Bruxelles, 07/11/2006 (Agence Europe) - Les ministres de l'Agriculture des Etats membres de l'UE donneront pour la première fois, lors de leur réunion des 20 et 21 novembre à Bruxelles, leur appréciation de la proposition de refonte du régime d'aide aux producteurs communautaires de bananes. Les discussions qui ont eu lieu au niveau des experts du Comité spécial Agriculture (CSA), en particulier lundi 6 novembre, ont montré que les principaux pays producteurs de bananes communautaires, à savoir l'Espagne, la France et le Portugal, soutiennent la proposition de la Commission européenne qui prévoit de mettre un terme au régime actuel d'aide compensatoire et de le remplacer par un soutien plus adapté aux particularités de chacune des régions de production et plus conforme aux objectifs de la Politique agricole commune (PAC) réformée (EUROPE n° 9269). Le Conseil devrait être en mesure de parvenir à un accord sur ce texte avant la fin de l'année, à savoir lors de sa réunion des 19, 20 et 21 décembre, pour permettre une entrée en vigueur de la réforme à partir du 1er janvier 2007.
Lors du Conseil du 20 novembre, les ministres espagnol, français et portugais devraient marquer leur accord sur la proposition de la Commission. Pour rappel, la Commission prévoit, pour les exploitants de bananes des régions ultrapériphériques - îles Canaries (Espagne), Guadeloupe et Martinique (Antilles françaises), Madère et Açores (Portugal) -, de transférer une enveloppe financière de 278,8 millions d'euros par an vers les programmes POSEI spécialement conçus pour aider les régions ultrapériphériques de l'UE dans de nombreux secteurs agricoles.
Dans les régions de production qui ne sont pas ultrapériphériques - Portugal continental, Grèce et Chypre -, l'aide au secteur de la banane serait intégrée dans le régime de paiement unique en vigueur dans de nombreux autres secteurs. La Grèce et Chypre sont plus réservés que les autres pays producteurs. La Grèce demande la possibilité d'octroyer à ses producteurs une aide qui conserve un lien avec le niveau de production et souhaite que la prime couvre une quantité plus importante d'hectares. Chypre aussi demande des aides plus importantes pour ses exploitants du secteur. En outre, certains pays non producteurs (la Suède et les Pays-Bas), qui importent surtout des bananes « dollar » produites dans les pays d'Amérique latine, jugent trop généreuse l'enveloppe financière octroyée aux producteurs de l'UE.
Le régime d'importation salué par les pays ACP et les pays producteurs de l'UE
Les ministres de l'Agriculture et les représentants des producteurs de l'UE (Espagne, France, Chypre, Grèce et Portugal) et des pays ACP (Belize, Cameroun, Côte d'Ivoire, Gabon, Ghana, Jamaïque, République Dominicaine, Sainte Lucie, Saint Vincent et les Grenadines et le Surinam), réunis le 6 novembre 2006 à Paris, ont constaté que le droit de douane de 176 euros par tonne appliqué par l'UE depuis le 1er janvier 2006 a « non seulement permis de garantir la continuité des flux en provenance d'Amérique Latine et de la zone ACP, mais encore a occasionné une croissance des importations européennes sur les six premiers mois de l'année 2006 ». Ces pays ont dès lors estimé que le régime transitoire en vigueur aujourd'hui permet de répondre « aux objectifs d'équilibre » du marché. Ils ont appelé la Commission européenne et les pays exportateurs de bananes non ACP à « poursuivre sur les bases actuelles le dialogue qu'ils ont engagé, en vue d'aboutir à une solution concertée et définitive concernant le régime d'importation de la banane dans l'UE ». Selon les chiffres de la Commission, les importations communautaires de bananes ont augmenté de 9,5 % depuis l'instauration d'une protection uniquement tarifaire aux frontières, celles en provenance des pays ACP (Afrique, Caraïbes, Pacifique) progressant de 19,9 % et celles originaires des pays latino-américains de 7 %. La part de marché détenue par les producteurs communautaires se situe actuellement à quelque 16 %. Les pays producteurs d'Amérique latine jugent trop élevé le droit à l'importation de 176 euros par tonne approuvé le 29 novembre par les Etats membres de l'UE (EUROPE n°9078) et négocient actuellement avec l'UE pour trouver une solution à ce différend commercial. (lc)