Bruxelles, 27/10/2006 (Agence Europe) - Les risques d'une faillite des grandes firmes d'audit incitent Charlie McCreevy à envisager de limiter leur responsabilité en cas de poursuites judiciaires ruineuses. Les niveaux de dommages et intérêts qui peuvent être réclamés au contrôleur légal des comptes par des investisseurs ou des entreprises victimes de la malveillance d'une société devraient être plafonnés, car des poursuites onéreuses pourraient mettre en péril tout un réseau, explique le Commissaire chargé du marché intérieur dans une interview au Financial Times parue vendredi. L'exemple de la disparition en 2002 de la firme Arthur Andersen, impliquée dans le scandale Enron, fait craindre que l'histoire, en se répétant, aboutisse à une nouvelle réduction du nombre de grandes firmes comptables, qui se résument aujourd'hui aux 'Big Four' (KPMG, Ernst & Young, Price Waterhouse Cooper et Deloitte). « Personnellement, je pense que nous devrions avoir une limite (…) », ajoute le Commissaire, qui doit présenter un document de travail sur le sujet au Collège avant la fin de l'année.
Début octobre, la Commission avait publié une étude indépendante du cabinet London Economics qui mettait en évidence certains risques comme la concentration excessive du secteur, le faible niveau de l'assurance responsabilité des auditeurs et les conséquences graves d'une défaillance éventuelle d'un réseau d'entreprise d'audit pour les marchés financiers (EUROPE n° 9281). L'étude se prononçait pour une limitation de la responsabilité des auditeurs afin de réduire ces risques, mais ne recommandait pas d'agir de manière uniforme au niveau européen. (ab)