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Bulletin Quotidien Europe N° 9296
JOURNEE POLITIQUE / (eu) ue/macedoine

Skopje pense adhérer à l'UE en 2012 et à l'OTAN en 2009

Bruxelles, 27/10/2006 (Agence Europe) - Le ministre macédonien des Affaires étrangères Antonio Milososki a souhaité vendredi à Bruxelles que son pays puisse adhérer à l'Union européenne 2012 et à l'OTAN en 2009. « Nous attendons beaucoup de la Présidence allemande de l'UE (au premier semestre 2007) », a indiqué M. Milososki, espérant que la date d'ouverture des négociations pourrait être fixée durant ce mandat. « Nous serions heureux de commencer les négociations à la fin de l'année prochaine ou début 2008 », a-t-il ajouté, considérant comme « plus réaliste » que cela ait lieu « après les élections françaises » du printemps 2007. Concernant la date d'adhésion, le ministre a expliqué que « la Bulgarie a mis six ans entre l'ouverture des négociations et la date d'adhésion (le 1er janvier prochain), mais nous sommes plus petits, alors peut-être que ça pourrait prendre cinq ans pour nous, soit 2012 ». M. Milososki a indiqué qu'il n'attendait pas du prochain rapport de la Commission européenne, le 8 novembre, l'annonce d'une date d'ouverture pour les négociations d'adhésion. La Macédoine a obtenu en décembre 2005 le statut de candidat officiel à l'adhésion à l'UE mais sans qu'aucun délai ne soit fixé pour l'ouverture des négociations, ni pour son entrée. Dans la perspective de l'intégration à l'UE, le ministre a expliqué, faisant à demi-mot référence à la Turquie (72 millions d'habitants), qu'un pays comme la Macédoine (2 millions d'habitants) ne posait pas de réel problème en termes de capacité d'absorption. Il a aussi souligné que son pays entamerait dès 2007 une réforme ambitieuse de baisse sur la taxation destinée à attirer les investissements de l'UE. Parmi les autres engagements du gouvernement figurent: la lutte contre le chômage qui culmine à 36 % de la population active, la réforme du système judiciaire et la lutte contre la corruption. Sur ce dernier point, M. Milososki a précisé que le plus haut magistrat du ministère public avait été récemment démis de ses fonctions car il constituait un obstacle à la lutte contre le crime organisé et la corruption. « Nous ne ferons aucun compromis », a-t-il assuré. Le ministre sera de nouveau à Bruxelles les 20 et 21 novembre pour rencontrer les députés européens ainsi que le Commissaire à l'Elargissement Olli Rehn. Concernant l'adhésion de la Macédoine à l'OTAN, M. Milososki a déclaré: « Nous espérons qu'un fort message d'encouragement sera envoyé lors du Sommet de l'OTAN à Riga (en novembre). Et il serait réaliste d'être invité à devenir membre en 2008 ». Il a estimé que le processus d'adhésion prendrait six mois à un an, espérant une entrée effective dans l'Alliance atlantique en 2009, lorsque l'organisation fêtera ses 60 années d'existence. Il a reconnu que pour respecter les critères d'adhésion à l'OTAN, son pays devait obtenir davantage de résultats concrets dans la lutte contre la corruption, l'achèvement de la réforme de l'armée (professionnalisation) et le renforcement de l'Etat de droit. Le ministre est enfin revenu sur « l'affaire Khaled Al-Masri », ce citoyen allemand d'origine libanaise, qui affirme que des agents de la CIA l'ont enlevé en décembre 2003 et détenu pendant cinq mois dans une prison secrète en Afghanistan (voie EUROPE n°9231). M. Milososki a confirmé qu'il n'y a « pas de prisons de la CIA » en Macédoine et qu' « aucun faux pas » n'avait été fait par les policiers nationaux. Le ministre a conclu qu'il n'approuvait pas les pratiques de lutte contre le terrorisme reconnues récemment par le Président américain, mais que pour des raisons de sécurité, il était en mesure de les comprendre. (bc)

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