Strasbourg, 27/10/2006 (Agence Europe) - Le Parlement européen a approuvé, jeudi 26 octobre à Strasbourg, par 453 voix pour, 11 contre et 15 abstentions, un rapport d'étape, présenté par Véronique de Keyser (PSE, Belgique) qui prône la relance du dialogue avec la Syrie et souligne le devoir de maintenir le processus d'approbation de l'accord d'association paraphé en octobre 2004. Cet accord, dont la signature a été suspendue après l'assassinat du Premier ministre libanais Rafiq Hariri, « est la pièce manquante du processus de Barcelone », a souligné Mme de Keyser déjà désignée comme rapporteur sur ce dossier.
La résolution adoptée se résume à un rappel détaillé de tout ce que la Syrie doit entreprendre pour devenir un partenaire acceptable. Le Parlement y demande aussi au Conseil « d'envisager des incitations et des allocations supplémentaires, allant au-delà de celles accordées au titre de l'accord d'association, afin d'encourager la Syrie à revoir sa politique étrangère actuelle et son alignement régional de manière à aider à promouvoir la paix, la stabilité et la prospérité régionales et, en particulier, la reconnaissance du droit à l'existence de l'État d'Israël, ainsi que son soutien aux progrès dans le processus de paix au Moyen-Orient ».
Dans sa présentation du rapport, Mme de Keyser a rappelé que « l'Europe avait décidé de prendre ses distances avec le régime de Damas, par prudence ». Celle-ci ne serait plus « de mise aujourd'hui, alors que différents événements, tant sur la scène internationale que dans la politique intérieure syrienne devraient nous pousser à rouvrir le dialogue», mais en prenant soin de vérifier que la Syrie a réellement la volonté de normaliser ses rapports (en acceptant la suite de l'enquête sur l'assassinat de Hariri et en relançant la politique d'ouverture interne). Car, a assuré Mme de Keyser, « nous avons été contre-productifs sur le plan de la démocratie interne sans pour autant affaiblir un régime fort ». Par ailleurs, le drame du Liban « a prouvé la nécessité de travailler politiquement avec tous les acteurs de ce conflit » dont la Syrie. L'isoler davantage serait à ses yeux une erreur: déjà, « la Syrie s'est trouvé d'autres alliés et notamment l'Iran, pourvoyeur de pétrole mais aussi d'une idéologie guerrière qui ne va pas dans le sens d'une paix au Moyen-Orient ».
Le Conseil a fait savoir qu'il a lui aussi perçu des signes encourageants mais en attend une confirmation dans les actes (notamment dans ses rapports avec l'Iran et le Hezbollah).
Au nom de la Commission européenne, Benita Ferrero-Waldner a qualifié le débat ouvert d'opportun car il donne l'occasion de faire le point dans le contexte nouveau créé par la résolution 1701 du Conseil de sécurité de l'ONU. « Nous avons un grand intérêt à maintenir (la Syrie) très proche de l'Europe ». Damas, de son côté, a, dans la phase critique actuelle, au Moyen-Orient, « le pouvoir de faire partie de la solution, et non pas du problème ». La Commissaire rappelle qu'en l'absence d'un accord, l'UE a maintenu une coopération ciblée et concentrée sur des matières essentielles touchant le citoyen (droits politiques, infrastructures, etc.) et approuvé le programme de réformes proposé par le vice-premier ministre Abdallah Dardari considéré, à Bruxelles, comme l'homme de l'ouverture syrienne. Mais la signature de l'accord d'association demeure, a-t-elle conclu, tributaire de l'attitude syrienne. Mme Ferrero-Waldner espère que les « signaux encourageants » récemment émis par Damas seront perceptibles dans la réalité et permettront de renouer le dialogue. (fb)