne (EUROPE n° 9300) a de quoi satisfaire les ministres des Finances de la zone euro, qui en ont longuement discuté lundi soir. « En règle générale, les membres de l'Eurogroupe étaient d'accord avec les évaluations de la Commission », a déclaré Jean-Claude Juncker à l'issue de la réunion qu'il présidait, plaidant, comme le Commissaire aux affaires économiques et monétaires, Joaquin Almunia, pour une poursuite des réformes.

La croissance européenne « poursuit sur sa bonne route », se révélant « plus forte que ce que nous pensions il y a un an ou quelques mois » (la Commission prévoit désormais une croissance de 2,6% du PIB cette année et 2,1% l'année prochaine), a confirmé le Premier ministre et ministre des Finances luxembourgeois. Même si elle devrait s'avérer « légèrement inférieure en 2007 », en raison d'« un certain nombre de risques que nous n'arrivons pas à évaluer d'une manière mathématique », les perspectives restent bonnes. Principale crainte, avec une hausse des prix du pétrole, l'impact d'un ralentissement des activités aux États-Unis sur l'économie européenne « ne sera ni brutal ni dramatique », a néanmoins jugé M. Juncker.

La décélération de la croissance américaine sera « moins forte que certains ont pu le penser il y a quelques mois » et ce ralentissement, qui concerne surtout le secteur du bâtiment, ne présente « pas de risque d'une contagion trop prononcée vers d'autres secteurs », a-t-il ajouté, s'appuyant sur le scénario d'un « atterrissage en douceur » (« soft landing ») de l'économie américaine. Avec 2,3% de croissance aux États-Unis pour l'année prochaine, « on ne peut pas parler de récession », mais on ne peut pas exclure le risque d'un ralentissement plus prononcé, a jugé M. Almunia, qui se veut néanmoins confiant. Etant donné la composition de la croissance européenne, qui se fonde surtout sur la demande intérieure, l'impact pour l'Europe ne s'annonce pas aussi important qu'il pouvait l'être lors de précédents ralentissements. Plus généralement, l'économie mondiale enregistrera des résultats « peut-être un peu inférieurs à 2006 », mais toujours bons.

Interrogés à leur arrivée les ministres autrichien et néerlandais des Finances, Karl-Heinz Grasser et Gerrit Zalm, avaient estimé pour leur part que les perspectives pour 2007 pourraient même être supérieures aux prévisions de la Commission. Ces dernières semblent même « trop pessimistes » pour la zone euro, selon
M. Grasser, alors que les chiffres pourraient aussi être meilleurs aux Pays-Bas, a constaté M. Zalm. Et le ministre italien Tommaso Padoa-Schioppa d'ajouter que « pour 2008, les prévisions de l'Italie sont plus optimistes que celles de la Commission ».

« Sur l'inflation nous partageons aussi les estimations de la Commission, bien que certains de nos collègues estiment qu'elles sont peut-être un peu trop élevées », a expliqué M. Juncker. Interrogé sur le lien entre les prévisions en matière d'inflation et les perspectives de la politique monétaire de la BCE, « il est vrai que l'inflation accuse une tendance à la baisse », mais il est aussi « vrai que nombre d'observateurs considèrent que l'inflation sera toujours supérieure à 2% », a-t-il convenu avec prudence. La Banque centrale raisonne sur le moyen terme, mais « il faudra que chacun examine avec beaucoup d'attention le profil de l'inflation sur les mois à venir (…), la BCE étant d'accord pour garder à l'esprit l'impact d'une décision éventuelle sur les taux pour la croissance », a néanmoins glissé M. Juncker. « On ne peut pas dire que l'inflation est hors contrôle », mais il faut aussi reconnaître qu'il y a des risques, a renchéri M. Almunia, dont les attentes en matière d'inflation pour l'année prochaine s'établissent à 2,1% (contre 2,2% cette année).

Se félicitant également de la « nette amélioration des finances publiques », l'important reste de poursuivre les réformes structurelles, ont ensuite observé MM. Juncker et Almunia. La consolidation budgétaire, presque inespérée, montre que le Pacte de stabilité et de croissance (PSC) révisé « commence à produire ses effets », y compris dans le volet préventif, a insisté M. Juncker, appréciant la récente décision du gouvernement allemand d'affecter la cagnotte budgétaire de 2006 à la réduction du déficit et de la dette. Le contexte économique actuel est une chance à saisir, a répété le Commissaire Almunia, pour qui il ne faut « pas attendre la prochaine récession pour lancer un autre programme de réformes ». Du même avis, M. Juncker rappelle qu'en période de forte croissance, « ni la consolidation des budgets ni les réformes ne doivent marquer une pause ». De janvier à mars, l'Eurogroupe se penchera sur le « cortège impressionnant de réformes » déjà accomplies, avec l'idée de « mieux les coordonner », mais pas outre mesure, a-t-il néanmoins dû reconnaitre après la réunion de lundi. Il est « peut-être trop ambitieux » de vouloir coordonner à tout prix la séquence des réformes dans la zone euro, qui ne peuvent pas être les mêmes partout et « pas avec la même intensité », a constaté M. Juncker. (ab)

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