Bruxelles, 27/10/2006 (Agence Europe) - A l'occasion du Sommet UE/Ukraine qui s'est tenu vendredi 27 octobre à Helsinki, l'Union européenne a réitéré sa détermination d'entamer, si possible encore avant la fin de cette année, les négociations en vue d'un nouvel accord de coopération plus ambitieux avec l'Ukraine. Ce nouvel accord, qui - selon le projet de mandat de négociation de la Commission européenne - doit aussi prévoir la conclusion d'un accord de libre-échange, replacera l'actuel Accord de Partenariat et de Coopération (APC) qui expirera en 2007. En revanche, l'UE n'a pour l'instant aucune intention d'offrir à l'Ukraine la perspective d'adhésion. « L'Ukraine n'est pas prête pour cela et nous ne sommes pas prêts », a estimé le président de la Commission européenne José Manuel Barroso. « L'Ukraine a encore des réformes à accomplir. Soyons honnêtes: aujourd'hui, l'Union européenne n'est pas prête, nos Etats membres ne sont pas prêts à assumer de nouvelles obligations en matière d'élargissement », a-t-il souligné.
Le président ukrainien Viktor Iouchtchenko a en revanche réitéré les ambitions européennes de son pays. Selon lui, le futur nouvel accord devra permettre à l'Ukraine de passer de l'actuel « partenariat de coopération » à une « association politique » avec l'UE et à une « intégration économique ». Il est important que le futur nouvel accord ne ressemble pas à un simple APC amendé, mais à un accord qui donne à l'Ukraine une réelle perspective européenne à long terme, « avec des objectifs clairs et des échéances précises pour les atteindre », a dit le président ukrainien. Et d'ajouter: « L'Union européenne doit garder ses portes ouvertes ».
L'énergie a évidemment été l'un des principaux sujets discutés au Sommet. L'Ukraine a donné des assurances à l'UE, selon lesquelles, pendant l'hiver prochain, il n'y aura plus de problèmes de transit de gaz russe vers l'Europe. « Nous avons discuté de la sécurité des livraisons de gaz (en provenance de Russie) à l'Ukraine, ainsi que du transit vers l'Union européenne pendant l'hiver prochain. Nous avons reçu des assurances sur ces questions de la part du Président Iouchtchenko », a commenté M. Barroso à l'issue de la réunion. L'UE s'est aussi félicitée du récent accord entre la Russie et l'Ukraine sur les livraisons de gaz. « Nous ne prévoyons pas de problèmes, du moins pour cette année », a dit M. Barroso. Dans un communiqué de presse conjoint adopté par le Sommet, les deux parties se félicitent aussi des progrès accomplis en ce qui concerne la mise en œuvre du Memorandum of Understanding UE/Ukraine sur la coopération énergétique.
En marge du Sommet, la Commissaire Benita Ferrero-Waldner et le ministre ukrainien des Affaires étrangères Boris Tarassiouk ont paraphé les accords sur la facilitation des procédures d'octroi de visas et la réadmission des immigrants illégaux (voir EUROPE n° 9295).
L'adhésion à l'OMC donnera le feu vert aux négociations pour un ALE, rappelle Mme Halonen
Jeudi, en ouverture d'une conférence économique euro-ukrainienne en marge du Sommet, la présidente finlandaise Tarja Halonen a précisé que l'UE était prête à lancer des négociations avec l'Ukraine pour un accord de libre-échange, mais seulement après que l'Ukraine ait adhéré à l'OMC. « L'adhésion à l'OMC est un pas important pour harmoniser le marché ukrainien avec les marchés de l'UE. Le futur nouvel accord entre l'Ukraine et l'UE comportera obligatoirement des clauses concernant la zone de libre-échange », a ajouté Mme Halonen. Intervenant ensuite lors d'une conférence de presse conjointe, le chef de l'Etat ukrainien, Viktor Iouchtchenko, a promis de faire tout son possible pour que l'Ukraine adhère prochainement à l'OMC, assurant qu'il envisageait « d'examiner au plus vite avec le gouvernement et le parlement les modifications à apporter à la loi nécessaire pour l'adhésion » à l'institution multilatérale qui régit le commerce mondial. M. Iouchtchenko à par ailleurs dit espérer que le futur accord avec l'UE prévoira l'intégration européenne de l'Ukraine. Mme Halonen a pour sa part indiqué que l'objectif principal du futur accord visait à intensifier la coopération entre l'Ukraine et l'UE, à concourir à la démocratie et au développement de l'économie de marché dans l'ex-république d'URSS. Evoquant l'énergie en tant que domaine important de la coopération, la présidente finlandaise a fait part des attentes de l'UE en matière de respect des normes communautaires concernant les investissements et la sécurité du transit d'hydrocarbures. (hb/eh)