Strasbourg, 27/10/2006 (Agence Europe) - Les députés ont décidé d'agir contre les doubles discriminations touchant les femmes immigrées en raison de leur origine et de leur sexe en promouvant leur intégration dans l'UE, un meilleur accès au marché du travail, à l'éducation et à l'apprentissage des langues.
Adopté mardi en plénière à Strasbourg par 449 voix pour, 133 contre et 55 abstentions, le rapport de Rodi Kratsa-Tsagaropoulou (PPE-DE, grecque), appelle les Etats membres à garantir aux femmes migrantes, qu'elles soient en situation régulière ou non, le respect de leurs droits fondamentaux et notamment la protection contre l'esclavage et la violence, l'accès aux soins médicaux d'urgence, à l'aide juridique, à l'éducation pour les enfants et les travailleurs migrants, l'égalité de traitement en ce qui concerne les conditions de travail, et le droit de s'affilier à des syndicats. Le rapport préconise aussi de créer dans les Etats membres des conditions favorables, pour que les femmes immigrées puissent accéder au marché du travail et combiner vie professionnelle et vie privée, afin notamment de lutter contre le travail non déclaré. Le Parlement insiste en particulier sur l'importance d'un accès inconditionnel, voire prioritaire, des femmes migrantes à l'enseignement et à la formation linguistique et invite les Etats membres à introduire une formation linguistique obligatoire pour les femmes et les jeunes filles migrantes. Le rapport presse les pays qui n'auraient pas encore adopté de dispositions en ce sens de faire en sorte que les violences faites aux femmes et aux enfants soient passibles de sanctions efficaces et dissuasives selon leur code pénal ; en particulier sont visés le mariage forcé, la polygamie, les crimes dits d'honneur et les mutilations génitales féminines. De plus, les Etats membres sont appelés, conformément à une directive de 2004, à simplifier les procédures d'octroi des permis de séjour temporaires ou permanents aux victimes de violence et de commerce sexuel. Les femmes représentent près de 54 % de l'ensemble des migrants et couvrent un éventail de catégories toujours plus large: immigration économique, regroupement familial, réfugiés politiques ou asile. (bc)