Strasbourg, 27/10/2006 (Agence Europe) - En adoptant, jeudi 26 octobre à Strasbourg, une résolution commune à six groupes politiques (PPE-DE, PSE, ALDE, Verts/ALE, GUE/NGL et UEN) sur la situation en Ossétie du Sud, le Parlement européen réitère son appel en faveur d'un règlement pacifique du conflit et sa volonté d'appuyer le processus de paix. Il invite toutes les parties à agir d'une manière responsable en s'abstenant de prendre des mesures unilatérales et de faire des déclarations incendiaires et agressives. Il réaffirme son soutien inconditionnel à l'intégrité territoriale de la Géorgie et condamne fermement les efforts déployés par des mouvements des régions géorgiennes d'Abkhazie et d'Ossétie du Sud en vue d'établir l'indépendance d'une manière unilatérale. Le Parlement invite le gouvernement de la Fédération de Russie à ne soutenir aucun de ces mouvements et à appuyer sans réserve les efforts multilatéraux visant à trouver une solution aux conflits qui sévissent dans son voisinage. Il réprouve le fait que l'Ossétie du Sud prévoie d'organiser un référendum sur l'indépendance à la date du 12 novembre 2006.
En adoptant des amendements d'Inese Vaidere (UEN, lettonne), le Parlement invite la Russie à s'abstenir d'organiser des exercices militaires et de déployer toute espèce de force militaire à proximité immédiate des eaux territoriales de la Géorgie. Il invite aussi les autorités russes à cesser immédiatement tous les actes de répression ou de harcèlement dirigés contre les personnes d'origine géorgienne vivant en Russie et toutes les accusations lancées à leur encontre par des représentants des institutions officielles de l'Etat. Le Parlement demande à la Russie d'accepter les réalités qui sont apparues depuis la fin de la Guerre froide et de renoncer à sa façon obsolète de penser par zones d'influence exclusive (amendement du membre estonien du PPE-DE Tunne Kelam).
Le Parlement invite l'UE et l'OSCE à coordonner leurs efforts pour ramener les parties à la table des négociations. Il estime que l'UE devrait être prête le cas échéant à fournir des troupes à une nouvelle force de paix. Il invite le Conseil à donner au représentant spécial de l'UE pour le Caucase du sud tous les moyens et les ressources nécessaires pour conférer davantage d'efficacité et de visibilité à son action.
A Lahti, le président Poutine nous a mis en garde contre le fait que la situation peut conduire à "une escalade et même à la guerre", a souligné la présidente du Conseil, Paula Lehtomäki, en réaffirmant la nécessité d'un règlement politique et en regrettant l'organisation du référendum en Ossétie du Sud. L'Union encourage les dirigeants géorgiens à être plus mesurés et à ne pas s'engager sur la voie du recours à la force, a-t-elle ajouté lors du débat de mercredi en plénière. Elle a rappelé que l'adoption formelle du plan d'action dans le cadre de la politique de voisinage de l'Union devrait intervenir le 14 novembre. La crise russo-géorgienne "nous inquiète beaucoup", a dit la commissaire européenne aux Relations extérieures, Benita Ferrero-Waldner, qui a déploré en particulier l'expulsion récente d'un grand nombre de Géorgiens du territoire russe. Elle a aussi appelé le président Saakashvili à "jouer la carte de la modération et de la confiance". (oj)